06/08/2026
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El editorial

Édito — n°108

Edición nº108 · Publicada el 8 de mayo de 2020

Un plan de sortie du confinement qui divise

C’est fait ! Édouard Philippe a présenté à l’Assemblée nationale les grandes lignes du plan progressif de la sortie du confinement, prévue le 11 mai, suivie d’une autre étape, le 2 juin. Cette sortie va colorer notre pays en vert ou en rouge.

Mais, on reste encore dans le vague. Le verdict va tomber le 7 mai, avec de nouvelles dispositions au regard de l’évolution épidémique. Si les indicateurs sont mauvais, le confinement pourra être maintenu.

Une chose est sûre : ce plan n’a pas reçu un grand succès auprès des députés de l’opposition. Pour Jean-Luc Mélenchon (LFI), c'est "odieux de laisser aux parents la décision d’envoyer ou pas leurs enfants à l’école, coincés entre l’impérative obligation du retour au travail et le choix de mettre leurs enfants au contact de la maladie".

"Les ordres et contre-ordres se sont succédés. Le 31 mars, Macron a dit qu’il fallait rendre des comptes. Je crois que ça vaut pour vous !"

Des critiques sur la stratégie gouvernementale

La décision de rouvrir les écoles est délicate, surtout après les alertes de la Grande-Bretagne et des hôpitaux Trousseau et Necker où des jeunes enfants ont été hospitalisés, et mis en réanimation dans un état grave, avec des symptômes inflammatoires des artères. Pour LR, le député Damien Abad fait ce constat : "Nous ne pouvons pas donner un blanc-seing au Gouvernement, après des injonctions contradictoires et de nombreux errements, sur les masques, les tests ou dire à nos concitoyens : prenez une location à l’autre bout de la France par rapport où vous habitez".

Enfin, le groupe PS a plaidé pour des masques gratuits et l’abandon du controversé projet de traçage « Stop Covid », à partir des données des téléphones portables. Mais cette application a du plomb dans l’aile après le refus d’Apple de l’installer sur les iPhones !

Un impact lourd pour le Var et l'économie

De plus, les mesures du plan Philippe ne vont pas arranger la situation des activités touristiques du Var. Puisque les plus touchés par la crise (bars, cafés, plages et restaurants) restent fermés, avec une réouverture prévue le 2 juin. Sans garantie du Gouvernement. Et, comme les déplacements sont interdits au-delà de 100 km du domicile, cela rend impossible pour les propriétaires de résidence secondaire de venir profiter de notre belle région.

Les dernières déclarations de Sibeth Ndiaye, la porte-parole du Gouvernement, ont ajouté de la détresse psychologique à bon nombre des entreprises qui avaient encore quelques lueurs d’espoir : "Je ne peux pas garantir que les restaurants seront ouverts le 2 juin". C’est donc la triple peine pour la région Sud ! Reste la souhaitable réorganisation prévisible (et complète) du commerce mondial, après la fin de la pandémie.

Partie de Chine, la pandémie va faire le bonheur de l’économie chinoise ! Pourquoi ? Parce que ce pays fournit 80 % des médicaments consommés en France, et une grande partie des masques et des tests que nous utiliserons ces prochains mois ! Ne commettons pas l’erreur des Anglais, qui ont acheté cash des tests dont 40% étaient périmés !

En France, l’Union sacrée, vantée par Macron, éventuelle ne convainc pas. Des citoyens accusent les ministres d’avoir diffusés des informations mensongères. Souvenons-nous de cette phrase, désormais historique, d’Agnès Buzyn, reprise en cœur par Olivier Véran, Jérôme Salomon et Sibeth Ndiaye : « Les masques sont inutiles à porter ». Sauf que maintenant, les 67 millions de Français doivent en porter ! Allez comprendre !

Mais ne comptons pas trop sur le Gouvernement pour la distribution à chacun d’entre nous. Mieux vaut s’équiper personnellement d’une bonne vieille machine à coudre, de tissus et d’élastiques de récupération. Ce sera beaucoup plus sûr et efficace pour se protéger contre le virus !

Pendant ce temps, l’économie est à l’arrêt complet. En mars, le nombre d’offres d’emploi a diminué de 70 %. Plus de 65 % des salariés sont au chômage partiel, à la date du 1er mai. Et la dépense publique dépasse les 70 milliards. À la suite des cessations d’activités, le nombre de chômeurs va exploser d’ici la fin de l’année. Le déficit va se traduire par une augmentation exponentielle de la dette du pays. Une crise budgétaire sans précédent s’annonce pour la France.

Bernard BERTUCCO VAN DAMME

La Gazette du Var — La Rédaction