Crise économique : un mal français ?
Depuis quelques années, tous les baromètres économiques indiquent une chute des affaires avec le plus bas niveau atteint en 2021, quand la crise sanitaire battait son plein. Désormais, c'est la colère paysanne qui gronde dans le pays, protestant contre l'accord de libre-échange avec les pays d'Amérique du Sud.
En colère, les agriculteurs sont prêts à un long mouvement de protestation. Ils estiment avoir été dupés par les gouvernements Attal et Bayrou qui vont sacrifier notre modèle agricole.
La crise industrielle actuelle pourrait conduire à un terrible effet domino et à un dangereux décrochage de la France dans l'économie européenne et mondiale.
La filière industrielle en péril
Sans oublier la crise dans la filière industrielle. Ainsi, VENCOREX, un sous-traitant d'Arkema en Isère, connaît un sort incertain qui démontre la menace existentielle de toute la filière française de la chimie. De plus, Michelin a également annoncé la fermeture de l'usine de Cholet (955 salariés).
Au total, 1 250 salariés seraient concernés. Ce serait la 6ème fermeture d'usine de Michelin en France en 20 ans. Comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, c'est aussi Arcelor Mittal qui envisage la fermeture de deux sites à Reims et à Denain soit la suppression de 200 salariés.
Une décision prise en réponse à une situation économique tendue dans la production automobile et dans l'industrie métallurgique. Ce qui est sûr, c'est que le mal français ce n'est pas créer des richesses mais plutôt une course à l'échalote entre les villes, les régions et les départements qui se disputent les rares créations d'entreprises !
La grande distribution touchée
Ce qui est plus grave c'est que même la grande distribution est touchée avec l'annonce de grands plans sociaux. Après la déconfiture du groupe Casino, c'est Auchan - Mulliez, enseigne de supermarchés, qui pèse 28 milliards d'€, qui va laisser 2 400 salariés sur le carreau.
Sa holding a annoncé une perte nette de près d'un milliard d'€ sur les six premiers mois de 2024. Sa faiblesse structurelle repose sur son modèle qui n'est plus pertinent aujourd'hui. En effet, Casino est bâti comme Carrefour sur un modèle d'ensemble tandis que les hypermarchés d'Édouard Leclerc s'appuient sur des entreprises indépendantes, permettant aux magasins d'être plus compétitifs dans les prix de vente.
En réalité, une seule question se pose. La mondialisation est-elle allée trop loin ? Pour mémoire, ce résultat est la grande conséquence de la création de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en 1995. Sous l'impulsion de l'OMC durant 30 ans, la France (et les pays occidentaux), ont acté pour la libéralisation du commerce.
L'OMC était l'héritière du GATT, un accord temporaire, adopté en 1947, sur les tarifs douaniers et le commerce. L'OMC devait faire face à de nombreux défis liés aux changements de l'économie mondiale et au contexte géopolitique. Malheureusement, les membres de l'OMC n'ont pas réussi à s'entendre sur de nouvelles règles concernant les produits agricoles et industriels, ce qui a mis en évidence les intérêts conflictuels entre les pays en développement et les pays développés.
Le système institutionnel s'est effondré. L'OMC n'est plus écoutée, fort heureusement mais le mal est fait. En riposte, une nouvelle institution est née avec 32 pays sous l'appellation des BRICS, représentant la moitié de la population mondiale.
Bernard Bertucco Van Damme