06/08/2026
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El editorial

Suicide des policiers, qui sont les responsables ?

Edición nº158 · Publicada el 28 de marzo de 2022

Un fléau qui ne cesse de grandir

Sur les cinq dernières années, le taux de suicide moyen en France est de 14 pour 100 000 habitants. Celui de la Police nationale s'élève à 30 pour 100 000 agents, soit un taux deux fois supérieur. Ces chiffres terrifiants décrivent les difficultés de la profession de policier dans notre pays.

Éreintés par la complexité d’un métier qu’ils avaient rêvé avant de l’endurer, les policiers trouvent dans le suicide un fatal et terrible dénouement. Depuis le début de l’année, 18 policiers se sont ôtés la vie, soit un suicide tous les quatre jours.

Des drames qui se multiplient

Début mars, le corps sans vie d’un brigadier-chef à la sûreté urbaine du commissariat de Draguignan, marié et père de trois enfants, a été retrouvé à son domicile. Quelques jours plus tôt, un policier de 32 ans a sauté du haut du viaduc de Millau.

Au commissariat de Rennes, un policier s’est suicidé en se lançant du toit de l’Hôtel de police. Dans le Nord, une policière de 23 ans du commissariat de Lille s’est suicidée chez elle avec son arme de service. Quelques jours après, un autre policier lillois de 33 ans s’est suicidé à son domicile. Même un policier réserviste de 61 ans s’est suicidé dans le commissariat de Besançon.

En une vingtaine d’années, 1 100 fonctionnaires de police se sont donnés la mort. Et rien ne vient enrayer ce désastre. Sur la période, la terrible moyenne reste de 45 suicides par an, soit près d’un par semaine.

Et rien ne vient enrayer ce désastre.

Les causes et les constats

La profession va mal, la santé psychologique des policiers est menacée. Selon la MGP, mutuelle des forces de sécurité, 25 % des policiers disent avoir eu des pensées suicidaires et avoir entendu des collègues exprimer cette intention. Cette détresse psychologique proviendrait d’une mauvaise ambiance au travail et d’une hiérarchie qui n’est pas à l’écoute.

Ce qui explique pourquoi près de 50 % des policiers disent avoir envisagé de se suicider. SGP Police s’est alarmé : « Il faut remettre l’humain au centre des préoccupations ». Pour SOS Police en détresse, association d’entraide entre policiers, « c'est un syndrome de stress post-traumatique par accumulation qui conduit à la dépression ».

Compatissant, le ministre de l’Intérieur explique que « l'essentiel des suicides a un lien direct avec la vie personnelle et non pas professionnelle. Les policiers ayant une arme de service, cela contribue au passage à l'acte plus que dans d'autres administrations. L'administration ne se sent pas dédouanée des drames que nous connaissons ».

La DG de la police n’est pas restée inactive, en renforçant le réseau des agents sentinelles pour détecter ceux présentant des signes de fragilité et en créant le SSPO, service d’aide aux personnels, à visée psychothérapeutique et préventive. Confrontée à la violence des quartiers populaires qui cristallisent les tensions sociales, symboliques et politiques, la police devrait avoir la reconnaissance de la Nation. C'est loin d'être le cas. Et, pourtant, face au suicide des policiers, c'est bien la Nation toute entière qui est responsable. Vous, moi et tous les autres !

Bernard Bertucco Van Damme