06/08/2026
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L’édito

En Afghanistan, 20 ans de guerre pour rien !

Édition n°142 · Parue le 1 septembre 2021

L'Afghanistan, un écho douloureux

Le poète Térence écrivait : « Rien de ce qui est Afghan ne nous est étranger » ! C'est encore plus vrai depuis 2001, date à laquelle les États-Unis sont entrés en guerre contre les talibans, les accusant de cacher les forces d'Al-Qaïda, responsables des attentats sur le sol américain.

Après le retrait précipité des forces américaines, on ne peut que déplorer l'effondrement aussi rapide du pouvoir afghan, après 20 ans d'une guerre qui n'aura servi à rien. Le pays se retrouve désormais aux mains des insurgés talibans.

Ces derniers sont des milliers d'hommes de l'ethnie Pachtoune, décidés à construire un Émirat islamique basé sur la charia. Il y a peu de doutes sur la nature du régime qui sera mis en place.

L'urgence de fuir et les dilemmes européens

Depuis leur reconquête, des milliers d'habitants opposés aux talibans cherchent à fuir en Europe. Ils n'ont pas oublié les fermetures d'écoles, l'interdiction de la musique et de la télévision, les mariages forcés, les viols, les exécutions et les exactions commises par les talibans durant leur avancée sur Kaboul.

Face à cette situation, les puissances occidentales, dont la France, sont empêtrées dans des positions et des solutions toutes plus insatisfaisantes les unes que les autres.

Les enjeux migratoires en France

En 2020, quelque 50 000 Afghans ont demandé à s'installer dans l'Union Européenne. En France, 16 700 demandes afghanes sont en cours d'examen, alors que notre pays a abandonné le théâtre des opérations militaires en Afghanistan depuis 2012.

Avant, les raisons de cette migration étaient économiques (hommes seuls) et liées à l'insécurité dans un pays où la seule activité rémunératrice est la production d'opium, le premier producteur mondial. Il serait logique d'autoriser l'accueil de quelques centaines d'Afghans en situation de danger, reconnus par la France pour leur collaboration avec l'ambassade ou les troupes françaises, comme les interprètes.

Mais la France doit-elle accepter sur son territoire une population à l'identité incertaine, avec un risque non négligeable d'éléments terroristes islamistes ou liés au banditisme ? Sans doute pas !

L'interdiction, ou non, de cette migration constituera un enjeu politique pour 2022.

Emmanuel Macron, dans sa dernière allocution, a bien compris cet enjeu et indique que la déstabilisation de l'Afghanistan risque d'entraîner des flux migratoires irréguliers vers l'Europe. Il a déclaré : « La France continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés. Nous prendrons toute notre part dans le cadre d'un effort international organisé et juste ».

En appelant l'Europe à se protéger des flux migratoires irréguliers, le chef de l'État a choqué les partis de gauche. Ces derniers sont prêts à accueillir encore plus de réfugiés mais restent incapables de gérer les problèmes nés de l'immigration massive dans les quartiers sensibles de leur ville.

Olivier Faure, premier secrétaire, exige : « Il faut accueillir ceux qui relèvent du droit d'asile ». Anne Hidalgo, maire de Paris, appelle à soutenir la résistance aux talibans. Le maire de Montpellier ajoute : « La France, en fidélité à ses valeurs, doit donner asile à ceux qui sont menacés par le fanatisme ».

Pour La France Insoumise : « L'urgence pour Macron vis-à-vis des victimes des talibans ? Contrôler les flux migratoires irréguliers ». « Pourvoir Féministe » a lancé une pétition pour exiger de Macron l'accueil des défenseuses afghanes des droits des femmes. Enfin, la LICRA, égale à elle-même, a dénoncé la nature totalitaire de l'idéologie qui anime les talibans et les tragédies humaines qu'annonce cette prise de pouvoir. Elle a déclaré : « La situation géopolitique appelle à la plus grande vigilance, dans un contexte de crises majeures, contre toutes entreprises de déstabilisation, intérieures ou extérieures ».

Bernard Bertucco Van Damme