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Le stockage des ordures ménagères en décharge est obsolète

Pour Jean-Luc Longour, « Il est temps désormais de considérer le déchet comme une ressource et de l’intégrer, comme le souhaite le plan régional de traitement des déchets, dans une économie circulaire ».


La Gazette du Var. Les élus et l'administration s'accordent à reconnaître une situation d'urgence pour le traitement des déchets dans le département, due notamment à la saturation des centres de stockage, quelles solutions préconisez-vous ?
Jean-Luc Longour. Le stockage des ordures ménagères en décharge sans ou avec peu de tri est obsolète car c’est en soi un gaspillage de matières premières. Il est temps désormais de considérer le déchet comme une ressource et de l’intégrer, comme le souhaite le plan régional de traitement des déchets, dans une économie circulaire, depuis la production économe en énergie et matière jusqu’au recyclage en passant par le réemploi. Économie circulaire, circuits courts, permaculture, lutte contre l’obsolescence programmée, préservation des ressources naturelles, transition écologique, il est temps de changer de logiciels.
Vous avez à plusieurs reprises mis en avant la protection des générations futures pour justifier votre choix de refuser la poursuite de l'exploitation du Balançan, en quoi le projet de centre de stockage de Bagnols-en-Forêt, que vous semblez défendre, est-il différent ?
JLL. En effet, les quelques 12 millions de tonnes de déchets déjà entassées au Balançan sont un héritage très lourd pour nos enfants qui ne sauront qu’en faire. Le projet de centre de stockage de Bagnols-en-Forêt sera d’une toute autre génération avec accueil de déchets ultimes, c’est-à-dire après tri intense et diminution de la quantité de déchets à la source.
Votre PLU vous protège de la poursuite de l'exploitation du Balançan. Face à ce blocage, le Préfet avance la possibilité d'exporter les déchets varois vers des régions voisines, mettre des milliers de camions sur les routes n'est-il pas un non-sens écologique pour la santé des varois ?
JLL. Il me semble utile de rappeler que ce site est ouvert depuis 45 ans et que la dernière autorisation émise en 2009 puis reprise en 2014, contre l’avis des élus du Cannet des Maures, donnait aux élus du Var, 10 ans pour mettre en œuvre des solutions alternatives. Ils ne peuvent donc pas dire qu’on les prend au dépourvu. Nous avons toujours dit que cette décharge du Balançan avait une capacité de stockage limitée d’autant qu’elle se trouve en plein milieu de la Réserve Naturelle Nationale de la Plaine des Maures. Nous aurions pu régler une partie des difficultés par la mise en place de déchetteries en plus grand nombre. Dans la communauté de communes Cœur du Var, nous en avons 4 pour 40 000 habitants. Les collectivités ne trient et ne recyclent pas assez. Avec Cœur du Var, nous avons, en cinq ans, diminué de 25 à 30% les déchets enfouis malgré l’augmentation démographique.
La remise en cause des TMB, les difficultés de débouchés des CSR, l'effondrement des cours de produits recyclés, mettent à mal les projets d'unité de valorisation multi-filière. La proposition de limiter à 5 ans la poursuite du Balançan pour permettre aux technologies plus abouties d'émerger ne semble-t-elle pas être une solution raisonnable ?
JLL. Certes les technologies sont évolutives mais il faut bien se lancer à un moment donné. Le projet TECHNOVAR sera un centre de valorisation matière qui s’appuiera sur des techniques éprouvées et des filières connues pour aboutir à seulement 20% de déchets ultimes. Vous évoquez l'incinération qui pourrait apparaître comme une solution mais les pollutions induites par les techniques utilisées par le passé ont provoqué des levées de bouclier qu’il sera difficile de combattre. Ce n'est pas l'option que prend Cœur du Var. Pourtant, l'incinération est une piste intéressante car elle est liée à la cogénération qui produit de la chaleur pour chauffer des bâtiments. Mais, à mon avis, il sera difficile d'imposer la solution de l'incinération. Je pense à d'autres solutions comme il en existe à travers l'Europe. Elles ne sont pas toutes adaptables à notre région. Mais, ce sont des pistes à creuser comme la création de carburant à partir des plastiques. Il faut exploiter ces pistes et ne pas se contenter de dire que rien ne marche à part l'enfouissement. Il faut accompagner cette transition énergétique autant qu’écologique. Il n’y a donc ni posture ni imposture mais plutôt une approche moderne digne du 21ème siècle et de ses technologies innovantes qui soit à la hauteur des responsabilités des acteurs du présent, élus et population, afin de ne pas condamner l’avenir. Nul ne peut nier l’impact désastreux de l’homme sur la planète : réchauffement climatique, altération grave de la biodiversité, pollution de l’air, des sols et de l’eau.
Il est temps d’agir en espérant qu’il ne soit pas trop tard…

 

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