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Economie

Jacques Politi : «Le PLU a été conçu dans la précipitation»

Lors de son discours politique de rentrée, à l'hippodrome de Hyères, Jacques Politi a fait un point sur la situation politique et économique de la ville devant deux cents personnes invitées au restaurant de l'hippodrome. Il se confie à La Gazette du Var.


Vous avez reçu vos amis pour votre traditionnel repas de rentrée. Que leur avez-vous dit ?

Jacques Politi. : Je voulais d’abord faire quelques remarques sur le contexte politique national et local. Nous avons été étonné, et même laissé incrédule par le changement en France depuis 1 an. Qui d’entre nous, en septembre 2016, quelques semaines avant les primaires de la droite, aurait pu prévoir le nom du futur Président ?
Aurait-on pu imaginer que le nouveau député, soutenu par le maire député sortant, ferait un score aussi bas à Hyères, avec plus de 60% d’abstention. La parole du maire actuel deviendrait-elle inaudible ?

ABSENTEISME IMPORTANT DU PERSONNEL MUNICIPAL

Dernièrement la Cour Régionale des Comptes a rendu son rapport. Pouvez-vous nous donner votre analyse ?

JP. En effet la Chambre Régionale des Comptes a rendu son rapport, au début de l’été. Il s’en est suivi un débat au Conseil Municipal. Mais, il n’y a pas grand-chose dans ce rapport, si ce n’est que quelques observations concernant l’absentéisme très important du personnel municipal. Cela, de mon point de vue, reflète son mal être. Vous savez, ils avaient quelques avantages qui correspondaient à des coutumes locales sur lesquelles ni Léopold Ritondale, ni moi, n’avions voulu revenir. Mon successeur l’a fait d’où l’augmentation de l’absentéisme. Je pense que, quand on n’est pas heureux à son travail le rendement s’en ressent.

Autre sujet abordé, l’insincérité du budget 2014...

JP. Je vais essayer de vous donner des explications simples sur cette grande manipulation organisée par le maire en exercice. La ville, sous ma mandature, faisait apparaître, dans son reste à réaliser 2013, le produit de la vente de Riviera Résidence et de la place Joffre. Les magistrats de la cour régionale des comptes estiment qu’il aurait été plus raisonnable qu’un compromis de vente soit signé avant le 31 décembre 2013, afin de conforter les certitudes de vente des biens. Or qu’avions nous fait ?
La vente du terrain Riviera Résidence, qui après des années de tractations et de réunions, avec acheteur, banquier et notaire, devait intervenir au plus tard le 30 juin 2014. Je voudrais rappeler qu’une délibération du Conseil Municipal, en fin 2013, a été votée par une majorité d'élus dont le maire actuel faisait partie. Cela exprimait la volonté de la commune de vendre Riviera Résidence. Pour la vente de la place Joffre, c’était encore plus simple, puisque la vente d’une propriété de la Ville à VAD, opérateur de la ville. Il était donc probable que la ville, étant des deux côtés de la vente, soit en accord avec elle-même.

ARTIFICE POLITIQUE

Que s'est-il passé ensuite ?

JP. En mars 2014, lors de son élection, le maire, par deux faits du prince successifs, a fait reculer la vente de Riviera Résidence au-delà du 30 juin, obligeant par la même sa sortie du Compte Administratif 2013. Il a fait, délibérément, modifier le permis de construire de la place Joffre, repoussant de facto la vente du terrain. Autrement dit, il a artificiellement organisé « cette insincérité », mot que je mets entre guillemets. Preuve en est, puisque la vente de Riviera Résidence a finalement eu lieu comme prévu en 2014 ! Sauf qu’une fois sortie du Compte Administratif, le maire actuel a pu la réintégrer et ainsi vanter les mérites d’une soit-disant bonne gestion. L’artifice politique est malin, bien que moralement discutable. Ce qui me fait dire, d’ailleurs, que si insincérité il y a, elle réside plus dans son art de la mise en scène qu’ailleurs. C’est grâce à ce prétexte, qu’il a saisi l’occasion de trahir son électorat, en augmentant les impôts, ce qu’il s’était engagé à ne pas faire. Cette ponction sur le portefeuille des hyéroises et des hyérois lui permet, aujourd’hui, de réaliser des projets pharaoniques. Je pense à la place Clémenceau, le musée, et l’aménagement de la promenade entre l’Ayguade et l’aéroport, en zone submersible.

UN PLU 100% BETON

On évoque la mise en révision du PLU alors qu’il vient d’être approuvé. Qu’en pensez-vous ?

J.P. Ce document est capital, car il engage la ville pour les décennies à venir. La première idée qui nous vient à l’esprit est que ce PLU, c’est le PLU 100% béton ! Le projet des Rougières symbolise, à lui seul, le goût du maire actuel pour la construction irréfléchie et démesurée. De notre point de vue, ces terrains doivent rester pour le moment une réserve foncière en partie destinée à la réalisation de notre coulée verte, et à notre projet d’extension du jardin Obius Riquier, un poumon vert en centre-ville pour le bien-être de nos concitoyens.
Mais de notre point de vue, ce PLU a été fait dans la précipitation, sans tenir compte des avis des personnes publiques associées, en particulier la chambre d’agriculture du Var, ce qui oblige la majorité municipale actuelle à le remettre en révision, mise en révision que nous avons votée parce que nécessaire.
Demain, si on laisse faire le maire actuel, 8 800 logements seront construits, amenant la population d’Hyères à 20 000 habitants supplémentaires. Mais ? notre maire actuel, professeur d’économie, donc maîtrisant le sujet, a omis de mettre en place les structures et les conditions nécessaires pour attirer les entreprises et donc créer les emplois correspondants.
Parlons aussi du plan de déplacement urbain, dans la zone des Rougières : une fois les 1500 logements créés, comme le projette le maire, peut-on imaginer accroître encore le flux de voitures débouchant sur l’avenue Ritondale déjà saturée. Veut-on qu’Hyères devienne la ville dortoir de TPM ?

LE COMMERCE EN MAUVAISE SANTE

Comment se porte le commerce hyérois ? On entend dire que des magasins ferment. Qu’elle est votre position sur ce sujet brûlant ?

J.P : L’ouverture de Grand Frais. C’est un projet que nous avons combattu, non par rapport à l’enseigne, mais pour les conséquences de son installation qui pénaliseront le commerce de proximité du quartier de la gare. Parlons aussi du centre-ville, il est urgent de lancer un plan ORSEC car si on laisse faire, il n’y aura plus que des banques, des assurances, entre autres. Un service de proximité tel qu’Orange a, lui aussi, disparu du centre-ville d’Hyères. C’est pourquoi dans les semaines qui viennent, nous allons réunir les commerçants pour les écouter et bâtir avec eux un projet de relance du commerce à Hyères, étant entendu que d’autres maires ont déjà relevé ce défi.

En conclusion, que dites-vous à vos amis et aux hyérois en général ?

J.P. Vous l’avez compris, je leur dis que nous avons besoin de tous pour reconstruire ensemble l’avenir d’Hyères, car cette démarche nous permettra de bâtir notre projet municipal qui respectera l’esprit hyérois, les 2 600 ans de la riche histoire de notre commune, tout en renforçant sa place et son originalité au sein de TPM. Soyons clairs, c’est ensemble, tous unis que nous mettrons fin à l’expérience qui ne sert pas l’intérêt des hyéroises et des hyérois. La municipalité actuelle ne devra rester qu’une parenthèse dans l’histoire de notre commune.

Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR

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