06.08.2026
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Editorial

Retraites, une Tartufferie gouvernementale

Ausgabe Nr. 181 · Erschienen am 27. Februar 2023

Par Bernard BERTUCCO VAN DAMME

Une promesse rompue

En avril 2019, le président Macron affirmait qu'il ne fallait pas reculer l'âge de départ à la retraite. Il déclarait alors : « Je ne crois pas [qu'il faille reculer l'âge légal de 62 ans], tant que l'on n'a pas réglé le problème du chômage dans notre pays. Travailler plus longtemps, ce serait hypocrite ! »

Mais, à la tête de l'État, on fait le contraire de ce que l'on dit.

Comme Tartuffe, Élisabeth Borne a annoncé un âge légal de départ à 64 ans en 2030 et une durée de cotisation de 43 ans en 2027.

Un contexte économique et social préoccupant

Pourquoi cette précipitation, alors que les Français viennent de traverser une crise sanitaire sans précédent ? Les signaux économiques sont au rouge : crise de l'énergie, inflation, carences de l'État dans les approvisionnements (médicaments, matières premières, produits agricoles) et dans le système de santé (spécialistes, médecins, infirmières).

De plus, la fourniture d'armes à l'Ukraine et les risques associés inquiètent les citoyens. Pourquoi créer une psychose et un tel découragement ?

Des solutions alternatives ignorées

Notre pays regorge de compétences et a la capacité de produire des richesses, qui doivent bien sûr être partagées. Pourquoi ne pas envisager de revoir le temps de travail à partir de 57 ans pour la fin de carrière des seniors ?

Cette réforme ne prend pas en compte la réalité économique et démographique. Elle ne se demande pas non plus si les différents fonds de réserve des retraites pourront financer les déficits à venir.

Le Conseil d'Orientation des retraites indique un fonds de réserve de 116 milliards d'euros. En ajoutant la réserve de 30 milliards, on atteint 150 milliards.

La Caisse d'Amortissement de la Dette Sociale, créée en 1996 pour éponger les dettes et financée par la CRDS, dégage environ 24 milliards d'euros. Les réserves des régimes, fortes de 180 milliards, permettront-elles de tenir une vingtaine d'années ?

Les retraites complémentaires AGIRC-ARRCO, disposant de 90 milliards de fonds (la moitié des réserves), devraient rester équilibrées d'ici 2050. Le déficit se situerait autour de 1 % du PIB pour les conventions EPR (Équilibre permanent des régimes où l'État est employeur).

La Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse ne dispose d'aucune réserve. Le régime de base des salariés du privé devrait, quant à lui, accuser un fort déficit.

Une partie significative des personnes concernées par la réforme sont hors du marché du travail. Il ne serait pas juste de transférer des fonds des caisses de retraite vers les caisses d'assurance chômage.

Avec une politique plus volontariste axée sur la création d'emplois en recherche et développement, une diminution de certaines aides sociales et une augmentation des salaires, le financement des retraites serait largement assuré.

En réalité, la plus grande victoire sociale de la France réside dans le faible niveau de pauvreté des personnes âgées. Les pensions ont drastiquement baissé, et la France affiche le taux de pauvreté des seniors le plus bas du monde occidental.

La Gazette du Var — La Rédaction