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Congrès national des sapeurs-pompiers

Un plan d’action pour relancer le volontariat


Lors du 125ème congrès national des sapeurs-pompiers qui s’est tenu du 26 au 29 septembre à Bourg-en-Bresse, Gérard Collomb a présenté un plan d’action pour un nouvel élan du volontariat et d’autres mesures en faveur des sapeurs-pompiers. En 10 ans, plus de 8 000 sapeurs-pompiers volontaires ont quitté définitivement leur caserne. Bref, l'heure est grave !

Lors d'échanges avec des sapeurs-pompiers et des professionnels de la filière représentant tous les métiers de la sécurité civile et de l’incendie, Gérard Collomb a souligné l’engagement permanent, les compétences et le dévouement des près de 240 000 sapeurs-pompiers au service des Français, parmi lesquels 192 582 sapeurs-pompiers volontaires assurant quotidiennement la protection des personnes et des biens.

PREMIER ACTEUR DE LA CHAINE DE SECOURS

Pour le ministre : « Le sapeur-pompier est le premier acteur de la chaîne de secours ».

A l’occasion du congrès national, et répondant à la déclaration du Président de la République devant les forces de sécurité civile en octobre 2017, il a présenté un plan d’action pour le volontariat, qui fait la force du dispositif français de sécurité civile.

Ce plan ambitieux fait suite à la remise au ministre, en mai dernier, du rapport de la mission relative à l’avenir du volontariat, confiée à cinq personnalités (Catherine Troendle, vice-présidente du Sénat, présidente du Conseil national des sapeurs-pompiers volontaires (CNSPV), Fabien Matras, député du Var, Olivier Richefou, président du conseil départemental de la Mayenne, président de la Conférence nationale des services d’incendie et de secours (CNSIS), Eric Faure, président de la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), Pierre Brajeux, vice-président du MEDEF).

« Les 37 mesures, dont le calendrier de mise en œuvre prévoit la réalisation de 19 d’entre-elles d’ici la fin du premier trimestre 2019, soit la moitié des mesures, reposent sur trois axes », a détaillé le ministre.

D'une part, attirer et susciter des vocations, en représentant mieux notre société, c’est à dire en donnant toute leur place aux femmes et en intégrant les jeunes venant de tous les horizons. Ensuite, fidéliser et mettre le sapeur-pompier volontaire au cœur du dispositif, en prenant en compte les compétences individuelles et les contraintes et les obligations des employeurs. Enfin, diffuser les bonnes pratiques et s’assurer de l’utilisation de tous les outils mis à disposition.

COORDINATION IMPERATIVE AVEC LE SAMU

Le ministre de l’Intérieur a rappelé les travaux engagés avec Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, en matière de secours d’urgence à la personne, soulignant le nécessaire développement de l’interopérabilité et d’une coordination toujours plus efficace entre les sapeurs-pompiers et le service d’aide médicale urgente (SAMU).
Enfin, il a signalé les actions entreprises en matière de prévention et de lutte contre les agressions envers les sapeurs-pompiers. « Le Gouvernement est résolu et déterminé à sécuriser les conditions d’intervention des sapeurs-pompiers. Les auteurs d’agressions seront systématiquement poursuivis », a conclu Gérard Collomb.

OUVRIR A TOUS LES PUBLICS

Une dynamique de renforcement, donnant toute leur place aux femmes et intégrant des jeunes venant d’horizons diversifiés.

La prise en compte intégrée des trois temps de la vie du SPV : avant, pendant et après la période d’engagement actif.
- Favoriser l’accueil des effectifs féminins : adapter les locaux, les équipements et l’habillement, développer les pratiques de parrainage des nouvelles arrivantes.
- Favoriser le recrutement en direction des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPPV) : développer les relations entre les sapeurs-pompiers et les QPPV (adultes relais et participation aux conseils citoyens des QPPV), sensibiliser au volontariat les jeunes de ces quartiers via le réseau des médias de quartier, promouvoir le service civique des sapeurs-pompiers dans les QPPV. Susciter également le recrutement auprès des 30/40 ans et les cadres.
- Aller davantage au contact des publics potentiels à travers les actions de prévention et d’éducation du citoyen face au risque (notamment les campagnes gestes qui sauvent).
- Participer à la mise en œuvre du service national universel (SNU) : le SNU, en fonction des orientations qui seront arrêtées, peut constituer un important vivier de recrutement de SPV.
- Encourager le développement de la filière des jeunes sapeurs-pompiers (JSP), en lien avec le réseau associatif, et promouvoir les classes de cadets de la sécurité civile.
- Favoriser le recrutement d’experts et de cadres : simplifier les conditions d’accès et leur mobilisation, et valoriser leur positionnement.
- Élargir et promouvoir le recrutement des SPV du service de santé et de secours médical (SSSM).

 

Sereine Mauborgne : « Préserver la spécificité de notre modèle de secours »

Pour la député de la 4ème circonscription du Var, « il faut exempter les sapeurs-pompiers volontaires des dispositions de la directive européenne 2003/88/CE relative au temps de travail (DETT) »

Sereine Mauborgne, députée REM du Var, s’est associée à l’initiative de son collègue Jean-Michel Jacques (député REM du Morbihan) afin d’interpeller le ministre de l’Intérieur sur les conséquences, pour l’activité et l’avenir des sapeurs-pompiers volontaires (SPV), de la transposition en droit français de la directive européenne 2003/88/CE relative au temps de travail (DETT).

« La plupart des SPV cumulent activité professionnelle et volontariat. Or, les dispositions de cette directive ne permettraient plus de cumuler les deux en imposant de nouvelles réglementations, par exemple l’obligation de respecter un repos journalier obligatoire de 11 heures consécutives par période de 24 heures, ou encore l’impossibilité de déroger au plafond annuel de travail », ajoute la parlementaire.

En effet, la Cour de Justice de l’Union Européenne a rappelé, par un arrêt du 21 février 2018, l’impossibilité pour les États-membres de déroger à ces dispositions.

C'est pourquoi Mme Mauborgne et ses collègues ont alerté le ministre de l’Intérieur sur les risques que représenterait une application sans aménagements de cette directive pour l’efficacité de notre modèle de secours français, qui repose essentiellement sur le volontariat (actuellement 192 582 SPV contre 41 973 professionnels).

La député du Var reprend : « Parmi les risques identifiés par les députés, elle pointe vers une professionnalisation progressive de cette activité volontaire, un assèchement de la ressource volontaire et une réduction du potentiel en garde postée en journée et la nuit.

Considérant que la contribution des sapeurs-pompiers volontaires à la protection de nos concitoyens et à la sécurité du territoire doit être préservée, Mme Mauborgne et ses collègues ont demandé au ministère de l’Intérieur d’initier auprès de l’Union Européenne une action visant à exempter les SPV de l’application de cette directive.

Demo

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