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Jean-Pierre Giran déclare la lutte contre le moustique « cause métropolitaine »

Jean-Pierre Giran part en guerre contre le moustique, promettant de déclencher un « Plan Marshall ». Et, déclare cette lutte « cause métropolitaine ».

Pour faire le point sur la situation qui a pourri l'été des hyèrois et des touristes, le maire avait convié un aréopage de spécialistes (ARS, Conseil Départemental, Métropole, Ville de Hyères) pour tenter de mettre sur pied la riposte.

Durant près de trois heures, chacun des intervenants a explicité ses rôles et fonctions, mais sans vraiment convaincre l'assistance, noyée sous un verbiage trop scientifique. Des intervenants qui ont, surtout, été incapables de proposer des solutions concrètes et immédiates, sauf peut-être la mise en place en grand nombre de pièges à moustiques (capturateurs).

ENJEUX TOURISTIQUES

Autant dire qu'à la fin de ce trop longue réunion, chacun, et le maire en premier lieu, est reparti insatisfait. Pourtant, des pistes et des solutions existent et Jean-Pierre Giran entend bien les mettre en œuvre, dans le strict respect de la loi.

En préambule, le maire, à l'origine de cette réunion pour laquelle il s'était engagé, s'est interrogé sur la mise en place possible d'une stratégie : « La gestion du risque est du domaine de l'Agence Régionale de Santé (ARS), du Conseil Départemental et de la direction dédiée de TPM. C'est un problème sanitaire dans une ville touristique. Certes, le phénomène a touché l'ensemble du Var et notamment le littoral. Les effets ont été plus marqués et plus importants que les années passées et les conditions météorologiques étaient plus difficiles, avec beaucoup de pluie, de la chaleur et pas de vent. Aujourd'hui, en tant que maire, je dois savoir jusqu'où je peux placer le curseur dans la lutte contre le moustique ».

Par ailleurs, la ville d'Hyères est la seule avec Fréjus à disposer d'une cellule dédiée à la lutte contre le moustique (5 personnes, 4 véhicules et 1 600 hectares traités de manière manuelle ou technique cet été).

Ce service intervient sur le domaine public et sur le territoire de la Défense et du Conservatoire du Littoral. Mais, pas au-delà, c'est à dire en aucune manière sur des terrains privés. Ce travail de prévention a donc, forcément, ses limites.

PLAN MARSHALL

« On ne peut pas traiter n'importe comment et n'importe quoi. Le traitement ne concerne que les larves et pas le moustique adulte car l'ARS a dit non (pour éviter de le rendre résistant au traitement). Seulement, le moustique ne connaît pas de frontières », a ajouté Jean-Pierre Giran, visiblement contrarié par cette invasion estivale !

C'est pourquoi, il souhaite mettre en place des mesures de protection plus radicales pour l'été 2019, « en lançant un plan Marshall contre le moustique ».

Il explique : Cela impacte nos activités touristiques et je n'ai pas envie que Hyères apparaisse comme un territoire propice aux moustiques. Je suis donc prêt à investir dans le personnel et le matériel, en faisant l'achat de capturateurs, en développant une campagne de communication. La volonté municipale est totale car l'enjeu est considérable. Je pose cette question : Quelles sont les possibilités ? Comment être efficace ? Mon objectif est que les mois de cet été ne soient plus qu'un mauvais souvenir » !

Mais, le maire a resitué la problématique en l'étendant à tout le territoire de TPM : « Ce n'est pas le problème de Hyères, c'est le problème de TPM ».

PORTER DES VETEMENTS LONGS

De son côté, le représentant de l'ARS a longuement détaillé l'action de l'agence, responsable essentiellement de la surveillance épidémiologique et pas de « la lutte de confort », dénommant ainsi le travail municipal en direction des administrés et des touristes. Ce qui a déclenché un brouhaha protestataire dans la salle !

Par ailleurs, selon ce responsable, « les gîtes larvaires se situent à 80% sur le domaine privé. Pourtant, on ne gagnerait pas la bataille contre le moustique, même en intervenant sur ces 80% du territoire » !

Conclusion : l'envoyé spécial de l'ARS conseille, notamment aux femmes « de porter des vêtements longs », ce qui, à ses yeux, reste la meilleure protection pour éviter d'être piqué par un moustique !

Jean-Pierre Giran s'interroge : « Où commence l'action municipale, où s'arrête la politique sanitaire ? Qu'on le veuille ou non, le traitement de confort est indispensable ! Si je comprends bien, l'ARS s'occupe de la transmission, et la ville du confort !

Maintenant, avant d'attendre une évolution scientifique qui prendra des années, l'achat de capturateurs me semble judicieux ».

S'exprimant au nom du Conseil Départemental, Francis Roux a précisé : « Certes, il sera difficile de l'éradiquer. Mais, nous devons pouvoir vivre dans un bien être confortable. Actuellement, 42 départements sont touchés. Notre objectif est que le touriste ne reparte pas du Var avec une mauvaise impression ». 

SANS EAU PAS DE MOUSTIQUES

Le représentant de l'ARS a rappelé une évidence : « Sans eau, pas de moustiques ». Certes, il ne s'agit pas d'éradiquer tous les points d'eau, mais la multiplication des gestes de chacun pourra faire baisser la nuisance.

L'idée est donc de trouver des relais d'information par le biais des commerces, des pépiniéristes, des vendeurs de pneus, etc.

Par ailleurs, des initiatives existent déjà, notamment celles qui sont menées par la Métropole. Ainsi, les nichoirs à martinets installés sur le site de Chalucet à Toulon, car ces oiseaux jouent un rôle important de prédateur, la baisse de l'éclairage public à certains endroits et la mise en place de pièges à moustiques sur le territoire public en incitant les administrés à faire de même sur le territoire privé.

Gilles CARVOYEUR – Photos Thierry COTTRON

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