06/08/2026
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El editorial

Macron, un libéral liberticide

Edición nº157 · Publicada el 14 de marzo de 2022

Un quinquennat sous tension

Depuis 2017, les libertés publiques et individuelles sont mises à mal. Des questions se posent sur la liberté de manifester, d’informer, et sur l’usage de la force par les policiers. Plusieurs textes de loi ont entretenu ce sentiment d’un président qui a fait pencher la balance du côté de la sécurité, au détriment des libertés.

Le quinquennat de Macron a été marqué par de fortes tensions lors des manifestations des Gilets jaunes, suivies de violences policières. Du jamais vu depuis Mitterrand ! Pour François Patriat, président du groupe des sénateurs LREM : « Il y a eu des mesures justes, qui ne sont pas liberticides. En matière de sécurité, Emmanuel Macron a pris les mesures qu’il fallait prendre ».

Lois et critiques

Plusieurs lois votées au Parlement ont été dénoncées par les défenseurs des libertés. En 2017, la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme a intégré dans le droit commun les dispositions de l’état d’urgence, prolongé depuis les attentats de 2015. Pourtant, dans son livre programme « Révolution », en novembre 2016, Macron disait que la « prolongation sans fin (de l’état d’urgence) pose plus de questions qu’elle ne résout de problèmes. Nous ne pouvons pas vivre en permanence dans un régime d’exception ». Visiblement, il a changé d'avis.

En plus, la proposition de loi, dite « anticasseurs », déposée par le président du groupe LR au Sénat, B. Retailleau, et reprise par le gouvernement, a été critiquée. Effaré, le député centriste Charles de Courson a lancé : « C’est la dérive complète ! On se croit revenu sous le régime de Vichy » !

Le maintien de l'ordre en question

Il y a aussi la question du maintien de l’ordre. Certes, l’État détient le monopole de la violence légitime selon le sociologue allemand Max Weber. Mais pas celui de l’usage disproportionné ou injustifié de la force. Un an après le mouvement débuté le 17 novembre 2018 sur les ronds-points, le bilan est lourd. 11 personnes ont perdu la vie. Zineb Redouane, 80 ans, est morte après avoir reçu une grenade lacrymogène au visage dans son appartement, à Marseille.

Chez les manifestants, on compte 4 439 blessés. Deux fois moins côté forces de l’ordre avec 1 944 blessés. Parmi les Gilets jaunes, 24 ont été éborgnés, 5 ont eu la main arrachée. 10 718 ont été placés en garde à vue et 2 000 ont été condamnés dont 40 % à de la prison ferme.

En septembre 2020, l’Intérieur a défini une nouvelle doctrine de maintien de l’ordre. Désormais, l'usage des LBD est encadré, les grenades des forces de l’ordre ont été remplacées et les sommations modernisées. Le recours à la technique de la nasse et la place réservée aux journalistes ont été censurés par le Conseil d’État, la nasse étant susceptible d’affecter la liberté de manifester et de porter atteinte à la liberté d’aller et venir. Quant aux journalistes, ils doivent pouvoir exercer librement leur mission d’information. Une mission de plus en plus difficile à remplir.

Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux.

Bernard Bertucco Van Damme