06.08.2026
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Editorial

Édito — n°73

Ausgabe Nr. 73 · Erschienen am 21. Januar 2019

Par Jean-Pierre Giran

Tous les Français ont pu lire la lettre d’Emmanuel Macron qui devait lancer le Grand Débat National. Censée apaiser la colère des Français revêtus de leur gilet jaune, elle est rudement critiquée : trop longue, sans émotion et empathie, bla-bla, c’est pipé, gain de temps, le terme enfumage est le plus souvent utilisé dans les commentaires.

Le prix du carburant et les inégalités

Le 17 novembre 2018, l’énoncé du problème avait pourtant été clairement défini : le prix du carburant. Pourquoi faire payer à ceux qui souffrent, la facture de ce que l’on appelle la transition énergétique ? De fait, la manifestation des Français en gilet jaune a révélé plusieurs grands dysfonctionnements dans la marche de notre pays, surtout les inégalités.

Il y a la France qui travaille dur, qui fait des efforts, qui ne gagne que le SMIC ou encore moins dans les campagnes. Et, en même temps, de très hauts fonctionnaires gagnent 150 à 200 000 € par an ! Pour quels résultats quand on voit l’état de notre pays !

Les Français en gilet jaune ont envoyé aux députés, mi-décembre 2018, un cahier de revendications qui exprime leurs attentes, en termes de fiscalité, organisation de l’État, écologie, démocratie.

Les thèmes que présente Emmanuel Macron dans sa lettre ont déjà été définis. Donc, ce Grand Débat National paraît inutile. Grâce aux gilets jaunes, le locataire de l’Élysée a enfin traversé la rue, à Bourgthéroulde, pour découvrir à l’écoute de 600 maires que rien ne va plus en France (Baisse des dotations, fracture territoriale : 8 fonctionnaires pour 1 000 habitants en Moselle, 81 pour 1 000 en Région Parisienne, 94 pour 1 000 en Corse du Sud).

Un exercice démocratique pour être face à la dure réalité du peuple. En même temps, ce sont les Français de base qui vont donner des idées à ceux qui sont grassement payés pour en avoir !

Dans son courrier, le président affirme qu’il n’y a pas de sujets tabous pour mieux affirmer, ensuite, que les réformes accomplies ne seront pas remises en cause. Dialoguons de tout, mais surtout de ce que je veux ! Et, il l’a répété : « On va regarder ». Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu.

Des propos qui ont fait comprendre aux français en gilet jaune, à la fin, malgré la concertation et le Grand Débat National, celui qui fera la synthèse et choisira les points à faire évoluer pour eux, c’est Macron !

La question de la représentation

L’on peut comprendre qu’à la révolution nous ayons eu besoin d’envoyer un représentant du peuple à Paris. Mais, aujourd’hui avec Internet, les réseaux sociaux, et l’information qui file à la vitesse de la lumière, avons-nous encore besoin de 600 000 élus en France ? Des maires certainement.

Mais avec 577 députés et 348 sénateurs, nous sommes les champions du monde. C’est pour cela que tout va bien en France ! En ce début de 21ème siècle, face aux grands enjeux qui se dressent pour notre pays, la France, à l’heure de la mondialisation, les échanges commerciaux sont disproportionnés ! (Déficit de la balance du commerce extérieur avec la Chine 50 milliards).

Le livre de Denis Jacquet & Homéric de Sarthe Éditions, nous explique : « Pourquoi, demain, votre prochain patron sera Chinois » car l’Empire du Milieu inonde la planète.

Ajuster les voiles

En effet, il faut réindustrialiser notre pays, créer des emplois, créer des richesses, revenir sur un traitement plus égalitaire des salaires, revoir en urgence les moyens pour pallier aux fractures sociales et territoriales. Dans son courrier aux français, Macron a choisi, systématiquement, de mettre en scène le fait qu’il maintient le cap.

Finalement, il aurait dû s’inspirer de la voile : Le pessimiste se plaint du vent, l’optimiste espère qu’il va changer, mais le réaliste ajuste ses voiles ! Jamais sous la 5ème République, un président, aussi récemment élu, n’a été contraint de présenter, aussi rapidement, un nouveau contrat démocratique. La confiance, cela se mérite ! Pour citer Beaumarchais, « sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ».

Prudence à l’écoute des derniers propos de Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires (Sic) : « En France, il y a des institutions, des assemblées, un gouvernement... Elles fonctionnent et il n’est pas question de remettre en cause les fondements de notre démocratie. Les issues de ce débat vont être de différentes natures : certaines législatives ou institutionnelles, d’autres opérationnelles. Emmanuel Macron a dit qu’il tirerait les conclusions de ce débat, mais cela ne signifie pas obligatoirement un référendum. Attention à ne pas tout fragiliser ». Bernard BERTUCCO VAN DAMME

La Gazette du Var — La Rédaction