Politique

Jean-Louis Masson vise la mairie

Jean-Louis Masson : « Une large mobilisation et un programme collectif »

Plus combatif que jamais, le député Jean-Louis Masson repart en campagne électorale avec dans le viseur un retour à la mairie de La Garde, et succédant ainsi à Jean-Claude Charlois, l'actuel maire qui prend une retraite bien méritée, à l'occasion des prochaines élections municipales (15 et 22 mars).

Combatif, Jean-Louis Masson l'est à plusieurs titres. D'une part en tant qu'ancien colonel de gendarmerie (les combats ne me font pas peur), également en tant qu'actuel député de la 3ème circonscription, ce qui lui a valu de belles passes d'armes à l'Assemblée nationale, et enfin et surtout en tant qu'ancien maire (jusqu'en 2017), car il a le mandat municipal chevillé au corps.

Jean-Louis Masson répond aux questions de PRESSE AGENCE et de La Gazette du Var.

Comment sera composée votre liste aux prochaines élections municipales ?

JEAN-LOUIS MASSON. D'abord, la majorité de ma liste est constituée de femmes et d'hommes venant de la société civile qui s'associent avec moi pour leurs compétences respectives et leur engagement dans la vie locale. A tous ceux-là, je ne leur demande leur étiquette politique. Il y a simplement une exigence de loyauté car nous jouons collectif. Un maire doit rassembler d'où la constitution de cette liste d'union. Ensuite, et ensuite seulement, les partis qui le souhaitent viennent soutenir cette démarche. Donc, la liste n'a pas d'étiquette même si je suis investi par Les Républicains (LR) et soutenu par l'UDI et le Nouveau Centre.

Avant de vous déclarer publiquement, vous avez beaucoup travaillé en amont ?

JLM. En effet. Nous avons mis en place des ateliers qui ont conduit à l'élaboration de notre programme. Nous le faisons depuis 2001. Ce n’est pas une nouveauté pour s’adapter à l’air du temps. C’est une méthode à laquelle nous avons toujours cru.

Ce travail en amont a permis de créer une large mobilisation et de déterminer un programme collectif.

Pourquoi ne pas vous être déclaré plus tôt ?

JLM. Parce qu'il y a un temps pour tout. Il y a six mois que ma décision est prise. Mais, il fallait continuer le travail municipal pour l'équipe qui est place. Et, de mon côté, je devais poursuivre mon travail à l'Assemblée nationale. Désormais, puisque je suis candidat, je peux vous dire que si je suis élu, je quitterai le Parlement. Et, si je l'annonce aujourd'hui, c'est en mémoire de mon père (Louis Masson) qui aurait fêté son centième anniversaire en février prochain.

Enfin, ce n'est un secret pour personne : je suis né à La Garde et je suis attaché à ma ville.

Comment abordez-vous ce prochain rendez-vous électoral ?

JLM. Tout d'abord, je pense que notre société est à l'aube de grandes transformations. Or, elles vont rapidement atteindre les villes. Que ce soit au niveau de l’environnement, de la technologie, de la vie citoyenne. En outre, le climat social est tendu. Nos concitoyens se posent beaucoup de questions quant à leur avenir et dans ce moment-là, plus que jamais, il faut des élus d’expérience et de compétences.

Pour eux, le maire est un élément de stabilité, au cœur des solidarités. Pour cela, le maire exerce un rôle de plus en plus important d'autant que le Gouvernement actuel a fait exploser les corps intermédiaires. On le voit dans la crise des gilets jaunes ou pour la réforme des retraites. Dans ces dossiers, l'Exécutif ne prend pas en compte les doléances de la population et les maires retrouvent un rôle crucial.

De plus, j'ai été très marqué par la mort de Jean-Mathieu Michel, le maire de Signes. Son engagement pour la préservation de l'environnement de sa commune l'a conduit jusqu'au sacrifice de sa vie. Il est mort pour avoir défendu sa commune !

Cette mort m'a beaucoup ému, comme elle a touché des millions de nos concitoyens. Elle rappelle que le maire est le premier fantassin de la République, lui qui est au contact de la population et sur qui repose beaucoup de responsabilités.

Ne quitterez-vous pas votre mandat de parlementaire avec regret ?

JLM. D’abord je précise que la circonscription demeurera LR. J'ai été élu avec Édith Audibert qui siégera à l'Assemblée nationale si je suis élu maire de La Garde.  

Par ailleurs, si je me présente à l'élection municipale, c'est parce que j'ai ressenti une demande de la part de mes concitoyens. Cela élimine d’emblée les regrets.

