06.08.2026
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Editorial

Le Salon de l'Agriculture s'annonce électrique !

Ausgabe Nr. 206 · Erschienen am 19. Februar 2024

La colère des agriculteurs et les accords commerciaux

Tandis que les 27 États membres de l’Union européenne se réunissaient à Bruxelles, des milliers d’agriculteurs manifestaient pour exercer une pression sur les dirigeants européens. Face à leur colère, Emmanuel Macron a affirmé avoir interrompu les négociations de l’accord commercial du Mercosur.

La Commission européenne a cependant assuré qu'il n'en était rien, espérant conclure les négociations avant juin prochain. Cet accord de libre-échange supplémentaire est perçu comme une menace pour l'agriculture française et européenne, toujours sacrifiée par la politique commerciale de Bruxelles.

La prolifération des accords de libre-échange

Sous l'ère Macron, les accords de libre-échange se sont multipliés. Ces dix dernières années, des accords ont été signés avec le Chili, le Canada, et l'Ukraine. Ce dernier, surnommé le grenier de l'Europe, est un producteur mondial majeur de céréales, mais dépend de Bruxelles pour exporter son blé, son maïs et ses poulets depuis 2022.

Des ententes avec la Nouvelle-Zélande et le Kenya ont également été mises en place pour l'importation de viande, avec des conditions préjudiciables pour les éleveurs français. Pourtant, la France devrait être en position de force sur ces dossiers.

Notre pays ne devrait importer que les produits agricoles que nous ne produisons pas.

La nécessité d'un protectionnisme à la française

Ce n'est malheureusement pas le cas. Les responsables politiques devraient mieux protéger nos productions face à la mondialisation et à cet ultra-libéralisme qui a affaibli notre économie. Il faudrait imiter les États-Unis qui appliquent, depuis longtemps, un véritable protectionnisme avec leur doctrine "America First".

Dans la commande publique, que ce soit pour la restauration collective, les écoles, les maisons de retraite ou les hôpitaux, la préférence nationale devrait être privilégiée par l'achat de produits agricoles français.

En 1970, la France comptait 2 millions d'exploitations agricoles. Aujourd'hui, il n'en reste que 400 000. De plus, les importations représentent 60% des fruits et 40% des légumes, alors que le pays était autosuffisant il y a vingt ans. Plus grave encore, un agriculteur se suicide tous les deux jours en France.

Il faut mettre fin à cette dérive fédéraliste de l'Union européenne, souhaitée par Macron, qui étouffe l'Europe d'accords déloyaux et de normes bureaucratiques excessives. Le monde agricole est exaspéré par ce double discours gouvernemental, qui compatit à leur malheur en France tout en approuvant des décisions néfastes à Bruxelles. La FNSEA et la Coordination Rurale donnent rendez-vous au Gouvernement au Salon de l'Agriculture, qui s'annonce électrique si la situation n'évolue pas.

Venir "caresser le cul des vaches" ne suffira pas à calmer la colère du monde agricole.

Bernard Bertucco Van Damme