06/08/2026
Retour à l’édition n°238

L’édito

La proportionnelle, c'est le retour à la 4ème République !

Édition n°238 · Parue le 5 juin 2025

Le scrutin proportionnel, un débat relancé

Le Premier ministre François Bayrou milite activement pour l'instauration du scrutin proportionnel aux élections législatives. Depuis sa nomination à Matignon, ce sujet est revenu au premier plan, ouvrant la voie à un débat attendu. Une simple loi suffirait pour organiser ce mode de scrutin.

Face au Sénat, François Bayrou a vanté le pluralisme qu'il garantit à tous les citoyens. Il assure ainsi que chacun puisse être représenté à la mesure de son engagement et de son vote. Le Premier ministre plaide pour le scrutin de 1986, une exception dans l'histoire de la Ve République où les députés sont majoritairement élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Consultations et positions divergentes

Le 30 avril, François Bayrou a débuté ses consultations auprès des partis et groupes politiques du Parlement. Il a notamment reçu les représentants du Rassemblement National, Marine Le Pen et Jordan Bardella. Marine Le Pen a déclaré : « La proportionnelle mode de scrutin, intégrale par département, comme en 1986, nous apparaît être un moindre mal par rapport à un système majoritaire qui aujourd'hui ne permet pas que chaque voix des Français soit entendue ».

Le MoDem, les partis du Nouveau Front populaire (NFP) et le RN soutiennent cette réforme. Le Parti socialiste y voit une opportunité d'échapper à une coalition forcée avec LFI. En revanche, les fidèles de Macron restent divisés. Les Républicains et Horizons s'y opposent fermement, attachés à l'héritage gaulliste de la Ve République.

Les modalités de la proportionnelle sont multiples et restent à préciser.

Faute de majorité parlementaire, le président Macron pourrait envisager un référendum sur ce sujet en 2025. François-Xavier Bellamy estime : « Les députés de notre famille politique à l’Assemblée nationale, qui ont été élus au scrutin majoritaire, malgré la crise politique, ont gagné leur élection parce qu’ils avaient le crédit des Français qui les ont élus. C’est la forme démocratique qui me paraît être juste ».

Critiques et conclusions

L'ensemble des partis de droite interrogés s'oppose à l'instauration du scrutin proportionnel. LR et l'UDR d'Éric Ciotti y sont totalement défavorables, arguant qu'il éloigne les citoyens de leurs représentants. Ils craignent également des résultats incertains, ne garantissant pas de majorité claire à un parti ou une coalition.

L'expérience de la proportionnelle intégrale en 1986 avait conduit à la défaite du PS et à la victoire du RPR. Les experts concluent que la proportionnelle n'apporte pas de réponse à la dispersion politique actuelle. Pour certains, il s'agit de détruire l'esprit de la Ve République au profit d'un retour à la IVe. En réalité, le scrutin majoritaire uninominal demeure la meilleure solution pour la France.

Bernard Bertucco Van Damme