06.08.2026
Zurück zur Ausgabe Nr. 188

Editorial

Fraudes fiscales et sociales, combien ça coûte à la France ?

Ausgabe Nr. 188 · Erschienen am 6. Juni 2023

La fraude sociale sous les feux de la rampe

Bruno Le Maire a haussé le ton, pointant du doigt la fraude sociale lors d'une charge médiatique. "Nos compatriotes en ont ras le bol de cette fraude", a-t-il déclaré, soulignant le mécontentement des contribuables face à des bénéficiaires indus renvoyés à l'étranger.

Nos compatriotes en ont ras le bol de cette fraude.

La gauche, par la voix d'Olivier Faure, secrétaire du PS, a dénoncé des "préjugés racistes" et questionné la révélation de la fraude sociale vers l'étranger. Pourtant, une partie de cette fraude découle du non-respect des règles d'immigration.

L'ampleur du manque à gagner

Les fraudes sociales et fiscales représentent un manque à gagner colossal, estimé entre 80 et 100 milliards d'euros par an. En 2022, l'État et les organismes sociaux ont détecté 1,6 milliard d'euros de fraude sociale. La lutte contre le travail informel a permis des redressements de près de la moitié de ce montant.

En 2020, la Cour des comptes relevait 75,3 millions d'assurés sociaux pour 67 millions d'habitants. La protection maladie universelle bénéficie indûment à 2,5 millions de personnes ne respectant pas les conditions d'activité ou de résidence stable en France.

Les pistes de lutte

Charles Prats, ancien magistrat, détaille dans Le Figaro les abus liés à l'immigration, cause majeure de la fraude sociale. Les secteurs à risque comme le BTP ou la restauration emploient de nombreux étrangers sans titre de travail, utilisant de faux documents pour s'immatriculer frauduleusement à la Sécurité sociale.

On ne pourra donc lutter efficacement qu'en luttant également contre l'immigration illégale.

Le gouvernement va durcir les règles : les allocations familiales et le RSA ne seront plus versés sur des comptes extra-européens. La durée de résidence pour le minimum vieillesse passera de 6 à 9 mois par an. Malgré les 788 millions d'euros redressés par l'Urssaf, le chemin est encore long pour récupérer les 6 milliards liés au travail dissimulé.

Bernard Bertucco Van Damme