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Plan d'action contre le terrorisme

« La France contre le terrorisme : faire face ensemble »


« Le jihadisme depuis plus de vingt ans ne faiblit pas mais se déplace et se recompose. Les réponses à ce défi requièrent une mobilisation de toutes les politiques publiques : renseignement, sécurité, justice, diplomatie. C’est l’ensemble de l’État et, au-delà, toutes les ressources vives de la communauté nationale – ses collectivités, ses forces politiques, ses entreprises, sa jeunesse – qui doivent se mobiliser autour de ces enjeux. »

(Revue stratégique de défense et de sécurité nationale. 2017).

Deux années après la mise en œuvre du plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme (PART), ce nouveau plan d’action contre le terrorisme répond à une donne sécuritaire en mutation, marquée par la répétition d’attaques perpétrées au cours des dix-huit derniers mois par des acteurs essentiellement endogènes. Le caractère meurtrier et l’imprévisibilité des récents passages à l’acte appellent un nouvel ajustement des leviers d’action de l’État. Ainsi, en 2016, trois attentats ont endeuillé le pays, causant la mort de 89 personnes. Et, 2017 a été marquée par trois attentats meurtriers et le début de l’année 2018 par deux attaques terroristes ayant causé sur la période un total de huit morts.

« La France demeure une cible prioritaire pour les groupes jihadistes et ceux qu’ils inspirent. Il en est de même de nos ressortissants et des intérêts français à l’étranger, qui sont toujours l’objet d’une menace élevée dans les pays de l’arc de crise. Depuis 2016, la France continue de faire face à une menace
terroriste élevée et en constante évolution », constate, lucide, un officier des renseignements français.

PLUS DE 20 000 PERSONNES SIGNALEES EN FRANCE

La menace terroriste a sensiblement évolué depuis les revers significatifs de DAESH en 2017 et la perte presque totale de ses emprises territoriales en zone syro-irakienne. La neutralisation de bon nombre de ses chefs et son affaiblissement opérationnel contribuent à réduire les risques d’actions projetées. En revanche, la menace endogène demeure élevée sur le territoire national.
« En 2016, 9 300 personnes étaient signalées pour radicalisation violente. Aujourd’hui, ce sont plus de 20 000 personnes signalées dont 5 500 via le centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation (CNAPR) et plus de 9 000 par les états-majors de sécurité départementaux. 23 % des signalements concernent des femmes et moins de 5 % des mineurs.
Cette importante augmentation du nombre de personnes suivies pour radicalisation traduit l’emprise préservée des groupes jihadistes sur les esprits et leur faculté à inspirer des acteurs endogènes, grâce notamment à la diffusion de produits de propagande sur Internet », ajoute ce policier des Renseignements Territoriaux (RT).
Notre interlocuteur précise : « Depuis 2016, les discours d’incitation au passage à l’acte sont ainsi régulièrement entretenus auprès des sympathisants jihadistes présents sur le territoire national. Ces deux dernières années, les attaques et tentatives menées confirment le primat d’une menace endogène, diffuse et omniprésente. Leurs auteurs ont le plus souvent recours à des moyens rudimentaires, notamment les armes blanches et les véhicules-bélier. Ils visent à la fois des cibles plus symboliques, telles que les représentants de l’autorité publique. Depuis mai 2016, quatre attaques réussies ont visé des personnels
en tenue, neuf ont échoué et douze ont été déjouées.
D’autres modes opératoires (engins explosifs improvisés, drones, véhicules piégés, produits chimiques) pourraient cependant émerger sur notre sol, non seulement en fonction des préconisations, de la propagande mais également de la montée en compétences techniques des personnes radicalisées ».

NEUF ATTENTATS, 13 TENTATIVES ET 42 ACTIONS TERRORISTES DEPUIS 2016

Depuis 2016, les neuf attentats perpétrés sur notre territoire, auxquels s’ajoutent les 13 tentatives et les 42 actions terroristes déjouées, démontrent que la menace terroriste est durablement enracinée dans notre société. Alimentée par une propagande moins sophistiquée mais toujours active, la menace endogène s’inscrit dans la durée. Elle pourrait connaître des évolutions majeures sous l’influence émergente et combinée des « revenants » de zone syro-irakienne et des « sortants » du milieu carcéral.
Un policier, qui surveille ces individus dangereux, décrypte la situation : « Au 6 juillet 2018, 718 individus de nationalité française ou résidant en France étaient présents en zone syroirakienne, parmi lesquels 360 hommes, 312 femmes et 46 mineurs de 13 ans et plus. Ainsi, la menace constituée par ces combattants, toujours présents au Levant, reste vive du fait de leur implication avérée dans la préparation d’actes terroristes ou de leur influence sur des individus velléitaires ou inconnus des services, résidant en France. Pour l’heure, la détérioration de la situation sur zone n’a pas engendré de mouvement important de retour. En 2016, 25 individus étaient revenus de la zone syro-irakienne, contre 10 en 2017 et 9 au 1er juin 2018. Ce phénomène des revenants concerne trois types de populations : les combattants encore en activité sur zone, les captifs et enfin les femmes et les enfants présents au Levant ».

PLUS DE 1 600 DETENUS POUR TERRORISME EN PRISON

Enfin, un personnel de l'administration pénitentiaire complète ce diagnostic : « Au 1er juin 2018, les prisons françaises comptent 512 individus détenus pour actes de terrorisme et 1 145 prisonniers de droit commun qui ont été identifiés comme radicalisés. Ces chiffres ont sensiblement augmenté depuis 2016. 48 détenus terroristes islamistes et 402 détenus de droit commun radicalisés devraient être libérés d’ici fin 2019. La menace potentielle qu’ils représentent appelle une vigilance particulière dans leur suivi. La diversité de la menace liée à l’islamisme radical violent s’est accrue. La radicalisation de nombreux individus sur notre sol, le risque lié aux revenants ou aux terroristes présumés détenus et susceptibles d’être libérés au Kurdistan, en Irak et en Turquie, constituent un enjeu de sécurité majeur auquel notre pays doit faire face avec détermination, à court, moyen et long terme ».
C’est à cette aune qu’il convient d’évaluer le bilan des actions du plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme.

Demo

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