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Spécial Salon des Maires du Var

Jean-Pierre Véran, président : « Nous voulons être écoutés par le gouvernement »

A l'occasion de l'assemblée générale des maires du Var qui s'est tenue le 28 septembre dernier à Draguignan, Jean-Pierre Véran, président de l'association, a lancé un avertissement solennel à Jacqueline Gourault.

S'adressant à la fin de son intervention à Jacqueline Gourault, il a prévenu la représentante du gouvernement : « Nous sommes tous respectueux des fondamentaux de la République et tous les responsables qui étaient à la tribune de Marseille ont souhaité comme nous tous que la politique engagée par le gouvernement de la France réussisse. Ce que nous voulons, c'est d'être écoutés et de revenir à une véritable décentralisation mise en place depuis les lois Defferre en 1982, revues en 2001 et 2003.

Il faut laisser aux maires décideurs, aux départements et aux régions le rôle indispensable qu'ils jouent et doivent jouer chacun à leur échelon afin que nous avancions tous unis dans la même direction mais avec nos prérogatives pour assurer la réussite de notre pays et faire gagner notre belle nation La France ».

UNE PERIODE DIFFICILE POUR LES ELUS LOCAUX

Malgré cet avertissement, le président de l'Association des Maires du Var était honoré de la présence de la ministre à l'assemblée générale de l'association et au 2ème Salon des Maires du Var qui se tenait en même temps.

Mais, les élus locaux vivent une période difficile et les maires sont inquiets du devenir de leur commune, en particulier les communes rurales qui représentent dans le département et à l'échelon national quasiment les 2/3. Des communes, où le rôle de l'élu est apprécié par les administrés, véritable courroie de transmission pour toutes les informations qui touchent à la vie de tous les jours.

D'ailleurs, Jean-Pierre Véran a rappelé l'importance du tissu local : « A quelques mois de l'échéance des municipales de 2020, n'oublions pas que les maires constituent l'un des échelons essentiels de la souveraineté populaire. Ils ressentent aujourd'hui un sentiment de rejet alors qu'ils représentent à mon sens l'un des rares maillons de la chaîne républicaine qui résiste à la méfiance généralisée. Nonobstant leur positionnement politique, les élus locaux ont le plus souvent le sens dudévouement et sont appréciés de leurs administrés qui ne manquent pas de se retourner vers eux pour tous les problèmes liés aux écoles, à la sécurité, aux transports, à l'entretien des chemins »…

LES ELUS SE SENTENT DESORIENTES

Le président des maires du Var a fait ce diagnostic inquiétant : « Certes, des réformes sont engagées mais ne perdons pas de vue que la richesse de notre pays, ce sont les 35 000 communes, 1 000 communes ayant été rattachées pour former les communes nouvelles, gérées par plus de 500 000 élus pour la plupart bénévoles qui aiment et sont passionnés par ce qu'ils font mais qui aujourd'hui sont découragés. Ils se sentent désorientés et surtout ils ne sont plus écoutés (...) ».

Puis, le maire de Cotignac s'est adressé aux parlementaires en leur lançant une véritable supplique : « Il faut prendre en compte les doléances des élus locaux. Nous sommes déçus de ne pas avoir été entendus pour conserver, à notre gré, la gestion de l'eau et de l'assainissement que nous considérons essentielle et qui doit être librement exercée par les élus locaux. Certes, si certains souhaitent que cette compétence soit exercée par la communauté de communes ou d'agglomération ou encore la métropole, un choix à leur guise, mais pourquoi cette différence de traitement entre les communes membres d'une communauté de communes qui auront la possibilité de basculer cette compétence en 2026 et les communes membres d'une communauté d'agglomération contraintes de passer le relais au 1er janvier 2020. Voilà un sujet qui nous a préoccupé, qui a préoccupé l'AMF et où nous n'avons pas été entendus, c'est regrettable. Nous ne sommes pas opposés au regroupement, mais laisser nous le choix d'y adhérer pour défendre avant tout nos administrés (...) ».

L'IMPOSITION DES ADMINISTRES S'EST AGGRAVEE

Jean-Pierre Véran a fait ce dramatique constat : « Nos administrés ne comprennent plus le millefeuille qui continue de s'étendre et ce qu'ils regardent, c'est avant tout leur feuille d'impôt. Malgré la fusion des structures engagées, aucune diminution de personnel ne s'est avérée, ni dans nos communes, ni dans les intercommunalités et l'imposition des administrés s'est aggravée et continue de s'aggraver d'une manière croissante. Il est grand temps que les responsables au plus haut niveau soient conscients de cette situation qui contribue à la baisse de leur pouvoir d'achat et est contraire au plan de relance voulu par le gouvernement de la France que je partage et que la plupart d'entre-nous partageons. Certes, les réformes sont nécessaires mais soyons conscients que ce qui marche bien doit rester en l'état, il n'est pas question d'être rétrogradé mais il faut aller dans une direction pour ne laisser quasiment personne au bord du chemin (...) ».

DECOURAGEMENT DES ELUS LOCAUX

Il poursuivait : « Et, je suis certain que le modèle communal républicain français qui est en crise aura encore de l'avenir car, il n'est pas concevable que les responsables au plus niveau de la nation ne prennent pas en compte les doléances des élus locaux qui, quotidiennement, sont à l'écoute de leurs concitoyens. Preuve en est la participation au scrutin municipal qui est celui qui attire le plus d'électeurs. Malgré le découragement des élus locaux, un grand nombre d'entre-nous continueront encore car ils se sentent investis d'une mission qu'ils remplissent avec passion, ferveur et j'ajouterai amour car généralement s'ils ont pu accomplir ce à quoi ils s'étaient engagés et malgré la baisse des aides qu'ils subissent aujourd'hui, ils font le maximum pour satisfaire leurs concitoyens. Ceux-ci leur renouvellent leur confiance une, deux, trois, quatre voire cinq fois, là aussi le quota du nombre de mandats ne me paraît pas être à fixer mais dépend de l'électeur, s'il veut continuer avec son maire ou s'il entend le rejeter (...) ».

En fin d'intervention, Jean-Pierre Véran a exhorté Jacqueline Gourault à plus d'écoute : (...) « Madame la Ministre, nous sommes à un tournant et il faut écouter les élus locaux, ce sont eux qui sont les plus proches de nos concitoyens, qui les écoutent et aujourd'hui ces concitoyens comme les élus locaux sont en colère. Il est temps de prendre en compte nos doléances, la pyramide pour qu'elle tienne bon doit avoir une base solide (...) ».

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