Par Bernard BERTUCCIO VAN DAMME
Un choix européen qui fait débat
Étrange Parlement qui considère que la licence de consommation de drogue ! On marche sur la tête ! Tant qu'il y aura des consommateurs de drogue, il y aura des trafiquants. Seules des sanctions fortes contre la consommation de drogue peuvent dissuader la demande.
La France est souvent citée comme le pays qui compte les plus gros consommateurs de cannabis d'Europe, version récréative. Aucun gouvernement français n'a jamais avancé vers la dépénalisation ou la légalisation.
Pendant ce temps, l'Allemagne devient le cinquième pays au monde à légaliser l'usage récréatif du cannabis, après Malte et le Luxembourg. Un choix qui accentue la fracture du consensus mondial sur la prohibition.
L'Allemagne ouvre la voie
Cette disposition a pris effet début avril, avec la mise en place d'un circuit à but non lucratif, des doses limitées et l'autorisation de la culture à domicile. Cette décision a été prise par la coalition socialiste, écologiste et libérale du gouvernement allemand, provoquant une opposition de responsables politiques de droite, de médecins et de spécialistes.
Car, la légalisation de la production, du commerce et de la consommation du cannabis en Allemagne va impacter la France, ouvrant le marché de la drogue aux frontalier, voire à tous les consommateurs potentiels, même si des dispositions seront prises pour limiter la vente à des étrangers.
Pourtant, cette décision allemande, défendue par la gauche et l'extrême-gauche relance la question en France. La maire écologiste de Strasbourg a demandé une expérimentation sur la consommation et la culture de cannabis dans sa ville. La préfecture a émis (pour l'instant) un refus.
Car, la production, la vente et la consommation du cannabis en France ne mettra pas un terme aux trafics, au regard de la concurrence sur les prix, la qualité et la quantité.
Les risques pointés du doigt
Dans son avis, du 24 janvier 2023, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a émis un avis favorable à la dépénalisation encadrée de l'usage de la drogue cannabis. Les partis de Droite jugent que le risque d'une dépénalisation du recours au cannabis récréatif existe.
Au contraire, cela risque d'encourager une consommation supplémentaire, voire généralisée, qui ouvrira la porte à une croissance de la vente des autres drogues. Et, plus grave, la dépénalisation va débuter par le cannabis mais il y a un risque que cela s'étende à d'autres drogues.
En 2023, l'Académie nationale de médecine a rappelé : « La toxicité du principal constituant psychotrope de la drogue, le tétrahydrocannabinol (THC) est établie : toxicité physique supérieure à celle du tabac (cancers, infarctus, troubles du rythme cardiaque, AVC, artérites), induction ou aggravation de la schizophrénie), effets sur la grossesse et sur la descendance, modifications épigénétiques. Il est aussi un inducteur de violences familiales, professionnelles, routières ».
Mais qui se soucie de la santé des consommateurs en France ? On préfère réprimer les propriétaires de chiens ! Comme à son habitude, le gouvernement est fort avec les faibles mais faible avec les forts !
La Gazette du Var — La Rédaction