Sécurité

Futurs ingénieurs en cyberdéfense

La Marine nationale et l'ISEN signent un partenariat

Évoquée dans le Livre blanc 2013 de la Défense, la cyberdéfense s'impose comme une nouvelle arme stratégique.

Véritable enjeu pour le Ministère de la Défense, le contexte impose de renforcer la cyberprotection et la sécurité des systèmes d'information (SSI). Au sein de la Marine nationale, cela se traduit par une hausse des recrutements d'officiers spécialisés en cybersécurité et cyberdéfense. Dans le cadre de la création d'un Master en cybersécurité à la rentrée 2018, l'ISEN et la Marine nationale ont fait valoir des besoins durables et permanents pour signer ce partenariat.

UNE DYNAMIQUE FAVORABLE A L'EMPLOI

Ainsi, le CF Yann Bizien, chef du secteur Sud-Est représentant le chef du service de recrutement de la Marine, a évoqué des besoins en ressources humaines qualifiées : « Nous avons déjà des actions communes entre l'ISEN et le Pôle des Écoles de la Méditerranée, notamment l'ESCAN. Ce nouveau partenariat va amorcer une dynamique encore plus favorable à l'emploi local avec le soutien, l'expertise et la puissance de la Région représentée, aujourd'hui par Philippe Vitel, vice-président. La Région va aussi appuyer la Marine dans la nécessité d'épouser notre temps et de préparer l'avenir ».
Le porte-parole a ajouté : « Le besoin de défense et de sécurité augmente, notamment dans le champ immatériel, qui nous intéresse aujourd'hui. Il s'agit de gagner de la fiabilité dans nos systèmes de combat informatiques et numériques, comme sur nos réseaux, à terre ou embarqués, à bord de nos bâtiments de combat modernes et fortement automatisés. Nos besoins, de l'ordre de 30 jeunes hautement qualifiés en 2018 et au moins autant en 2019, vont alimenter la chaîne opérationnelle Cyber. A l'ISEN, la ressource des 4ème et 5ème années, issue des cycles d'ingénieurs cybersécurité et réseaux, ou d'un Master spécialisé, existe ».

FACILITER L'ACCES A LA MARINE NATIONALE

Par ailleurs, le responsable du recrutement de la Marine a développé les points de partenariat : « Il s'agit d'actions d'information sur nos métiers et sur nos offres dans le champ du Cyber. Par exemple, sur les forums de l'ISEN, on s'appuiera sur un ambassadeur désigné, en facilitant l'accès des étudiants de l'ISEN au dispositif cyber de l’Ecole Navale. Nous proposerons des visites sur nos installations dédiées au cyber, des stages, l'accès à nos experts métiers et nous traiterons de façon personnalisée toutes les candidatures des jeunes de cet établissement ».
Concrètement, la Marine reste un employeur local important. Ainsi, sur les 8 départements et les 3 académies (Aix-Marseille, Nice, Corse), plus de 17 % des besoins nationaux ont été satisfaits, ce qui s'est concrétisé par l'embauche de 318 jeunes non officiers et 21 jeunes officiers dans le Var, en 2017. « De plus, la Marine a, désormais, greffé le cyber dans son ADN. Elle peut devenir une belle évidence pour de nombreux jeunes de l'ISEN », a constaté le capitaine Bizien.

1 500 INGENIEURS DEJA FORMES

De son côté, Didier Goguenheim, directeur de l'ISEN, a ajouté : « Depuis 2011, le Master spécialisé en télécommunication maritime (Maritime Telecommunication Networks) est une formation de niveau Bac+6 dédiée aux officiers de la Marine et aux ingénieurs généralistes dans le domaine des télécommunications et des réseaux. Il est réalisé en partenariat avec le PEM de Saint-Mandrier-sur-Mer. Ainsi, depuis 2014, 1 500 ingénieurs généralistes du numérique ont été formés tandis que la cybersécurité n'apparaissait pas encore comme une entité identifiée. Maintenant, nous allons en faire un domaine de professionnalisation pour Bac + 4, Bac + 5 (équivalent M1 et M2) ».
Le directeur de l'ISEN précisait également : « Ce partenariat propose une optimisation des moyens, des échanges de cours ainsi qu'un mélange de nos deux populations. Cette formation au Master spécialisé sera également accessible dans le cadre de la formation tout au long de la vie, requis pour les compétences de tout à chacun et deviendra un atout stratégique pour l'ISEN. Nous apportons une solution à ce que recherche la cellule recrutement de la Marine qui s'inscrit dans le panel de possibilités pour nos étudiants. Cette solution est élargie aux besoins de toute entreprise. Le champ du cyber offre un avenir pour les jeunes ».

LA CYBERSECURITE N'A PAS DE FRONTIERE

Enfin, Philippe Vitel, vice-président de la Région, délégué aux relations entre la Défense et la Région et administrateur de l'ISEN, a parlé de son expérience de parlementaire, délégué auprès de l'OTAN : « La cybersécurité n'a pas de frontière. A la fois enjeu stratégique national, on observe un décalage entre les discussions et les réalités du terrain. Au-delà des prises de conscience, il faut développer des formations pour accéder à un métier entièrement dédié, un nouveau métier, selon les recommandations de l'Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information (ANSSI) ».
L'élu de la Région rappelle l'engagement du président Muselier : « Il s'agit de faire de la Région Sud, la première région intelligente et durable. Par-delà la vision militaire et la vision industrielle, nous devons établir un système de sécurité partagé dont la Marine est un des acteurs. Partenaire, la Région se consacre à construire ces métiers du futur ».
A noter que Frédéric Paillard, enseignant à l'ISEN, et de nombreux officiers représentant le service de recrutement de la Marine (CIRFA Toulon, ESCAN et Centre Support Cyberdéfense de Toulon) étaient présents lors de cette signature.


André GOFFIN

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