Politique

Université d'été du MEDEF

ITV Laurent Falaize (FIOUL 83) : "Il faut réformer le système de formation"

En déplacement à l'Université d'été du MEDEF, Laurent Falaize, président du cluster Riviera Yachting NETWORK, revient satisfait de ses échanges avec le président Geoffroy Roux de Bézieux.
Ce rendez-vous traditionnel, organisé chaque été à Jouy-en-Josas, sur le campus d'HEC, correspondait, également, à la première sortie officielle de Geoffroy Roux de Bézieux, le nouveau président du MEDEF qui s'est entretenu longuement avec Laurent Falaize pour évoquer les problématiques actuelles des entreprises.

LA QUESTION DES ARRETS DE TRAVAIL

Pour le jeune chef d'entreprise varois, « cette Université d'été m'a permis de rencontrer des grands dirigeants d'entreprises, et d'échanger sur les problématiques importantes que connaissent les entreprises aujourd'hui, à savoir le problème récurrent du recrutement et le paiement des 7 jours d'arrêts de travail, directement par les entreprises. Il faut savoir que ce nouveau transfert de collecte de l’État va coûter un milliards d'€ par an aux entreprises ! En l'acceptant, après le prélèvement à la source, je crains que ce ne soit la porte ouverte à d'autres transferts. Or, le rôle d'une entreprise, c'est de créer de l'activité et de l'emploi. Elle n'est pas là pour se substituer à l’État ! Par ailleurs, la plupart des arrêts de travail sont inférieurs à 10 jours. L'entreprise aura-t-elle la possibilité d'effectuer ce contrôle à la place de l'Assurance Maladie ? Ce n'est pas prévu ».

EDOUARD PHILIPPE CROIT A L'ENTREPRISE

Malgré tout, le patron de FIOUL 83 retient des choses positives de ce 20ème rendez-vous économique, et notamment, l'intervention d’Édouard Philippe, le premier Ministre. A ce titre, les chefs d'entreprise peuvent être rassurés car, le premier Ministre croit à l'initiative et à la prise de risque : « Je crois beaucoup au travail, je crois à l’effort, je crois à l'addition des compétences, je crois à l'esprit de conquête, je crois au sérieux, je crois à la liberté, à commencer par la liberté d'entreprendre, dont on oublie trop souvent qu'elle fut une des premières conquêtes de la Révolution française. Je crois à l'entreprise parce que, jusqu'à présent et à mon avis pour longtemps, on n'a rien trouvé de mieux pour fabriquer de la valeur et de l’emploi, mais je crois aussi à la fonction publique et au service public » (...).

Plus tard, il a resitué son action à la tête du gouvernement : « (...) C'est par le travail qu'on redonnera de la richesse à notre pays, c'est en revalorisant le travail, en faisant en sorte qu'il paye toujours mieux que nous pourrons relancer l'activité et relancer la création de richesse dans notre pays (...). Dès 2019, nous allons supprimer une vingtaine de petites taxes pour un montant global de 200 millions d'€ » (...).

LE PROBLEME RECURRENT DU RECRUTEMENT

Pour Laurent Falaize, « la question récurrente est la difficulté du recrutement de collaborateurs. Ainsi, une entreprise de la zone de Gavarry recherche une trentaine de chauffeurs poids-lourds et, personnellement, je suis à la recherche de deux chauffeurs. Mais, les CV que nous recevons ne correspondent en rien aux compétences que nous réclamons. Je suis en phase avec le premier Ministre quand il dit qu'il faut réformer le système de formation, c'est à dire qu'il soit plus ajusté à la réalité des entreprises ».

En effet, Édouard Philippe a évoqué les difficultés de recruter et l'inadéquation des formations avec les besoins des entreprises.
« (…) Il n’y a pas un déplacement, quelle que soit la région de France, le département où je me rends et il n’y a pas un secteur de l'activité économique qu’il soit industriel, de services agricoles dans lequel je ne rencontre pas chaque jour les chefs d'entreprise qui me disent « je ne trouve pas, je voudrais bien mais j'ai du mal, je ne trouve pas la personne compétente, je ne trouve pas les compétences dont j’ai besoin, je ne trouve pas la personne qui va me permettre de développer » (…).

UN GACHIS ABOMINABLE D'ARGENT PUBLIC

Le premier Ministre a ajouté : « (...) C'est un défi collectif, c'est un cruel non-sens, c'est un gâchis abominable d'argent public, d'initiatives privées, et de destinées humaines d'une certaine façon et que notre objectif, c'était de revenir à l'activité, de favoriser le retour à l'emploi, de faire en sorte que systématiquement le travail paye, c'était parce que nous sommes convaincus qu'il y a, à la fois, en la matière, un problème de compétences et un problème d'appétence. Le problème de compétences, c'est la formation de la main d’œuvre (...). Cette révolution de la compétence passe par la remise à plat de notre système de formation professionnelle pour que le système de formation professionnelle profite à ceux qui en ont besoin parce qu’aujourd'hui ce n'est pas le cas, ce sont statistiquement et généralement les mieux formés qui continuent à se former le plus. Et ce sont ceux qui auraient objectivement le plus besoin d’une formation qui sont le plus loin de la formation professionnelle (...) ».

Pour le premier Ministre : « (...) Parce qu'une bonne formation professionnelle c’est une formation qui conduit à un emploi sinon c'est du temps perdu, c'est de l'argent perdu pour tout le monde et c'est surtout beaucoup de frustrations. C'est la raison pour laquelle nous allons déployer le plan d'investissement dans la compétence, c'est un investissement de 15 milliards d'€ dans la formation de 2 millions de demandeurs d'emploi et de jeunes décrocheurs, c'est considérable mais c'est indispensable.

Dès 2019, ce sont près de 2 milliards et demi d'€ qui seront investis dans les compétences (…). Pour financer ce plan d'investissement compétences, nous n'allons pas créer de nouvel impôt, nous allons moderniser les prélèvements qui existaient pour la formation professionnelle et en simplifier la collecte » (...).

Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR – Photos André GOFFIN (envoyé spécial à Jouy-en-Josas)

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