L'immigration en France : une histoire et des chiffres
Selon le Centre d’Observation de la Société, la France a toujours eu recours à l'immigration pour pallier un manque de main-d'œuvre. Dès les années 1920, la Société générale d'immigration, une société privée, a été créée. Après 1945, c'est l'Office national de l'immigration, une institution publique, qui a pris le relais.
Au début, il s'agissait principalement d'immigrés italiens, polonais ou espagnols, partageant une culture chrétienne et gréco-romaine. La France n'a pas manqué de bras ni de courage, malgré les pertes humaines considérables de la Première Guerre mondiale. Le pays a dénombré 2 millions de morts et 700 000 disparus, laissant 27 % de ses jeunes hommes de 18 à 27 ans dans les tranchées.
Un changement de visage démographique
À cette tragédie s'est ajoutée la grippe espagnole, encore plus dévastatrice que la Covid-19, causant 400 000 décès. La population française est ainsi passée de 41,6 millions d'habitants en 1913 à 38,5 millions en 1920. Face à ces pertes humaines, un grand nombre de nationalités, venues d'Europe, d'Afrique ou d'Asie, se sont établies sur le sol français.
En 2014, six millions d'immigrés résidaient en France, dont deux millions d'Européens (36 %). Les Portugais étaient les plus nombreux, dépassant les Italiens et les Espagnols. Historiquement, l'Italie a fourni la plus importante vague migratoire, atteignant un pic dans les années 1930 où les Italiens représentaient 2 % de la population.
Les défis de la ségrégation résidentielle
Alors que la France n'a pas connu de guerre depuis 70 ans et fait face à des difficultés économiques, une étude de France Stratégie s'est penchée sur la ségrégation résidentielle. Cette étude, basée sur des données de l'INSEE, valide pour l'extrême droite la thèse du "grand remplacement".
Selon France Stratégie, la proportion d'enfants immigrés extra-européens en France est en forte augmentation. En près de 30 ans, la part des immigrés, notamment africains, a connu une hausse spectaculaire. Les grandes villes françaises, comme Paris, ont vu le pourcentage des 0-18 ans immigrés ou enfants d'immigrés passer de 22,4 % en 1990 à 37,4 % en 2017.
L'interdiction des statistiques ethniques en France « pour ne pas discriminer » se retourne contre les populations immigrées et devient embarrassante pour la puissance publique.
Dans certaines communes et régions, ce basculement est particulièrement marqué. À La Courneuve, 75 % des 0-18 ans sont nés de parents immigrés extra-européens. En Bretagne, l'agglomération de Rennes comptait 22,8 % d'enfants de parents immigrés extra-européens parmi les 0-18 ans en 2017. À Limoges, ce chiffre s'élevait à 27,5 %. En 2019, un record absolu de 469 000 étrangers se sont légalement installés en France, sans compter les entrées clandestines. Au regard de ces analyses, une véritable politique de régulation s'impose face à cette démographie extra-européenne.
Bernard Bertucco Van Damme