Politique, Cogolin

Interview exclusive

Marc-Etienne Lansade : « Personne n'a l'intention de démissionner » !

Le maire de Cogolin est un maire en colère. Il ne supporte plus, dit-il, « le dénigrement systématique de son action, les mensonges et les manipulations opérées par la presse locale », avec laquelle il a donc décidé de rompre totalement les liens.
Pour mettre les choses au point, une bonne fois pour toute, le maire a donc convoqué une conférence de presse en présence de l'ensemble de ses colistiers, présence qui démontrait la solidarité et la durabilité de son groupe majoritaire (cinq d'entre-eux, n'ayant pu venir, lui avaient adressé des messages de soutien).

Pourquoi cette conférence de presse ?
Marc-Etienne Lansade : Je suis forcé de donner un écho particulier en raison des articles publiés par la presse locale. En s'autoproclamant procureur général, la presse locale essaie de faire croire que notre majorité serait sur le point de s'écrouler.

Vous faites le choix de la riposte ?
MEL. Je ne peux pas faire autrement après un énième article dans la presse locale qui subodorait que le maire de Cogolin, que je suis, est en sursis, après un certain nombre de démissions. En réalité, il n'en est nullement question. De plus, je constate que ces anciens élus ont colonne ouverte dans la presse locale, qu'ils sont amenés (les anciens élus) à répondre dans la presse à toutes mes interventions mais que la réciproque n'est pas vraie. Mes opposants ont systématiquement la parole. Pas moi !

Que dit la loi électorale à ce sujet ?
MEL. La loi électorale est très claire : pour que les habitants de Cogolin soient appelés à un nouveau vote, il faudrait enregistrer la démission de 27 personnes ! C'est inimaginable ! De toute évidence, le journaliste à l'origine de cet article n'est pas un grand mathématicien ! Effectivement, nous avons enregistré 8 démissions, là où l'opposition en a enregistré 7. La plupart sont dues à des mutations professionnelles, mais elles ne figuraient nullement un désaccord entre nous. Nous avons également eu deux départs de la majorité, l'un exclu par mes colistiers et moi-même (ndlr : il l'a été parce qu'il avait tenu des propos inqualifiables sur le maire de Saint-Tropez). Là encore, l'opposition, elle, en a connu également un qui a rejoint notre majorité !

Pour vous, il s'agit ni plus ni moins d'un putsch ?
MEL. C'est la conclusion à laquelle j'arrive. Je n'ai pas d'autres explications. Pour en arriver à la situation que décrit la presse locale, il faudrait que tous les élus d'opposition du Conseil Municipal nous fassent défaut et que tous les réservistes de la liste en fassent de même ! Je considère donc qu'il s'agit d'un véritable putsch !

Pourquoi ce conflit permanent avec la presse locale ?
MEL. Sans doute parce que l'ancienne chargée de communication de la mairie de Cogolin était également correspondante de cette même presse ! Moi, je tiens simplement à rappeler la légitimité que je tire des urnes : J'ai été élu avec 53% des voix et aux dernières élections régionales la liste du Front National, conduite par moi pour le Var, a réalisé un score de 58% à Cogolin !

A vos yeux, il s'agit d'une propagande surréaliste ?
MEL. Qu'on en juge par les faits. On m'accuse de vouloir vendre la demeure Sellier à un promoteur. Or non seulement je ne la vends pas, mais, la décision que j'ai prise a été faite en accord avec le donateur de la demeure Sellier qui souhaitait également en faire un hôtel ! On m'accuse d'avoir voulu faire disparaître la fontaine Victor Hugo. Elle sera remplacée par un lavoir et ce changement permettra d'accueillir chapiteau, forains et autres compétitions de boules sans gêner les riverains.
On me reproche d'avoir coupé le micro à un élu. Mais, je ne l'ai fait qu'au bout de 3 minutes, en ne faisant qu'appliquer le règlement intérieur du Conseil Municipal. A l'époque, cet incident n'avait offusqué personne !
J'ai dit à cet élu qu'il n'était pas question de faire de la politique spectacle et que le Conseil Municipal n'était pas une tribune politique !

On vous soupçonne de briguer un poste de député aux prochaines législatives de 2017 ?
MEL. Aujourd'hui, c'est haro sur le baudet ! Et, mes opposants s'érigent en procureur. Comment se fait-il que la presse locale se trompe à chaque fois qu'elle parle de Cogolin. Soit les heures de mes permanences ne sont pas les bonnes, soit les avis sont publiés le lendemain des réunions ! De partout, on annonce que je serai candidat alors que je ne cesse de répéter que je ne le serai pas car je veux rester le maire de Cogolin. Puisque le non cumul des mandats va être la règle, je ne veux pas être candidat à la députation, même, si j'avoue que j'aurais aimé être député-maire de Cogolin. Mais, comme cela ne sera pas possible, la question ne se pose donc pas !
Mon objectif est de redonner à Cogolin sa place dans le Golfe et de faire rayonner les idées de Marine Le Pen. Je ne me laisserai pas traîner dans la boue !

Propos recueillis par Gilles Carvoyeur

Marc-Etienne Lansade élu avec 53, 1% des voix !

Lors du second tour des élections municipales de 2014, le maire de Cogolin a remporté une victoire très nette en totalisant plus de 53% des suffrages.
Aujourd'hui, il est donc difficile de lui contester sa légitimité.
Pour mémoire, nous publions les résultats du second tour :
Sur 7 544 électeurs inscrits, 5 017 suffrages étaient exprimés parmi lesquels 2664 votes pour Marc-Etienne Lansade (« Ensemble, retrouvons Cogolin ») contre 2 353 voix pour Jacques Sénéquier (« Du bon sens pour Cogolin »).
Ce qui constitue une victoire à 53,1% des suffrages pour Marc Etienne Lansade au détriment de Jacques Sénéquier qui a reçu 46,9% des votes.

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