Politique

Spécial Salon des Maires du Var

Hervé Stassinos, maire du Pradet : « Avec l’État, il n'y a plus que le bâton » !

Lors de l'Assemblée Générale de l'Association des Maires du Var, Hervé Stassinos, maire du Pradet, a longuement interpellé Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre d’État, ministre de l'Intérieur. Sans pour autant obtenir les réponses à ses nombreuses questions.

Face au feu des questions, Jacqueline Gourault a préféré botter en touche, en demandant aux élus LR de voter la réforme constitutionnelle, envisagée par le président Macron. Et, promettant qu'ensuite le gouvernement réfléchirait aux réponses à apporter aux élus locaux ! Bref, une forme de chantage, particulièrement mal appréciés par les maires du Var, stupéfaits par une telle réponse !

RECENTRALISATION

Pour Hervé Stassinos, « la ministre n'a pas répondu à mes questions parce qu'elle ne connaît pas ses dossiers ! Depuis plusieurs mois, nous faisons face en tant qu'élus locaux, à un désengagement total de l’État, et pas seulement financier alors que les contraintes des communes sont de plus en plus nombreuses. Nous vivons une recentralisation ».

Le premier magistrat du Pradet ajoute : « Au niveau des dotations de l’État, je prendrais le cas du fonds qui sert à financer la mise en place de la vidéo protection dans notre commune. Nous avons monté un dossier auprès de la préfecture du Var, dossier qui a été validé par le ministère de l'Intérieur. Et, que se passe-t-il à la fin décembre 2017 ? Nous recevons un courrier de ce fonds qui nous annonce que tous les crédits ont été consommé et que le dossier (qui représente un investissement de 150 000 €) ne pouvait plus être co-financé par l’État, c'est à dire que l'investissement de la vidéo protection restait à la seule charge de la commune ! Nous devions être partenaire mais voilà l'exemple du désengagement » !

LOI SRU INAPPLICABLE SUR LE LITTORAL

Hervé Stassinos a, également, interpellé Jacques Gourault sur les conséquences néfastes de la loi SRU, une loi particulièrement mal faite car, visiblement, elle s'adressait aux communes de la banlieue parisienne mais pas aux territoires semi-ruraux de province. En effet, Le Pradet est à 8% de logements sociaux quand il en faudrait 25%. Mais, cet objectif est inatteignable.

Le maire a longuement défendu ses arguments, sans pour autant être entendu : « La loi SRU, cela ne marche pas le Var ! Tout simplement parce les communes du littoral, contraintes entre mer et montagne, n'ont pas de foncier disponible. Si nous souhaitons renforcer l'attrait de nos communes pour créer de l'emploi, des hôtels, des restaurants et de la richesse, ce n'est pas en construisant des logements sociaux à perte de vue ! Au contraire, en appliquant la loi SRU, on appauvrit nos territoires. Comme ma commune est en carence en termes de logements sociaux, l’État a doublé l'amende qui nous frappe. Et, depuis, c'est le préfet du Var et l’État qui ont repris la main sur l'attribution de logements sociaux sur le quota de la mairie. Même le droit de préemption urbain est désormais de la compétence du préfet. C'est le préfet qui décide de tout, qui peut délivrer les permis de construire ! Voilà, encore un exemple, de recentralisation » !

« Pourtant, selon le député Matras, l’État est conscient de ces difficultés et sait qu'il faut aménager cette mauvaise loi.

Quel est intérêt de respecter les quotas si le maire n'a plus la main sur ce dossier. Je constate que l’État manie de plus en plus le bâton mais qu'il n'y a plus de carotte. La seule réponse de la ministre à mes questions, c'est de réclamer que les LR votent la réforme constitutionnelle. C'est un peu juste comme réponse », conclut, dépité, Hervé Stassinos.

Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR

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