Economie

Avenir de la filière

Laurent Falaize : «J'en appelle à Emmanuel Macron»

Début août, Laurent Falaize, le président de Riviera Yachting NETWORK, était invité à participer aux débats lors de la réunion annuelle du Syndicat des Communes du Littoral Varois.

Une occasion pour le chef d'entreprise de rappeler les difficultés économiques que rencontre la filière de la grande plaisance.
Le président du cluster explique : «Ma présence se justifiait par la continuité des actions que nous menons dans le cadre de notre demande de moratoire en ce qui concerne le décret qui porte sur le statut du marin en France».

INQUIETANTE HEMORRAGIE

Car, aujourd'hui, les ports français de la Méditerranée sont frappés par une inquiétante hémorragie puisque les bateaux de la grande plaisance ne viennent plus accoster en France. C'est une perte de fréquentation énorme qui s'explique principalement par des règles fiscales et sociales qui pénalisent et désavantagent la France ».
Le président ajoute : «Comme l'ont déjà fait Christian Estrosi, le maire de Nice, Hubert Falco, le maire de Toulon et Renaud Muselier, le président de la Région, Gil Bernardi a souhaité démontrer son soutien à notre filière, en m'invitant à l'assemblée générale annuelle du Syndicat des Communes du Littoral Varois».
L'action des élus de PACA a déjà porté ses fruits en générant une campagne médiatique à travers les grands journaux parisiens et la télévision. Les élus nationaux, c'est à dire les parlementaires, sont également montés au créneau pour défendre la filière.

LA FILIERE EN APPELLE A EMMANUEL MACRON

Mais, Laurent Falaize n'est pas dupe : il sait que seul Emmanuel Macron, le président de la République, a suffisamment d'autorité et de poids pour faire bouger les choses au niveau européen.
«La seule alternative qui pourrait solder positivement le dossier passe par Emmanuel Macron. Jusqu'à maintenant, tous les recours, engagés par la filière, ont échoué. La balle est dans le camp du président de la République».
Pourtant, selon le président de Riviera Yachting NETWORK, l'heure est grave : «Nous constatons, partout en Méditerranée, une chute de la fréquentation des grosses unités. Tous les ports du littoral sont concernés. La fuite de la grande plaisance profite aux ports italiens et espagnols qui proposent un gas-oil bien meilleur marché. A cela s'ajoute l'incertitude qui règne sur les équipages à cause de la parution du nouveau décret du marin».

6 000 EMPLOIS ET 800 MILLIONS DE RETOMBEES ECONOMIQUES

Laurent Falaize enfonce le clou : «Lors de mes récentes interventions, j'ai rappelé les chiffres du yachting en France et plus particulièrement en PACA. Cela représente 2 500 emplois directs, 200 millions de CA pour la réparation. Il faut savoir que 2 500 yachts de grande plaisance font halte, chaque année, dans les ports côtes français, générant 6 000 emplois directs et indirects et 800 millions de retombées économiques. Il faut savoir également que la PACA compte 20 ports de première importance. Les élus locaux sont conscients du poids économique et fiscale de la filière. Mais, ils sont dans l'expectative car, à leur niveau, leurs moyens d'actions sont limités».
Le plus dramatique, c'est que les problèmes risquent de perdurer au-delà de la saison estivale. Car, les propriétaires des grosses unités (plus de 80 mètres) ont l'habitude de faire hiverner leur bateau dans les ports français. Que se passera-t-il cet hiver ? Vont-ils continuer à le faire ? Nul ne sait. Une chose est sûre : Laurent Falaize n'a pas l'intention de rester les bras croisés et voir disparaître une activité qui occupent des milliers d'emplois.

Propos recueillis par Gilles Carvoyeur

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