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Open Night Ladies à La Farlède

LA FARLEDE : Sarah McKenzie : «Artistiquement, j’ai été influencée par de nombreux grands jazzmen»

LA FARLEDE : Quand on parle du jazz au féminin on voit tout de suite apparaître les visages d’Ella Fitzgerald, de Nina Simone, Billie Holliday, mais cela, c’était hier !

Aujourd’hui les belles dames du jazz portent le nom de Diana Krall, Norah Jones, Melody Gardot, et c’est loin d’être une liste exhaustive. Mais si l’avenir de l’homme est la femme, comme l’a écrit le poète Aragon, la femme est-elle l’avenir du jazz ?

RENCONTRE AVEC SARAH MCKENZIE À L’OCCASION DE SON PASSAGE AU FESTIVAL DE JAZZ DE LA FARLÈDE.

Quelles sont les chanteuses qui vous inspirent le plus dans votre travail ?

Sarah McKENZIE : J’étais très heureuse de me produire à La Farlède, en compagnie d’autres musiciennes talentueuses. C’est un grand honneur pour moi de jouer de la musique dans la vie. Artistiquement, j’ai été influencée par de nombreux grands jazzmen comme Oscar Peterson et Ray Brown pour n’en citer que deux. J’ai également beaucoup écouté de grandes dames du jazz telles que Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, Anita O’day, Shirley Horn ou Billie Holiday ainsi que des compositrices comme Maria Schneider.

Quelle place a le jazz auprès du public australien ? Confidentiel ou populaire ?

Sarah McKENZIE : . L’Australie a de nombreux musiciens de jazz talentueux. Le jazz n’est pas un style musical très populaire mais on trouve de très bons clubs de jazz et des festivals dans lesquels de grands musiciens viennent se produire.

Votre parcours fait autant référence au jazz européen qu’aux chansons du Great American Songbook. Comment parvenez-vous à en faire la synthèse ?

Sarah McKENZIE : Je suis très influencée par ce qui m’entoure. Je peux trouver l’inspiration dans beaucoup de choses différentes. Vivre aux États-Unis et en Europe a profondément influencé ma musique. Aux États-Unis, j’ai assimilé le blues tandis qu’en Europe j’ai plus appris l’histoire classique. J’aime la musique en générale et j’essaie le plus possible de ne pas m’enfermer dans un style. J’écoute et j’essaie d’intégrer dans mes compositions toutes les sonorités différentes qui me plaisent.

Vous avez travaillé avec Michel Legrand, ce grand musicien français, récemment disparu. Quels souvenirs gardez-vous de cette rencontre ?

Sarah McKENZIE : C’est une grande chance pour moi d’avoir pu rencontrer Michel Legrand. Il est venu chez moi à Paris pour découvrir mon travail. J’avais lu des interviews qui racontaient sa rencontre avec Miles Davies. Miles l’écoutait jouer devant la porte d’entrée avant de sonner. Il est entré pour jouer avec lui parce que ce qu’il a entendu lui a plu. Sinon il serait reparti sans rien dire. J’étais angoissée à l’idée que Michel fasse la même chose avec moi ! C’était un des moments les plus stressants de ma vie ! Mais il est entré et nous avons joué du piano à quatre mains. C’était un moment incroyable pour moi. Il m’a dit que j’avais le bon ressenti pour le jazz. C’était un très beau compliment venant d’une telle légende. J’ai eu beaucoup de peine lorsque j’ai appris sa disparition.

A quel moment réalisez-vous qu’une composition (Paris in the Rain) va devenir ou est devenue un succès ?

Sarah McKENZIE :  Je rêve d’écrire des mélodies et des chansons qui deviendraient des standards. On ne sait jamais ce que les gens vont aimer. Quand j’ai écrit That’s it, I quit !, je trouvais ça idiot mais cela a bien marché avec le public. C’était surprenant ! Même le Boston Pops Orchestra l’a ajouté à son répertoire. Je ne pense pas que nous ayons le contrôle sur comment le public va réagir ou ce qui deviendra un succès. Nous devons nous contenter d’écrire et composer toujours des chansons.

Gilles CARVOYEUR - Presse Agence - La Gazette du Var

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