06/08/2026
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L’édito

Quelle Europe après le 9 juin ?

Édition n°213 · Parue le 28 mai 2024

Un paysage politique européen fragmenté

À l'heure de notre article, une trentaine de listes se présentent aux élections européennes. Parmi elles, on retrouve des figures nationales telles que Jordan Bardella (Rassemblement National), Valérie Hayer (Renaissance), Raphaël Glucksmann (Parti socialiste), Manon Aubry (LFI), Marie Toussaint (Europe Écologie), François-Xavier Bellamy (Les Républicains), Marion Maréchal (Reconquête) et Léon Deffontaines (PCF).

Des visions divergentes pour l'Europe

Pour Jordan Bardella, l'objectif est une "Europe qui protège, qui produit et qui respecte les nations". Le Rassemblement National place la lutte contre l'immigration au cœur de son programme, la considérant comme une "menace existentielle pour notre continent".

Raphaël Glucksmann, quant à lui, dénonce la "faillite stratégique de Macron" et souhaite une Europe "à nouveau un continent de producteurs". Son projet "Buy European Act" vise à favoriser les industriels européens pour les commandes publiques.

Valérie Hayer, soutenue par Emmanuel Macron, représente une liste qui bénéficie de l'appui présidentiel. Marion Maréchal exprime une opposition ferme à "l’infiltration wokiste et islamos-gauchiste dans nos universités" et critique la "fuite en avant militaire" d'Emmanuel Macron. Elle s'oppose également à la candidature d'Ursula von der Leyen, dont le bilan est jugé "catastrophique".

Les résultats vont définir le rapport des forces au Parlement européen pour les années 2024-2029.

Le débat entre fédéralisme et Europe des nations

Un clivage majeur se dessine : certains souhaitent une Europe fédérale qui remplacerait les États-nations, tandis que d'autres défendent "l'Europe des Nations", en droite ligne avec la pensée du général de Gaulle.

Le général de Gaulle prônait une Europe des États, refusant tout abandon de la souveraineté française face aux conceptions supranationalistes. Il aspirait à une Europe unie de l'Atlantique à l'Oural et était ouvert à l'adhésion de nouveaux membres.

Cependant, il avait mis son veto à la candidature britannique au Marché commun, y voyant un "Cheval de Troie" des États-Unis.

Bernard Bertucco Van Damme