Politique

Jean-Louis Masson

« Les institutions de la République sont dévoyées »

Homme de convictions et de passions, élu de terrain enthousiaste, Jean-Louis Masson, maire de La Garde, revient sur son expérience à l'Assemblée nationale et partage son ressenti après trois années passées au Parlement. 

Élu député de la République en juin 2017, Jean-Louis Masson a quitté l'hémicycle en août 2020, après avoir fait le choix de son mandat de cœur, celui de maire. Réélu pour un quatrième mandat, le premier magistrat de La Garde se prête au jeu des questions / réponses, sans filtre avec son franc parler bien connu.

Jean-Louis Masson répond aux questions de La Gazette du Var.

Vous avez fait le choix de redevenir maire. Pourquoi ?
Jean-Louis MASSON.
Le choix de reprendre ma place de maire a été une évidence pour moi. C’est le plus beau des mandats. L'amour de ma ville a été le plus fort, même si mon action en tant que député m'a beaucoup apporté. J'ai fait de très belles rencontres. J'ai côtoyé des ministres, tout particulièrement Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, pour qui je garde aujourd'hui beaucoup d'estime. J'ai eu notamment le privilège d'être invité à un déjeuner de travail avec M. Collomb pour apporter mon point de vue sur la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme. Toutes ces rencontres, ces échanges, ce travail, m'ont apporté une épaisseur politique, si je puis m'exprimer ainsi. Mais je dois avouer que la situation actuelle de nos institutions ne m'a pas permis de combler mes attentes en tant qu'homme politique et d'action.

Vous avez été très rapidement reconnu comme un député plutôt pugnace ?
JLM. Effectivement. J'aime la discussion, je suis un féru de travail, mais jamais pour la polémique politicienne, mais bien pour apporter ma vision d'homme du terrain, proche de ses concitoyens. Au bout de deux années, j'ai effectivement été élu vice-président du groupe des Républicains.

Vous avez été désigné comme le 44ème député le plus actif sur 577 en 2019 !
JLM. C'est vrai. Je n'ai pas compté mon temps pour m'investir dans ce que je crois. J'ai fait 19 propositions de lois. J'ai été membre de la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'Administration générale de la République et de la Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire. Je me suis engagé sur de nombreux sujets et fait des centaines d'interventions dans l'hémicycle. Et, je ne compte par les amendements déposés ou cosignés ! Car il faut le signaler, notre démocratie est aujourd'hui dévoyée !

C'est un mot fort ?
JLM. C'est mon point de vue après mon passage à l'Assemblée nationale. Et, je vous assure qu'il est partagé par un très grand nombre d'élus. Aujourd'hui, nous sommes dans une monarchie républicaine absolue. Nous sommes très loin de la théorie de Montesquieu concernant la séparation des pouvoirs. Une théorie qui vise à séparer les différentes fonctions de l'État, afin de limiter l'arbitraire et d'empêcher les abus liés à l'exercice de missions souveraines. Nous sommes face à un dévoiement des institutions avec un pouvoir exécutif omnipotent et un pouvoir législatif infantilisé. Il n'y a plus de contre-pouvoir. Et ce depuis le passage au quinquennat, suivi d'un inversement du calendrier électoral. Le président a aujourd'hui les pleins pouvoirs. Le second problème est le non-cumul de mandats. Professionnalisé le mandat de député est une erreur ou une stratégie. Le député s'éloigne du terrain et des citoyens, il devient un exécutant du président.

Si vous deviez retenir quelques-uns de vos travaux ?
JLM. Je suis assez fier d'avoir fait une proposition de résolution visant à la création d'une commission d'enquête sur l'indemnisation des familles de harkis et leurs descendants. C'est un combat juste auquel je crois.
En janvier 2018, j'ai fait une proposition de loi visant à rénover la politique sociale du logement et la loi SRU. Non retenue à l'époque, elle a été reprise, cette année, par le sénateur Michel Bonus qui compte bien s'appuyer sur ce travail pour faire avancer le dossier de la loi SRU.

Texte et photos PRESSE AGENCE

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