Environnement

Méditerranée Porte des Maures : Le Lavandou

Les élus du littoral s’inquiètent de l’avenir des plages

Le 12 août, à l'invitation de Gil Bernardi, président du Syndicat des Communes du Littoral Varois (SCLV) et maire du Lavandou, de nombreux élus ont assi sté à la réunion annuelle du SCLV, à l'Hôtel de Ville.

En présence du préfet Jean-Luc Videlaine, les maires et élus des communes littorales varoises ont abordé les questions qui les préoccupent telles que la prise en compte de l'aléa submersion marine, l'organisation des mouillages (ZMEL, coffres d'amarrage), la qualité des eaux de baignade , l'application de la « Charte d'engagement pour une plage sans déchet plastique », la sécurité des baignades avec la gestion des accidents et adaptation au plan canicule et la présence des CRS-MNS, remise en question par l’État qui veut supprimer ce dispositif de sécurité sur les plages.

DEFENDRE L'ECONOMIE DU SABLE

A propos de la Charte, le maire de La Londe-les-Maures, conseiller régional en charge des risques majeurs a lancé : « La protection du littoral et de la Méditerranée reste un enjeu important pour la région Sud, tout comme la lutte contre l'érosion du littoral et le combat pour le zéro plastique font également parties des axes forts de la politique conduite par Renaud Muselier. En tant que président du Comité Régional de Tourisme, je rappelle l'importance de l'économie du sable, créatrice de nombreux emplois et appréciée par la clientèle locale, nationale et internationale ».

Il ajoutait : « Nous n'avons pas attendu le résultat des élections européennes pour aller acheter de la peinture verte chez Leroy Merlin ! A la Région, nous travaillons sur le cap zéro déchet plastique depuis le début du mandat et, d'ors et déjà, les résultats sont encourageants ».

Sur la question de la posidonie, Gil Bernardi a évoqué une très intéressante expérience, menée sur la commune du Rayol- Canadel, qui vise à lutter contre l'ancrage sauvage des bateaux. Un exemple à suivre, selon les élus.

Autre dossier en débats, « la Charte pour une plage sans plastique », mise en avant, début août, par la secrétaire d’État Brune Poirson, à l'occasion d'un déplacement à La Seyne-sur-Mer.

« Une dizaine de villes a déjà signé cette charte et, au SCLV, nous sommes d'accord avec la démarche », a fait remarquer Gil Bernardi.

CRS SUR LES PLAGES EN DANGER

En introduction à son intervention, Jean-Luc Videlaine, le préfet du Var, a rappelé que les côtes varoises avaient été touchées par une importante pollution au printemps dernier. « Cette pollution était sans précédent sur notre littoral. Certes, les travaux de nettoyage ont été plus longs et plus complexes que je ne l'avais annoncé. Ils se sont déroulés en bonne intelligence entre l’État et les communes impactées, grâce au recours à une entreprise spécialisée qui s'est avérée, après, être la bonne solution. Le risque, c'était aussi le sur-nettoyage, mais cela a été évité.

Sur le dossier de la sécurité des plages au sens large, le dispositif de policiers avec les CRS – MNS a été stabilisé. 5 communes dans le Var en bénéficient pour un effectif de 34 fonctionnaires. A mon sens, c'est un dispositif qui n'a pas d'avenir et il ne peut être pérenne ».

Malgré tout, selon des informations émanant du ministère de l'Intérieur, il apparaît que le dispositif serait reconduit en 2020. Il faudra encore attendre le printemps prochain pour connaître à quelle sauce les CRS – MNS vont être mangés ? Sans doute après le résultat des élections municipales car le gouvernement n'a aucune raison à se mettre les élus des communes du littoral français à dos !

Le préfet s'est félicité de l'excellent état sanitaire des plages. Il a abordé le difficile dossier des noyades et sur cette question une importante réunion, nationale et locale, sera organisée le 11 octobre prochain, sur ce thème en particulièr et pour lequel la ministre des Sports s'est déjà prononcée.

RISQUE DE SUBVERSION MARINE

En ce qui concerne le risque de subversion marine, une première réunion s'est tenue, le 8 juillet, au niveau de TPM, en présence d'Hervé Stassinos, maire du Pradet qui suit ce dossier pour la Métropole.

L'élu a détaillé quelques réponses : « Chacun a compris les enjeux et au Pradet nous allons en tenir compte dans la réfection du port des Oursinières, en dialoguant avec la préfecture pour être en phase avec le « porter à connaissance », quitte à modifier nos documents initiaux. Des études sont lancées. Nous allons voir comment faire en tenant compte de ces nouvelles contraintes ».

Pour Gil Bernardi, ce sujet est majeur car le « porter à connaissance » aborde des questions de sécurité, d'une part, et de droits du sol, d'autre part, avec des échéances assez lointaines, autour de 2040. Pour faire simple, ce document réglementaire prend le dessus sur le plan local habitation et les divers plans d'exposition aux risques mis au point par les communes.

« Le dispositif du « porter à connaissance », place les élus dans une situation d'inconfort car il implique que les élus renseignent les acquéreurs qui recherchent une sécurité juridique et physique. Ce document a également des incidences, économique et stratégique. Cela oblige les élus à avoir une définition très précise de ce qui est possible de faire ou pas car il n'est pas question de laisser des bombes à retardement à nos successeurs », s'inquiète le maire du Lavandou.

Pour le président du SCLV, une question essentielle demeure : « Et, si le GIEC CLIMAT s'était trompé » ?

En réponse, David Barjon a tenté de rassurer les élus : « D'une part, des points vont évoluer puisqu'on autorisera certaines constructions en fonction des classifications d'aléas des zones concernées ».

« En même temps, en souhaitant faire du sur-mesure, l'administration va complexifier les procédures car, souvent la simplification conduit à l'injustice et à l'approximation. Nous sommes plutôt pour une option qui va dans le sens de l'équité et du réalisme », a prévenu le préfet du Var.

En retour, François de Canson s'est félicité de la qualité de ces échanges : « C'est un bel exemple de discussion entre les communes et l’État. On ne peut que se féliciter de la sagesse de l’État. A mes yeux, cette micro chirurgie est indispensable. Toutefois, je m'interroge : Après les incendies on attendait un PRIF et on reçoit un « porter à connaissance ». Si l’État ne prend pas ses responsabilités dans ces questions qui engagent la sécurité de nos administrés, qui va les prendre ? Il faut que l’État accélère les procédures d'autant que le « porter à connaissance » prête moins aux attaques des associations, ce qui peut positif au final ».

Gilles CARVOYEUR

LES PRINCIPALES PERSONNALITES

Lors de cette réunion, nous avons remarqué la présence de Serge Jacob, Secrétaire général de la préfecture, David Barjon, directeur de la DDTM, Sereine Mauborgne, députée de la 4ème circonscription du Var, François de Canson, président de Méditerranée Porte des Maures, conseiller régional et maire de La Londe-les-Maures, Hervé Stassinos, maire du Pradet, Philippe Leonelli, maire de Cavalaire-sur-Mer, Vincent Morisse, président de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez et maire de Sainte-Maxime, Laurent Jérome, adjoint au maire de Toulon, Édith Audibert, députée suppléante de la 3ème circonscription et maire adjointe de Hyères, et Dominique Blanc, élue du Beausset.

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L'actualité économique et politique du littoral varois

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