Politique

Guillaume Larrivé, député LR

« La France n'a pas envie de devenir un pays islamique »


Pour le député LR de l'Yonne, membre de la commission des lois : « Face à la menace terroriste, il est urgent de réarmer la France. Un réarmement technique, opérationnel, policier et culturel. Nous ne devons pas nous excuser d'être ce que nous sommes. On ne doit pas rougir de continuer à être ce que nous sommes ».

L'homme politique était à Toulon à l'invitation de Geneviève Lévy, député LR du Var et en présence de Jean-Louis Masson, député du Var et Philippe Vitel, vice-président de la Région. Le député LR de l'Yonne a animé, avec le talent qu'on lui connaît, une conférence politique, devant plus de 250 personnes, réunies le 25 mai dernier, salle Boyer.

UN OCEAN DE DEPUTES AUX ORDRES DE MACRON

L'élu de droite, haut fonctionnaire qui est passé par le Conseil d’État avant de devenir député, a rappelé que le groupe LR à l'Assemblée Nationale formait un groupe solidaire. Il explique pourquoi : « C'est sans doute parce qu'il est moins nombreux que sous la précédente législature. Mais, nous partageons la même vision des solutions à apporter à notre pays. Chez les LR, pas de rivalités ni de jalousie. Face aux 102 députés LR, la droite fait face à un océan macroniste, aux ordres de l’Élysée. Ce qui fait que nous vivons une période très singulière compte tenu qu'Emmanuel Macron a été élu sur une base très faible, à peine un cinquième de l'électorat. Seulement, le jeu des institutions a amplifié cette vague avec 350 députés ».

Le député de Bourgogne ajoute : « L'ambiance est assez particulière avec ces députés aux ordres du pouvoir macroniste. Cela pose, à la fin, le problème des libertés en France. Un exemple : Nous combattions François Hollande, sous le précédent quinquennat. Mais parfois, on s'entendait sur un projet de loi. Personnellement, j'ai travaillé de concert avec Jean-Jacques Urvoas sur la loi préparant le renseignement intérieur sur la lutte contre le terrorisme en étant co-rapporteur de ce texte. Nous avons été co-constructeur ».
Selon le parlementaire, « depuis 2017, le pouvoir ne cherche pas le rassemblement. Il trace sa ligne, dessinée à l’Élysée. Le président n'a pas de ministres, sauf les deux ou trois conseillers présidentiels qui entourent Macron. Bref, les ministres ne sont que des porte-parole de décisions prises à l’Élysée » !

LE GRAND CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE

L'élu de l'Yonne, en charge du programme des Républicains, ajoute : « Nous avons affaire à un pouvoir ultra-technocratique, des gens qui ont fait l'ENA. Je sais de quoi je parle, je suis moi-même issu de l'ENA. Avec Macron, on a vraiment atteint un pouvoir ultra-technocratique, c'est à dire le pouvoir de Bercy et des Inspecteurs Généraux des Finances. Des décisions qui ne prennent pas en compte le besoin des Français ou des parlementaires. Une autre preuve : On n'a jamais eu autant de groupes d'études, de commissions. Les députés de Macron sont pris dans une forme de réunionite et de « commissionite » aiguë !

Maintenant, sur le fond : On est un an après l'élection d'Emmanuel Macron. Et, dans le grand changement promis, je crois que nous faisons face à une grande continuité. On a, certes, changé d'allure et de style. Macron en sur-joue. Il est l'incarnation verticale de l’État. Rappelons-nous cette intronisation dans la cour du Palais du Louvre.

Mais, sur le fond, c'est une totale continuité.

Ainsi, l’État dépense plus que sous François Hollande. Les dépenses de l’État continuent d'augmenter en volume et en valeur.

Parlons des impôts : L'INSEE a démontré que les ménages français payaient 4,5 milliards d'impôts en plus qu'en 2017. L'évolution à la hausse est dans la continuité des années précédentes.

Pourtant, entre 2012 et 2017, le nombre de fonctionnaires avait baissé de 156 000 postes. Cette année, Super-Macron en a supprimé 324 ! S'il en supprime autant chaque année, il ne fera pas 156 000 postes en 5 ans » !

UNE POLITIQUE INJUSTE

Mais pour le député d'Auxerre, la politique menée par l'équipe au pouvoir est très injuste : « Dans la politique menée par Macron, il existe beaucoup d'injustices. Certains disent qu'il est de droite parce qu'il a supprimé l'ISF. Tout d'abord, il ne l'a pas totalement supprimé. Cela ne concerne que les gens qui possèdent des actions, pas ceux qui sont propriétaires de leur patrimoine immobilier. Ma droite, c'est une droite gaulliste et sociale. Dans l'Yonne, je suis aussi le député de petits villages que les commentateurs appellent la France périphérique. Cette France n'a pas bénéficié de mesures favorables. Il y a de la régression dans nos campagnes qui voient des fermetures de classes ou de gendarmeries et la disparition de certains services publics.

