20/10/2026
La gazettedu Var
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Retour à l’édition n°271

L’édito

Violences lycéennes, le lourd bilan de l’instrumentalisation politique

Édition n°271 · Parue le 19 octobre 2026

Durant plusieurs jours, un climat de tension extrême s’est installé aux abords de centaines de lycées en France. Ce qui se présentait comme un mouvement de contestation porté par des revendications sur l’éducation a basculé dans une spirale de violences, transformant certains établissements et leurs quartiers en scènes d’émeutes.

Une spirale de violences

Policiers pris pour cibles, pompiers agressés, proviseurs menacés, bâtiments publics incendiés et usage de mortiers d’artifice contre les forces de l’ordre dessinent le visage d’un mouvement qui semble avoir échappé à ses initiateurs.

Le malaise au sein de l’Éducation nationale constitue un terreau fertile pour la contestation.

Une absurde contradiction

Le manque de professeurs, la surcharge des classes, les complexités du système d’orientation Parcoursup ou encore la perception d’une baisse du niveau scolaire sont autant de sujets de préoccupation valables qui animent une partie de la jeunesse.

Cependant, les actes de destruction observés créent une contradiction profonde. Des établissements scolaires, parfois rénovés à grands frais, sont dégradés ou incendiés, et du mobilier urbain est détruit. Ces actions sapent les ressources mêmes que les manifestants disent vouloir défendre.

L’absurdité économique est totale : on dénonce un manque de moyens tout en anéantissant des infrastructures financées par la collectivité. Cette dérive est largement attribuée par les autorités à l’infiltration des rassemblements par des groupes extérieurs, souvent sans lien avec le milieu scolaire, et spécialisés dans les violences urbaines.

La responsabilité politique en question

Au-delà des acteurs de terrain, l’analyse de la situation pointe le rôle de certains responsables politiques dans l’entretien de ce climat de tension. Depuis plusieurs années, des formations comme La France insoumise sont accusées de prospérer sur une rhétorique de la confrontation systématique, présentant chaque conflit social comme le prélude à une insurrection populaire.

En qualifiant l’État d’« oppresseur » et en jetant la suspicion sur toute forme d’autorité, notamment policière, ce discours légitimerait indirectement le recours à la violence comme mode d’expression politique.

Si les condamnations verbales des violences sont de rigueur une fois les faits accomplis, elles apparaissent comme une posture de circonstance. En encourageant une défiance généralisée envers les institutions, cette stratégie politique prend le risque de voir une partie de la jeunesse considérer la destruction comme un prolongement naturel de la contestation.

Manifester n’est pas détruire

Cette situation rappelle la distinction fondamentale entre le droit de manifester, pilier de la démocratie, et la destruction de biens publics, qui constitue un délit.

Attaquer les symboles du service public, comme une école ou un pompier en intervention, n’est pas un acte de contestation mais une agression contre la société tout entière.

Bernard BERTUCCO VAN DAMME