Politique

Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy : « Je ne serai pas le président de la démission, du renoncement et de la faiblesse » !

L'ancien chef de l’État prévient : « Si on ne gagne pas, je crains la colère des Français » !

Mêlant le ton de l'humour et de la gravité, Nicolas Sarkozy a enflammé le Palais Neptune, se présentant en véritable conquérant, devant les 1 200 militants qui avaient pris d'assaut les fauteuils du palais des congrès de Toulon, en l'absence remarquée d'Hubert Falco, le maire de Toulon, qui a fait le choix de soutenir Alain Juppé.
Sur le ton de confidence, il lance : « il paraît que la modernité, c'est la fidélité. Je suis très fidèle à mes amis, à mon pays. Car, on ne reconstruit rien sans fidélité. Et pourtant, j'ai beaucoup connu la trahison dans ma famille ».

« NE PAS SE LAISSER IMPRESSIONNER PAR LA PENSEE UNIQUE »

Pourquoi est-il candidat aux primaires de la droite et du centre ?
« Jamais la France n'a été dans une situation aussi difficile. Je ne me laisserai pas impressionner par la pensée unique. Je pense aux 6 millions de chômeurs. Que s'est-il passé pour que des milliers de jeunes, nés dans notre pays, en viennent à détester la France ?
Que propose-t-il ? « Pour cela, il faut une alternance forte, déterminée, qui tourne le dos à 5 ans d'humiliation que nous avons connue. Ce n'est plus une question de droite ou de gauche. Si cette alternance forte n'est pas au rendez-vous, nous aurons alors un candidat qui aura une majorité qui ressemble à M. Hollande.
Mais c'est sur le thème de l'autorité de l’État qu'il a, sans doute été le plus cinglant envers l'actuel président de la République.
« Je me souviens de cette scène étrange quand cette jeune fille (Léonarda) a interpellé le président de la République. Je n'accepte pas qu'on ne respecte pas l'institution présidentielle. C'est pareil quand des gens du voyage ont bloqué l'autoroute A1 parce qu'ils n'acceptaient pas qu'on leur refuse la sortie de prison de l'un des leurs » !

« NOUS LA NUIT, ON DORT » !

Il en profite pour épingler « cette petite intelligentsia, ceux qui dorment le jour et sont debout la nuit ».
« Nous, le jour on travaille et la nuit on dort ! Et que dire de ces tentes étranges où les minorités visibles devaient se réunir. Cela a duré durant des mois. Ou était l'autorité de l’État ? Comme à Notre-Dame-des-Landes, occupé par des prétendues ONG. Malgré 150 demandes d'expulsion.
100 000 peines de prison non exécutées, 6 agressions d'enseignants. Ou est l'autorité de l’État ? Et, il paraît qu'il y a un micro-climat à Calais. Là-bas, il y a la jungle. C'est le dérèglement climatique sans doute !
On commente, on discourt. Il y a 11 000 personnes en situation irrégulière dont la quasi-totalité désirent aller en Grande-Bretagne.
Il y a une jungle au sud, une jungle au nord et au milieu une rue commerçante. Que fait l’État ?
« POURQUOI LA FRANCE AURAIT MOINS DE DROIT » ?
Les gens sont en droit d'attendre que l’État les protège.
Que fait le Gouvernement ? Il propose qu'ils soient répartis partout en France.
Je n'accepte pas que la France soit le seul pays qui ne puisse décider qui a le droit d'entrer sur notre sol et qui doit sortir. Essayer d'entrer aux USA sans la carte verte ou au Canada sans visa. Pourquoi la France aurait moins de droit que les USA et le Canada ?
Il est revenu sur les attentats qui ont marqué la France : « Nous avons connu 268 morts en moins de 2 ans. Nice est une ville martyr avec 86 morts.
L'autre jour, à Nice, j'avais le cœur serré à la lecture de l'âge des personnes mortes : 2 ans et demi, 4 ans, 13 ans, 18 ans...
Nous ne pouvons pas nous laisser faire, baisser les bras devant ces barbares.
L’État de droit, c'est l’État qui protège les victimes, pas les coupables ! (applaudissements nourris dans la salle).

« LA DESESPERANCE DES POLICIERS »

Il poursuit : « Lors du championnat d'Europe, j'avais indiqué qu'il faudrait éviter d'organiser les fan zones alors que nous étions en état d'urgence.
Le résultat : on a utilisé nos policiers à garder ces fan zones. A l'arrivée, ils sont épuisés. Et, c'est la désespérance des forces de l'ordre.
Nous avons un État incompétent, inconséquent. Où est l'autorité de l’État ?
Le ministre a trouvé le coupable (ndr : Nicolas Sarkozy). Il ne sait pas que François Hollande est président depuis 5 ans » !
A propos de l'incendie d'une voiture de police en Essonne, Nicolas Sarkozy lance : « Non, M. Cazeneuve, ce ne sont pas des sauvageons, ce sont des criminels qui doivent être traités comme tels. Où est l'autorité de l’État ?
J'ai honte que le Ministre ne soit pas capable de défendre les policiers.
Je ne serai pas le président de la démission, du renoncement et de la faiblesse ».
Selon lui, « il faut en tirer les conséquences. Il faut que l'alternance soit forte et immédiate. Et, il faut refuser le déni de réalité. Il faudra le faire très calmement, très simplement ».

« JE N’AI AUCUN PROBLEME AVEC L'ISLAM »

Il reprend : « Je n'ai aucun problème avec l'islam. J'ai un problème avec l'islam djihadiste et politique « !
Et il posera cette question par référendum : « Êtes-vous d'accord pour que l'on puisse mettre en rétention administrative, les fichés S » ? (la salle répond oui !).
C'est vous que j'interrogerai.
Sur l'islam politique : « Je ne vois pas un terroriste derrière chaque musulman. Mais certains musulmans veulent prendre le contrôle politique d'une partie de notre société, de la République en la testant, en la provoquant. Si la République est faible, cela se terminera mal.

Ici, c'est la France. Il y a une identité française, un mode de vie, un terroir, des us et coutumes, une culture. Je refuse la vision d'une minorité qui pense que le corps de la femme est une représentation de Satan. C'est une honte pour notre civilisation. C'est un concept moyenâgeux de la femme » !

Propos recueillis par Gilles Carvoyeur

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