06.08.2026
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Editorial

Le mépris du peuple

Ausgabe Nr. 156 · Erschienen am 2. März 2022

Le mépris de la "Macronie"

Un peu trop de "peuple" dans la rue et voilà la "Macronie", experte en mépris, qui se déchaîne ! La majorité présidentielle n'a pas eu de mots assez durs pour discréditer un mouvement populaire, inspiré par celui des camionneurs canadiens. Le 11 février, 3 000 véhicules, de passage à Paris, se dirigeaient vers Bruxelles, centre névralgique de l’Union Européenne. Où on légifère trop et de tout, à tel point que les États n’ont plus leur mot à dire !

Que ces gueux n'avaient-ils pas fait ? Qui étaient ces prolos, avec leur bagnole diesel, qui fument des clopes, qui voulaient manifester à Paris ? Des Français normaux, de vrais Français, loin de l'image détestable de cette élite qui gouverne si mal notre pays depuis 40 ans !

Face à ceux qui réclament un peu de considération, le Gouvernement a répondu par une fermeté extrême.

La réponse gouvernementale

Mais, pour Clément Beaune, qui s'est lâché sur LCI, c'était trop : « Ne tordons pas les mots et la réalité : ce n'est pas le convoi de la liberté, ce qu'on voit là. C'est le convoi de la honte et de l'égoïsme. Ce ne sont pas des patriotes, ce sont des irresponsables ! »

Il a ajouté que c'était l'énième épisode des anti-vax, qui sont pour certains cas à l'évidence complotistes jusqu'au plus haut point. Ils croient que le vaccin est un complot international, une réponse qui consiste à insérer des puces dans les bras des gens. C'est d'ailleurs paradoxal de vouloir se prétendre pour la liberté, quand le projet, c'est de bloquer la route et la vie des gens.

Et dans la critique démesurée et sans fondement, l'obscure secrétaire d’État a été rejointe par Sophia Aram. Cette habituée du mépris, pseudo-humoriste de France Inter, a déclaré : « Je vois des cons, mais je ne vois pas la liberté ». Elle a critiqué au passage « ce curieux attelage venu sucer le pot des antivax-à-moteur à deux mois d'une élection » !

Une terrible ineptie qui a légitimement déclenché l’indignation du collectif « Pas avec ma redevance ».

Les convois de la liberté

On parle des convois de la liberté, repris dans plusieurs pays dans le monde, dont la France. Chez nous, cette initiative a rassemblé d’anciens Gilets jaunes, le peuple qui se lève tôt. Ils protestent contre les restrictions sanitaires liées à la pandémie, contre la hausse du prix du carburant et contre la baisse du pouvoir d’achat. Rien que de très légitime, en somme.

En réponse, les manifestants ont eu droit au mépris de Beaune et de sa clique présidentielle qui perçoivent ces manifestants comme des êtres inférieurs. Des gens venus du fin fond de la France pour simplement crier leur désarroi.

Le Gouvernement a répondu par une fermeté extrême, qu'il ne met jamais en œuvre contre la délinquance qui gangrène les quartiers, les villes et les villages. Résultat : 7 200 policiers et des blindés attendaient, de pieds fermes, les manifestants. Pour maltraiter ces bataillons de travailleurs levés tôt pour monter à la Capitale, par ce petit matin glacial de février.

Pourtant, en France, la devise reste Liberté, Égalité, Fraternité. Mais, sous Macron, elle a perdu de son sens. Comment ne pas être choqué par ces violentes images liberticides, ce policier qui jette à terre le drapeau français, un autre qui braque son arme sur un conducteur ! Les Français attendent que le préfet de police, si prompt à interdire, lance une enquête administrative pour sanctionner ces débordements policiers, inacceptables dans notre démocratie.

Bernard Bertucco Van Damme