Politique

Alain Juppé "Un État fort et le retour au plein emploi"

"Le Gouvernement c'est la pétaudière"

Près de 1200 personnes, venues du Var mais également des départements voisins ont assisté au meeting d'Alain Juppé. De nombreux élus locaux (Hubert Falco, sénateur maire de Toulon, Jean-Pierre Giran, député maire de Hyères, Jean-Louis Masson, maire de La Garde, Robert Masson, maire de Carqueiranne, étaient au premier rang ainsi que des élus nationaux comme Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre, Hervé Mariton ou Jean Léonetti député des Alpes-Maritimes.

S'il est élu à la Présidence de la République, Alain Juppé se fixe deux objectifs prioritaires : Un État fort et le retour au plein emploi. Sur la question de l’État fort : « La sécurité est la première des grandes libertés des Français. La sécurité, c'est la guerre contre le terrorisme. Le mot de guerre convient. L’État islamique nous a déclaré la guerre. Il faudra redonner à notre armée les moyens d'assurer ses missions et renforcer le budget de la défense. La guerre contre le terrorisme nécessitera aussi une augmentation de nos capacités de renseignements ».
Il avoue sans détour : « Nous avons fait une erreur en supprimant les renseignements généraux, c'est à dire le renseignement territorial au plus proche des habitants. Il va falloir renforcer ce renseignement territorial. Un État fort, c'est aussi un État où il n'existe pas des zones de non-droit », réclamant la clarification des règles de la légitime défense. (...).
Sur la question du plein emploi, il ajoute : « Nous ne pouvons pas continuer avec des taux de chômage aussi élevé. Les pays autour de nous sont au plein emploi. Il faut changer de politique, et faire confiance à ceux qui créent des emplois : les entreprises. Il faut de la stabilité fiscale et c'est pourquoi je propose une loi de programmation fiscale dans les six mois. Il faut baisser les charges. 1 point de TVA supplémentaire ne se sentira pas sur les prix. Il faut donner de l'oxygène à nos entreprises et trouver autre chose que le compte pénibilité. Il faut sécuriser le contrat de travail, favoriser l'actionnariat salarié. Le retour au plein emploi, c'est la rénovation de notre système de formation et d'éducation (...) ».
Auparavant, l'ancien premier ministre a rappelé qu'il était lui-même un élu local durant douze ans : « Je me sens en confiance avec les maires. Si la République tient sur ses bases, nous le devons en grande partie aux élus locaux ». Et entrant dans le vif du sujet, il a lancé devant une salle conquise : « Cette victoire, elle est nécessaire et elle est urgente parce que la France est en train de baisser au terme d'un quinquennat qui aura été désastreux ».

LE GOUVERNEMENT, C'EST LA PETAUDIERE !

Le candidat à la primaire fait la liste des échecs de François Hollande : « Croissance économique en dessous des autres pays Européens, agriculture en grand désarroi, alors qu'elle a été la première agriculture d'Europe. L'agriculture française est une chance pour la France ! Le chômage : ce n'est pas le chiffre d'un bon mois qui va faire le printemps. Les chiffres se succèdent et se contredisent. Ce qui est important, c'est la tendance. La tendance est-elle claire : depuis 2012, il y a 600 000 chômeurs de plus en France » ! Il ajoute : « Les retraites ne sont pas sauvées ! L'avenir reste extrêmement précaire. Notre régime d'indemnisation du chômage est en grave déficit, la dette s'accumule à cause du chômage qui est comme un cancer dans notre société. Quant au gouvernement, c'est la pétaudière » ! (Applaudissements nourris dans la salle).
Sur le plan de la politique extérieure des socialistes, Alain Juppé fait un constat sans appel : « La voix de la France est inaudible dans le monde avec un président de la République qui pèse 4%.
C'est grave, car c'est le signe de l'affaiblissement de la fonction présidentielle. L'alternance est urgente et nécessaire ».

NE PAS CHOSIR ENTRE HOLLANDE ET LE PEN

La première étape de cette alternance, c'est la primaire des 20 et 27 novembre prochains. Un exercice qui ne déplaît pas à l'ancien Premier ministre : « C'est inédit. Vous avez bien compris pourquoi c'était nécessaire : Avec le nouveau paysage politique qui s'est installé en France, l'extrême gauche qui pèse 15%, une extrême droite qui pèse 25%, si nous allons à l'élection présidentielle avec plusieurs candidats de la droite et du centre, nous serons éliminés et nous n'irons pas au deuxième tour. Et, moi, je n'ai pas envie d'avoir à choisir entre M. Hollande et Mme Le Pen. C'est la raison d'être des primaires, c'est la raison pour laquelle il faut être uni ».
L'ancien premier ministre a détaillé le mode opératoire des primaires, expliquant que la carte des Républicains n'était pas obligatoire, qu'il fallait se rendre sur le site Internet pour connaître le déroulement précis de la primaire et le lieu de son bureau de vote. A ce sujet, il a demandé aux élus locaux, aux maires notamment de se mobiliser pour organiser la tenue des bureaux de vote dans leur commune.

APPEL A LA MOBILISATION DES ELECTEURS

L'objectif d'Alain Juppé est clair : obtenir le plus grand nombre de votants aux primaires. Il appelle à une grande mobilisation de tous les électeurs, trahissant, peut-être, une certaine inquiétude : « Vous l'avez compris : plus il y aura de votants, plus j'aurais une chance de gagner ! Il ne suffira pas de gagner la primaire pour gagner l'élection présidentielle. Bien sûr, la gauche est déboussolée, elle n'a plus de chef, elle n'a plus de candidat. Mais, elle peut toujours se ressaisir. Quand on est à 4%, on ne peut que remonter ! Ne sous-estimons pas François Hollande, il a du talent. Restons sur nos gardes. De l'autre côté, le Front National est en embuscade : pour l'élection présidentielle, il va falloir mouiller la chemise » !
Pour Alain Juppé, le mot d'ordre est rassembler et convaincre. « Rassembler. Pendant toute ma vie politique, je me suis efforcé de rassembler notre famille de la droite et du centre. Je l'ai fait à Bordeaux, ce n'était pas évident (...). Et, pardon pour ce moment d'immodestie : Si j'ai pu transformer Bordeaux, c'est parce que j'ai réussi à rassembler les forces de la ville. Et, c'est cela qui permet le succès ! Il faut rassembler sinon nous ne gagnerons pas. Il faut rassembler la droite humaniste et le centre. Il faut aussi rassembler les déçus du Hollandisme, et les déçus du Sarkosisme. S'ils veulent revenir, je leur ouvre les bras » !
Et s'adressant aux électeurs du Front National, il lance « Ouvrez les yeux, revenez » !
Revenant sur les enjeux de la primaire, il affirme : « Il semble que certains ont peur d'une primaire. Moi, je n'ai pas peur ! Plus on votera, plus on aura de chance de gagner ! Pour réussir, il faudra aussi convaincre les Français que nous avons des réponses à leurs grandes attentes et que nous aurons le courage de faire les efforts nécessaires » !

Propos recueillis par Gilles Carvoyeur

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