08/06/2026
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Editorial

La France produit de moins en moins de jeunes patriotes

Edition No. 187 · Published on May 22, 2023

La jeunesse, pilier essentiel des armées

Par Yann BIZIEN

Or, sans jeunesse, les armées, même bien équipées, ne sont plus rien. Pour faire la guerre, les armées ont besoin d’un capital de jeunes bien sélectionnés, entraînés, aguerris, motivés, encadrés et commandés. Elles mettent en œuvre leur potentiel défensif et offensif, de plus en plus automatisé, avec des opérateurs hyper-spécialisés formés à grand frais. Elles font face à une forte concurrence avec les métiers de pointe de l’industrie aéronautique et navale.

On ne mène pas des batailles exigeantes et on ne gagne pas des guerres avec des armées de vieux. Les armées ont un besoin vital de jeunesse.

Un recrutement en crise

Depuis des années, nos armées font face à une rupture de contrat de plus en plus inquiétante qui les fragilise et les vulnérabilise quand elles doivent répondre à une augmentation rapide et significatif de leurs ressources. Bref, les armées ne sont pas en mesure de remplir leur contrat de recrutement annuel sereinement.

À chaque armée ses propres enjeux de recrutement et ses propres besoins annuels. À chaque armée, sa logique de milieu.

Notre société produit de moins en moins de jeunes patriotes pétries par l’esprit de défense et compétents pour l’exercice du métier militaire. Elle n’est plus en mesure de fournir en quantité et en qualité les flux de jeunes combattants dont les armées ont besoin pour remonter rapidement en puissance. La diversité à marche forcée, l’absence d’assimilation des étrangers et les défaillances de l’Éducation nationale empêchent une amélioration qualitative et quantitative du recrutement des armées à court et moyen termes.

Les jeunes sont moins solides, moins mobiles, moins disponibles, moins endurants et moins fidèles. Ils sont moins aptes aux absences de longue durée, à l’épreuve du feu et à la conflictualité que leurs grands aînés. Beaucoup ont eu une adolescence plutôt sédentaire, marquée par une forte dépendance numérique et digital. Et, les jeunes se projettent moins dans le temps et dans l’espace. Ils ne voient pas plus loin que l’horizon, aspirant à un mode de vie incompatible avec celui des armées.

Les armées ont pourtant une longue culture de la conquête des jeunes, de leur préparation militaire, de leur gestion et de leur reconversion. Elles font des efforts financiers très importants pour recruter et améliorer la condition militaire et pour fidéliser.

L'enjeu stratégique des ressources humaines

Les ressources humaines constituent le premier socle et rempart des armées. Il suffit d’une défaillance d’un seul à bord d’un char de combat, d’un hélicoptère ou d’une frégate armée pour impacter la mission. Un seul soldat, marin et aviateur manque à l’appel et plus rien ne fonctionne. Dans les armées, chacun compte, et le chef compte sur tous.

L’adéquation du potentiel humain avec les besoins et les missions des armées est un enjeu stratégique qui conditionne l’efficacité de notre défense et de notre sécurité.

S’il fallait faire face à une guerre de haute intensité et de long terme, notre défense n’est plus garantie dans l’espace et dans le temps. Et, les conditions, qui ont conduit à notre défaite en mai 1940 (*), sont encore bien pires aujourd’hui.

(*) Lire l’étrange défaite de Marc Bloch.

La Gazette du Var — La Rédaction