Derrière l'apparence de grand changement, il y a une réalité : Macron s'inscrit dans la continuité de la politique de Hollande ».

IL EST URGENT DE REARMER LA FRANCE

Mais, il y a plus grave encore ! C'est le renoncement à défendre la nation en termes de sécurité, d'immigration, de défense extérieure. Membre de la commission des lois au Parlement, Guillaume Larrivé s'explique : « Depuis 6 ans, la France doit faire face à la résurgence d'attaques terroristes par des barbares islamistes qui veulent détruire notre société parce que nous avons des racines catholiques. Nous sommes ciblés par un ennemi très organisé et qui a un projet politique, à savoir soumettre et transformer la France en un califat islamiste. Celui qui embrigade, qui dirige à distance, celui-là a un projet politique qui est de conquérir le pouvoir. Face à cette menace, il est urgent de réarmer la France. Un réarmement technique, opérationnel et culturel. Nous ne devons pas nous excuser d'être ce que nous sommes. On ne doit pas rougir de continuer à être ce que nous sommes. Conserver nos valeurs, ce n'est pas être dans l'immobilisme. Bref, on n'a pas envie de devenir un pays islamique. Parce que je suis fidèle à la droite française, celle de De Gaulle, de Pompidou, de Giscard, de Chirac ou de Sarkozy.

Où en sommes-nous ?

Macron a décidé de nous sortir de l’État d'urgence et l'a remplacé par des mesurettes. Certes, l’État d'urgence n'était pas appliqué partout de la même manière sur le territoire. Mais, avec l’État d'urgence, il y avait des perquisitions administratives. Pendant cette loi, nous en avons effectué 4 500. Elles ont permis de saisir beaucoup d'armes. Maintenant, avec Macron, on parle de visites domiciliaires. Depuis la fin de l’État d'urgence, on en compte 12 depuis le 1er novembre 2017 » !

20 000 INDIVIDUS DANGEREUX REPERES

Sur les questions de sécurité nationale et d'immigration, un dossier qui lui tient à cœur, l'ancien directeur de cabinet de Brice Hortefeux propose un certain nombre de solutions : « Je pourrais multiplier les exemples ! Parce que nous avons tous les outils pour lutter contre le terrorisme mais ce qui nous manque, c'est la volonté et le courage politique. Par exemple, le pouvoir ne ferme pas les mosquées salafistes. Et, quand on le fait c'est pour six mois. Gérard Collomb a reconnu qu'après une fermeture administrative de six mois, elles pouvaient rouvrir ! Pourtant, il existe des textes de loi qui répriment tout ce qui est contraire à l'intérêt national. C'est la même chose avec les fiches S. Aujourd'hui, nos services de renseignements sont assez efficaces en ce qui concerne l'identification des individus dangereux. Dans le fichiers FSPRT, nous avons 20 000 individus repérés. L'enjeu est donc de mettre hors d'état de nuire ces individus. Ce sont 20 000 individus connus dont nous possédons les adresses mais qui pour la plupart sont en liberté. Tout cela ne va pas ! L’État ne peut pas vous dire qu'il ne peut rien faire ! Il faut donc expulser ceux qui sont étrangers. Cela paraît évident mais cela n'est pas fait !

Autre chiffre : La France compte 15 000 détenus de nationalité étrangère. Il faudrait pouvoir les expulser. Quant aux binationaux, ils peuvent être déchus de la nationalité française. C'est prévu par le code. C'est un décret du gouvernement qui est pris à l'égard de ceux qui ont trahis la France. Si vous prenez les armes contre la France, vous ne pouvez plus rester dans la communauté nationale. Mais, cela aussi, on ne le fait pas ! Il est impératif d'avoir des réponses judiciaires plus fermes. On sait qu'il manque 20 000 places de prison en France. Mais, le plan de construction a été annulé par Christiane Taubira ».

Enfin sur la question de l'immigration, le parlementaire dresse un bilan particulièrement sombre : « Ces cinq dernières années, la France a augmenté les flux d'immigration. Les visas ont augmenté de 25% et en 2017, cela représentait 3,4 millions de visas. Le nombre de cartes de séjour a augmenté de 35%. En 2017, les préfectures ont accordé 262 000 cartes de séjour. C'est le chiffre le plus élevé depuis 40 ans ! Et, dans le même temps, l’État a procédé à 180 000 régularisations l'an dernier, c'est à dire l'équivalent de la population de la ville de Toulon ! Et, à ce jour, la police comptabilise 500 000 immigrés clandestins en France puisque 90% des déboutés de l'asile ne sont jamais expulsés du territoire ».

Gilles CARVOYEUR

 

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