J'ai apprécié le travail parlementaire depuis 3 ans. Seulement, il souffre d'une forme de mépris de la part de l'Exécutif. Aujourd'hui, la France n'est plus dans un vrai régime parlementaire. Elle n'est pas non plus dans un régime présidentiel comme il existe aux États-Unis pays dans lequel le Président a moins de pouvoir puisqu’il fait face a un vrai pouvoir législatif.

J’ai beaucoup travaillé pour défendre le territoire et leurs habitants. Cela m’a valu d’être élu vice-président du groupe. Mon passage au Parlement m'a permis de développer mes connaissances, de développer un réseau d'amis et de mieux connaître le fonctionnement des rouages ministériels. C'est une compétence complémentaire qui va être utile à la Ville.

Enfin, je remarque que dans toutes les familles politiques et notamment à la République En Marche, de nombreux députés font le choix de l'élection municipale.

A quoi ressemblera votre nouvelle équipe municipale ?

JLM. La plupart de mes colistiers seront nouveaux. C’est un choix, même si je reste très attaché à la génération des élus de 2001. Ils ont mon estime et mon affection. Ils passent la main après le remarquable travail accompli. Il ne reste plus que 11 personnes de la liste qui s'est présentée en 2014, 8 de l'équipe élue en 2008 et 3 seulement de celle qui s'est présentée en 2001 (Hélène Bill, Franck Chouquet et moi-même). Nous avons intégré des membres de la jeune génération. Voir tous ces jeunes s'impliquer dans la politique, cela crée de l'enthousiasme ! Certains sont encore étudiants. Il y a des personnalités en pleine carrière. Toutes les générations sont représentées. Ainsi que tous les profils professionnels.

Comment analysez-vous le climat politique ?

JLM. A mes yeux, nous vivons dans un monde qui va trop vite ! Il existe un climat social tendu et les élus locaux le ressentent bien. C'est une forme de mal-être qui s'est exprimée à l'occasion de la crise des gilets jaunes. Le maire est perçu comme un repaire fiable.

C'est un peu le drame du Parlement où de nombreux députés ignorent la vraie vie et où on a du mal à faire reconnaître le mécontentement populaire.

Nos concitoyens ont besoin d'être rassurés car ils angoissent, notamment à cause de la bureaucratie excessive qui existe dans notre pays.

Quels sont vos projets pour La Garde ?

JLM. Tout est à poursuivre ! Depuis 2001, nous avons investi entre 230 et 250 millions d'€, à raison de 10 à 12 millions par an. Nous avons annihilé la dette ramenée en 20 ans de 30 millions à 4 ou 5 millions. Et, nous avons baisse les taux d'imposition, malgré la crise financière de 2008 et la baisse constante depuis 2014 de la Dotation Globale de Fonctionnement.

J'ai donc envie d’approfondir sur la même voie. En ce qui concerne la taxe foncière, nous sommes dans la moyenne basse des villes de mêmes strates. Jean-Claude Charlois a poursuivi ces efforts, en engageant une baisse des taux sur la période 2018 – 2023.

Et, sur le plan environnemental ?

JLM. Nous avons choisi l’action plutôt que les grands mots. Nous sommes de ceux qui font. De nombreux investissements dans la ville (Marie Curie 2, Parc du Plan, forêt du Thouars, Villa Jeanne, falaise de Massacran) démontrent notre préoccupation environnementale.

J'ajouterai que c'est la même chose sur les questions de solidarité. Nous avons apporté des réponses concrètes. Nous allons continuer à le faire en ouvrant, par exemple, une crèche supplémentaire. Ce travail a été mené en collaboration avec les bailleurs sociaux qui ont apporté leur concours. D'ailleurs, à La Garde, le parc social est plutôt bien entretenu.

En termes de sécurité, que prévoyez-vous ?

JLM. La Garde est une ville sûre. Il y a 18 ans, nous avons créé un Observatoire de la Sécurité et quand nous l'avons créé, nous avions vingt ans d'avance ! La police municipale, dont les effectifs et les moyens sont en accroissement constant, travaille en collaboration avec la police nationale. Nous avons une approche sécurité globale en développant un parc de 140 caméras de vidéo-protection dont l'investissement s'est élevé à 1, 4 million d'€. Ce dispositif s'avère performant, notamment pour les procédures judiciaires. Pour le prochain mandat, nous souhaitons développer une police municipale de proximité, qui assurera la sécurité du quotidien. Une police de contact avec une présence visible dans tous les quartiers et mieux intégrée dans le tissu, quitte à augmenter les effectifs.

Un dernier mot ?

JLM. La démarche collective que j’ai entreprise a créé une belle dynamique. Elle a reçu un bon accueil citoyen. Rejoignez-nous !

Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR

 

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