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Bernard Grech: Transformer le Var en une Californie de l’Europe

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Quel bilan tirez-vous de ces dernières élections ?

Bernard Grech. Je regrette la désaffection d'une partie des chefs d'entreprises, sans doute parce que certains se sont dits que les jeux étaient faits et que leur vote ne changerait en rien le résultat.Mais, il n'en reste pas moins que la liste conduite par l'UPV a rassemblé plus de 72% des suffrages avec des scores importants dans les services notamment avec 82% des votes.C'est donc une réelle satisfaction. Mais, nous n'avons jamais perdu de vue la responsabilité qui est la nôtre de continuer à œuvrer pour le développement économique. Pour nous, ces élections étaient une parenthèse.

On vous reproche de repartir avec la même équipe ?

BG. C'est faux! Notre liste a été renouvelée à 70 %! Seul 30% des candidats faisait partie de l'ancienne mandature. C'est donc un vrai changement! Au contraire, j'y vois une force car, ceux qui ont été réélus permettront de transmettre leurs compétences et leurs savoir-faire aux nouveaux élus. Et, c'est ensemble que nous porterons les nouveaux grands projets économiques du Var.

Quels sont ces projets ?

BG. Tout d'abord, nous allons travailler sur les thématiques régaliennes: le tourisme,le maritime qui prend de plus en plus de place dans la perspective d'un vrai développement, la formation. Mais aussi, la nouvelle économie, celle du numérique et avec cela la numérisation de la CCI et de ses ressortissants.Je pense également à l'accueil des entreprises dans le Var. Avec le Brexit, on espère larelocalisation d'entreprises en France et pourquoi pas dans le Var qui est un département attractif. On fera tout pour qu'il reste attractif!

Quels sont les projets en réflexion ?

BG. Tout d'abord, le développement du complexe de la Grande Tourrache (autour de la formation, de l'école de la deuxième chance en partenariat avec la Préfecture du Var). On pense également à l'implantation d'incubateurs (avec TVT), de start-up. Nous menons également une réflexion avec ce qui va se passer à Chalucet, un nouveau quartier de la connaissance et de la créativité qui va être dynamisé par l'arrivée de Kedge Business School. Tout cela va impacter la ville de Toulon et l'économie de l'agglomération voire du Var.

Un mot sur le plateau de Signes ?

BG. Le plateau de Signes, c'est l'avenir du Var! Il faut qu'on affine ce grand projet enpensant à l'élargissement de la zone d'activités en faisant venir de nouvelles entreprises. Nous pensons, par exemple, à la thématique des nouvelles mobilités qui s'inscrirait parfaitement compte tenu de la présence de l'aéroport et du circuit du Castellet. Il y a de grandes choses à faire! Sans compter que l'air de Signes est l'un des plus purs du Var. On pourrait séduire un industriel du type d'Yves Rocher pour y installer un pôle dédié à la santé, à la beauté et à la nature. Il faut savoir également que les zones d'activités de la région sont saturées, que ce soit à Aubagne, Aix-en-Provence ou Sophia-Antipolis. A ce titre, Signes à une carte à jouer.Il faut donc élargir l'offre en nouant des partenariats avec des associations de zone d'activités, des groupes bancaires comme la Caisse des Dépôts, des entreprises privées, des aménageurs, etc.

Quelles sont les perspectives de développement ?

BG. A Signes, il reste 200 hectares disponibles. Le plateau fait 1000 hectares en comptant l'emprise du circuit, de l'aéroport et des panneaux photovoltaïques. On peut installer des panneaux supplémentaires. Maintenant, il s'agit de donner un cap, une direction. On travaille en étroite collaboration avec la Communauté de Communes deSud Sainte-Beaume. C'est un vrai travail de partage qui débouchera sur une décision collective.

Quelle est votre réaction après la décision du Gouvernement de supprimer les douaniers en poste aux aéroports de La Môle et du Castellet ?

BG. En supprimant les douaniers, le Gouvernement nous enlève le standard international conféré à ces plates-formes. Finalement, on nous retire une clientèle internationale qui arrivait de l'espace hors Schengen. C'est une épreuve pour l'économie touristique.

Cela pénalise-t-il le développement économique du Var ?

BG. Oui et non car cela ne nous empêchera pas d'utiliser au mieux nos forces dans unmonde économique en mutation. Nous continuerons à donner des perspectives de créations de nouvelles richesses, notamment en direction de la croisière, de la grande croisière, du yachting. Nous continuerons à accroître l'attractivité de la rade de Toulon en y apportant des services nouveaux pour les touristes et les croisiéristes. Et pour leur donner envie de revenir à Toulon et dans le Var. Comme c'est le cas, par exemple, en Espagne, à Barcelone, notamment.

Et au niveau régional ?

BG. Comme l'a dit le président Jacques Bianchi, nous devons faire peser le Var dans la réalité régionale, en occupant le terrain pour défendre nos intérêts face aux autres grandes métropoles régionales que sont Marseille et Nice. Il ne faut pas hésiter à oser. Si on a de belles ambitions, on a tous les moyens pour réussir. Nous avons tellement de possibilités de mises en valeur de notre département qu'il serait dommage de ne le pas le faire. Et, ce n'est pas impensable: transformer le Var en une Californie de l'Europe!

Propos recueillis par Gilles Carvoyeur

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