06/08/2026
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L’édito

Trois mois après les émeutes, Macron réfléchit encore...

Édition n°196 · Parue le 25 septembre 2023

Un climat de défiance

Après les lourdes émeutes de juin, la réforme des retraites, l'inflation persistante, la hausse des carburants et des taxes foncières, la situation des urgences hospitalières s'est dramatiquement dégradée. Un service sur deux a même fermé cet été, reléguant ces problèmes au second plan de l'actualité.

Promesses non tenues et confiance érodée

Le 24 juillet, Emmanuel Macron avait promis un professeur devant chaque classe à la rentrée. Cependant, les premiers bilans des parents et des syndicats indiquent que cette promesse n'est pas tenue. Il manque toujours des enseignants, avec un établissement sur deux affecté par ce manque.

Le message présidentiel est inaudible pour une partie de l'opinion qui attend des mesures concrètes.

Le président voit sa cote de confiance chuter, atteignant seulement 28% selon le baromètre des Échos. Les classes populaires, qui ne perçoivent aucune amélioration de leur pouvoir d'achat, ne lui font plus confiance. La ristourne sur l'essence, rapidement écartée par Bruno Le Maire, illustre cette déconnexion.

Les émeutiers : profils et motivations

Un rapport de l'Inspection Générale de l'Administration (IGA), rendu fin août, éclaire le profil et les motivations des délinquants interpellés lors des violences urbaines de fin juin et début juillet. Ces dix jours de troubles ont touché 70 départements, affectant des zones périurbaines, des villes moyennes, des petites communes urbaines isolées, des zones rurales, ainsi que des centres-villes, et pas seulement les quartiers sensibles.

L'IGA met en avant des motivations opportunistes et l'influence du groupe, majoritairement composé d'hommes âgés de 18 à 24 ans, célibataires et sans enfants à charge. Parmi eux, une part significative est hébergée gratuitement, inactive, sans diplôme ou avec un diplôme inférieur au Bac.

Dans les Quartiers de la Politique de la Ville (QPV), des préadolescents sont déjà impliqués dans des bandes et des confrontations avec la police. La sénatrice J. Eustache-Brinio a soulevé la question de l'origine migratoire de nombreux jeunes impliqués dans ces exactions, affirmant qu'ils n'aiment pas la France.

Le sociologue Thomas Sauvadet anticipe la répétition de tels événements, prévenant le gouvernement et le président. La question demeure : agiront-ils ? Rien n'est moins sûr.

Bernard Bertucco Van Damme