Quelle destination pour les déchets du Var ?

A la fin de cette année, le Var n'aura plus de lieux où stocker ses déchets, soit 300 000 tonnes par an. 

Bien que coûteuse et peu vertueuse sur le plan environnemental, l'exportation est une des solutions défendues par le préfet du Var.

Si les sites de stockage actuellement fermés ou prochainement saturés ne sont pas rouverts ou agrandis, le Var devra exporter ses déchets en dehors de la région. Trois destinations seraient envisagés : Bellegarde (Gard), Lyon (Rhône) ou Toulouse (Haute Garonne). Outre le fait de transférer les impacts et nuisances sur ces trois villes, les répercussions financières pour le département du Var seraient loin d'être neutres. On estime qu'à la fin 2018 le déficit de stockage atteindra 30 000 à 65 000 tonnes, et 110 000 à 290 000 tonnes en 2020. A raison d'un surcoût de transport de 100 à 250 €/tonne en moyenne, le coût de l'exportation oscillerait entre 60 et 150 millions d'euros, selon la localisation de l'exutoire. Un surcoût qui se répercutera, obligatoirement, sur la facture du contribuable varois.

UN NON-SENS ECOLOGIQUE

L'exportation serait, également, en contradiction avec les mesures du Plan Climat régional et du Schéma régional climat Air Énergie, qui ambitionnent de réduire le transport routier à l'origine des émissions de gaz à effet de serre. 24 000 camions transiteraient entre le Var et leur destination finale, produisant au minimum 10 000 tonnes de CO2 supplémentaires sur les deux ans à venir. Un non-sens écologique qui serait contraire aux objectifs de la loi de transition énergétique et à la volonté affichée de la Région de devenir un exemple au plan national en matière de maîtrise environnementale et de bien-vivre. A cet impact écologique s'ajoutent les conséquences sur l'emploi local si les installations existantes ferment et si les nouveaux projets ne voient pas le jour. Enfin, la solution de l'exportation serait considérée comme un déni de démocratie au regard du nombre d'élus qui se sont positionnés en faveur du maintien des équipements locaux (voir par ailleurs).

CE QUE DIT L'ETAT

Depuis 2015, la planification du traitement des déchets revient à la Région. Les autorisations de stockage relèvent de la compétence du préfet. Celui-ci se montre réticent à accorder la reconnaissance de Projet d'Intérêt Général (PIG) pour l'extension du Balançan, demandée par le groupe PIZZORNO Environnement. Cette demande repose sur un emplacement de 1,2 million de tonnes de déchets, soit en moyenne 130 000 tonnes par an, avec une fin d'exploitation prévue pour 2027. Selon le préfet, « l'ouverture d'un nouveau casier entre en contradiction avec les documents d'urbanisme en vigueur sur la commune ».

De plus, la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) affiche un besoin de 17 à 27 mois pour faire aboutir un PIG, ce qui rendrait impossible la poursuite de l’activité en 2018. Un argument que l'entreprise PIZZORNO Environnement réfute, puisque le précédent PIG, en 2008, avait nécessité moins de 8 mois. Le préfet « exhorte aujourd'hui les élus à compléter tous les dossiers en cours au plus vite, en vue d'une instruction prioritaire ».

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