François de Canson : « En 12 ans, la dette par habitant a baissé de 11% » François de Canson…
Pour le maire, ces six dernières années furent particulièrement intenses car les années de ce mandat se sont déroulées sur fond de dossiers à défendre, avec…

Parlons, tout d’abord de la situation financière de la Ville...

Malgré un contexte économique contraint et une réduction drastique des moyens aux collectivités, il est possible de faire des choix ambitieux, allant dans le sens de l’intérêt général, tout en préservant et en utilisant efficacement les deniers publics. Depuis 2014 sur le seul budget communal, la Ville a réalisé environ 37 000 000 € de dépenses d’équipement. Pour financer ces opérations au cours de ces six années, la dette nouvelle souscrite s’est élevée à 5 000 000 €. Cela signifie que pour 1 000 € de dépenses d’équipement, seuls 13 € ont été empruntés. L’encours de la dette par habitant a évolué, passant de 1 008 € au 1er janvier 2008 à 899 € au 31 décembre, ce qui correspond à une baisse de l’ordre de 11% ! En douze ans, le patrimoine de la Ville s’est enrichi de 68 000 000 € grâce aux équipements réalisés. Notre politique budgétaire a toujours été dictée par le choix dynamique de l’investissement qui a ainsi largement profité à l’amélioration de notre cadre de vie et au maintien de l’emploi local. En douze ans, nous avons mené un effort d’investissement soutenu où l’audace des propositions n’a eu comme limite que le réalisme et la faisabilité tout en garantissant l’avenir grâce au désendettement continu et à une stabilisation de la pression fiscale. Vous le voyez, nos successeurs, s’il y en a, récupéreront une situation financière saine. Une fois de plus nous avons été des gestionnaires faisant de l’argent public de plus en plus rare une utilisation sérieuse et rationnelle, pour concilier ambition et raison.
Quel est le second dossier emblématique de votre mandature ?
Un dossier qui me tient particulièrement à cœur, c’est celui des inondations qui ont encore dramatiquement fait l’actualité, dans le Var et les Alpes-Maritimes fin novembre et début décembre derniers (...). Depuis nombre de ministres et même Premier Ministre n’ont cessé de venir nous apporter leur soutien comme il se doit en pareilles circonstances. À part interroger les élus et les habitants sur la vitesse à laquelle l’eau est montée, comment elle a pénétré dans les habitations et proclamer haut et fort que l’État serait au rendez-vous de la reconstruction pour le reste rien à déclarer faute d’annonces sur le fond du dossier. Combien de catastrophes faudra-t-il encore pour admettre l’urgence, qu’il y a à lever les obstacles, au déploiement d’une politique pérenne de prévention de l’inondation dans notre pays ? Vous le savez, je ne cesse d’intervenir au niveau national, régional, et local pour dire ça suffit !
Alors comment faire ?
Il suffirait de donner un statut dérogatoire et prioritaire à la prévention et à la lutte contre l’inondation en matière de réglementation environnementale lorsque les travaux envisagés visent la préservation des personnes sans remettre en cause l’équilibre naturel global. L’objectif étant de simplifier et d’optimiser les procédures tout en conservant le même niveau d’exigence en matière d’environnement. Seulement, dans notre pays, nous faisons exactement l’inverse ! Souvenez-vous ! Nous avons validé en un temps record notre PAPI, programme d’actions contre les inondations il y a un peu plus d’un an, au terme de deux années d’études. Jamais dans le Var un PAPI n’avait été labellisé aussi vite. Ce qui démontre que nous n’avions pas attendu les terribles intempéries pour nous pencher sur le comportement de nos cours d’eau. Dans le même temps, nous obtenions 20 millions d’€ pour le financement de ce programme soit 70 % d’aides publiques. Toujours dans le même temps, nous avons réalisé les travaux d’urgence, amélioré l’écoulement des eaux, renforcé de nettoyage de nos rivières. Assurément les résultats sont là. Et, les derniers événements climatiques n’ont pas eu raison de nos cours d’eau.
Pourtant le dossier reste bloqué ?
En effet ! Nous ne pouvons toujours pas réaliser les travaux structurants qui nous mettraient en sécurité. Car, nous sommes toujours en attente d’une autorisation environnementale unique où nous avons dû étudier la fraye de l’anguille, la vie du crapaud épineux, de la grenouille rieuse... Il est certes important d’étudier, comme nous nous y sommes astreints, le volet environnemental. Mais n’oublions jamais que l’on parle avant tout de mettre en sécurité notre population.
Comment expliquez-vous ce blocage ?
Quand on parle de parcours du combattant, je veux vous expliquer concrètement comment cela se passe : Nous avons envoyé notre dossier à la Direction Départementale des Territoires et de la Mer qui instruit la Demande d’Autorisation Environnementale. Puis la Direction Départementale des Territoires et de la Mer l’a envoyé à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement qui doit consulter, toujours sur ce même dossier, des tas d’autres services... Pas moins de 23 organismes au total, dont la Direction Régionale des Affaires Culturelles, l’Architecte des Bâtiments de France, l’Agence Régionale de Santé, et j’en passe... Un guichet unique aurait été grandement facilitateur. In fine, le Comité National de Protection de la Nature (CNPM), composé de la trentaine d’experts, se réunit au ministère de l’Environnement, hors porteur du dossier, et décide de notre sort... S’ils ont une interrogation particulière, ils peuvent renvoyer le dossier à son point de départ. Et, c’est reparti pour un tour ! Et, alors que nous avons travaillé main dans la main avec les services de l’État, que nous étions sur le point d’aboutir la réglementation change tout à coup, voilà que l’on créé l’Agence Française de la Biodiversité qui exige des études environnementales complémentaires.
Alors, comment faire pour sortir de ce cercle vicieux ?
Le constat est simple. Nous sommes prisonniers des délais administratifs pour lesquels nous demandons une amélioration. Les maires, concernés par ces questions récurrentes, réclament, haut et fort, non pas de se soustraire aux règles environnementales, mais de pouvoir réduire ces délais d’instruction. On ne peut pas réinventer les règles en cours de route, renvoyer le dossier à son point de départ parce que nous savons que ces événements climatiques reviendront, de plus en plus souvent, avec des intensités de plus en plus violentes. On ne cesse de nous parler de culture du risque... Chacun d’entre-nous a intégré cette notion mais je veux faire comprendre aux services de l’État que, seule, l’autorisation de débuter les travaux pourra nous prémunir de nouvelles catastrophes.
Finalement, c’est vous qui portez le flambeau pour tous les maires du Var ?
Mon combat est de faire aboutir ce dossier le plus rapidement possible. J’ai rencontré le ministre de l’Intérieur, le Préfet du Var. Leurs intentions semblent enfin évoluer. Suite à mon initiative, l’ensemble des porteurs des PAPI du Var s’est réuni en Préfecture le 16 janvier dernier. L’État semble vouloir s’emparer de ce dossier plus que sensible. Il était temps me direz-vous ! En ce qui me concerne, je continuerai de porter l’étendard de la lutte contre les inondations. Notre dossier doit faire école, devenir référence, nous devons être les premiers à réaliser ces travaux structurants qui mettront en sécurité la population. Je suis déterminé et engagé. Croyez-moi sur d’une ce dossier pas un instant je n’ai cessé de m’impliquer et de faire bouger les lignes quitte parfois à être un peu véhément ...
Photo Alain BLANCHOT