La Coordination Rurale

Loup

Max Bauer : il faut faire confiance aux études scientifiques !

Une enquête a été réalisée conjointement par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et le Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée (Cerpam) à Seyne-les-Alpes (04) sur les changements de comportement des loups vis-à-vis des humains et de leurs activités, et sur les risques de prédation des élevages de bovins.

DES CONCLUSIONS INQUIETANTES

Les conclusions du rapport établis par deux scientifiques comme Michel Meuret (Inra) et Laurent Garde (Cerpam) mettent en avant plusieurs éléments dont deux sont particulièrement inquiétants :

– Les loups n’hésitent plus à attaquer les bovins

Les éleveurs, en vallée ou en alpage, ont constaté que les veaux n’étaient pas les seuls à subir des attaques, puisque des bovins plus âgés sont touchés. Les bovins auraient également changé de comportement : ils se montreraient plus inquiets et sont parfois retrouvés à plusieurs kilomètres de leur lieu de pâturage initial. Ce changement n’est pas lié aux chiens étant donné qu’ils les ont toujours connus, mais bien au loup.

– Les loups craignent de moins en moins l’humain

Des chasseurs et des promeneurs ont attesté avoir vu des loups, parfois de près, que ce soit en montagne ou en lisière de forêt. La multiplication de ces témoignages renforce la crainte d’une attaque sur l’Homme d’autant plus que le loup craint de moins en moins l’Homme, du fait de la protection stricte dont l’animal bénéficie depuis 20 ans.

DES REACTIONS AFFLIGEANTES

Suite à cela Jean-Michel Bertrand, réalisateur du film « La vallée des loups », a réagi dans Le Dauphiné Libéré en dénigrant totalement cette étude. La Coordination Rurale des Hautes-Alpes s’interroge sur les desseins poursuivis et les propos tenus par cet expert auto-proclamé. Lorsqu’il prétend que ce rapport est une « pseudo publication scientifique », il devrait faire preuve d’un peu d’humilité et se rappeler que le fait qu’il ait passé trois ans dans la nature est tout à fait à son honneur, mais qu’en aucun cas cette expérience ne le qualifie comme spécialiste et encore moins comme susceptible de donner un avis scientifique fondé sur cette question.
Qu’aurait dit M. Bertrand si les conclusions avaient corroboré ses opinions ? Il aurait sans doute applaudi des deux mains sans remettre en cause l’étude.
S’il nous semble naturel que chacun ait un œil critique sur ce type de publication, leur caractère scientifique ne nous semble pas discutable, y compris – et peut-être même surtout quand il questionne nos convictions. L’humilité des paysans ne semble malheureusement pas partagée par tous...

Gilles Carvoyeur

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