Patrick Martinelli répond aux questions de La Gazette du Var.

Tout d’abord, évoquons avec vous le dossier du contournement Nord de la commune...
Suite à deux jugements défavorables du tribunal, l’un sur la DUP et l’autre sur le volet faune flore, État et Département ont saisi le Conseil d’État sur le volet DUP et ont relancé des études sur le volet faune flore. Le Conseil d’État devrait se prononcer au cours de ce premier semestre et les études arrivent à terme. Nous en saurons donc plus dans quelques mois. De la création du contournement découlera l’avenir de l’exploitation du site de Roumagayrol dont l’extension est en cours pour la durée du bail, c’est à dire jusqu’en 2028. J’entends l’exaspération de certains, le rasle-bol, les problèmes de sécurité que posent le passage des poids lourds en centre-ville et devant les écoles. Tout d’abord, le recours à des transporteurs est nécessaire pour les activités économiques (domaines viticoles, usines d’embouteillages, CET, livraisons privées) et les liaisons vers Collobrières. Ce qui rend aussi indispensable la réalisation du contournement. Alors, au lieu de s’en prendre à l’activité économique et aux élus, il faudrait peut-être prendre le problème à l’envers et se poser la question : Pourquoi en est-on là ? Quelle est l’origine de cette situation ? Qui sont les responsables ? Car sans ceux-là, les travaux auraient commencé depuis 18 mois ! Aménagement, sécurité, voirie, m’amènent à parler d’urbanisme.

À ce propos, comment envisagez-vous l’urbanisation de la commune ?
L’année 2019 a été marquée par la poursuite de la révision du PLU dont l’enquête publique s’est déroulée en fin d’année dernière pour un arrêté d’approbation prévu en février. Un projet qui s’appuie sur les réglementations en cours. Un PLU qui conserve en totalité la zone agricole, qui autorise une ouverture à l’urbanisation restreinte et maîtrisée. Un plan d’urbanisme ne se construit pas à la seule échelle communale mais doit être compatible avec le schéma de cohérence territoriale, le SAGE et doit répondre à des lois et règles nationales. À notre grand regret, nous ne pouvons accéder à toutes les demandes, pour des raisons géographiques, pour l’absence de réseaux, pour des zones boisées ou inondables.
Cela concerne également les plans de prévention ?
En effet. Pour le risque inondation, un PPRI est en cours de finalisation, imposant des règles, strictes et incontournables, en matière de construction en zone sensible. Il faut souligner que le PLU de 2007 imposait déjà ces restrictions et qu’aucune habitation n’a été autorisée en zone inondable.
L’urbanisation, c’est aussi prévoir des zones à urbaniser comme au Pas de la Garenne face à la crèche, ou au niveau du camping. Toutes ces zones sont susceptibles d’accueillir des bâtiments communaux (jardins, écoles), des habitations, l’extension du camping. Il s’agit aussi de prévoir des aménagements urbains comme le projet Réal Martin, c’est à dire le développement de Pierrefeu pour les 10 à 12 prochaines années (...).
Au niveau environnemental, votre action est multiple...
Je m’attarderai sur le volet des actions environnementales, au pluriel, car elles peuvent êtres multiples, même illimitées. Pour nos écoliers, les sorties éducatives, les journées pédagogiques à l’arboretum permettent de faire l’école dans la nature. Avec le même esprit, l’espace jeune et le CMJ organisent des journées citoyennes de nettoyage de certaines zones communales comme les berges du Réal Martin. Journées qui trouvent leur complément avec la journée éco-citoyenne, initiée en partenariat avec « Terres de Partage », au cours de laquelle participent la population et la société de pêche. Oui, l’environnement fait partie de notre quotidien. d’économies, de gestion durable, de valorisation. Pour notre commune, c’est + 15% du volume trié en 1 an.
L’environnement, c’est aussi l’urgence climatique ?
Effectivement. On constate des périodes de sécheresse de plus en plus longues. Il faut que le milieu agricole se saisisse de l’occasion, qui ne se renouvellera pas, d’adduction d’eau par la Société du Canal de Provence. L’environnement, ce sont aussi nos forêts. Sur 5 800 ha, l’espace boisé représente 60 % de la surface communale. Ce poumon vert doit être entretenu, protéger, valoriser. C’est l’action que mène la brigade verte qui intervient, non seulement, sur les pistes communales mais aussi au sein de la zone urbaine. Cette année, ce sont environ 15 km de pistes communales, soit plus de 5 ha qui ont été débroussaillés pendant que la Communauté de communes intervenait sur plus de 30 ha de pistes DFCI. Ce travail, indispensable pour l’entretien et la protection, se poursuit avec les obligations légales de débroussaillement pour lesquelles 22 ha sont entretenus chaque année. Cette obligation doit trouver un complément auprès des administrés et particulièrement ceux qui résident en zone sensible. Notre rôle est de veiller à l’effectivité de cette prise de conscience du débroussaillement préventif, par le biais d’une information ciblée aux particuliers car c’est la vie qui est en jeu, mais aussi celle des secouristes, et les premiers impactés sont les sapeurs-pompiers.
L’environnement, ce sont aussi les cours d’eau ?
Je profite de cet instant pour parler du SMBVG et la CLE dont je suis président. sera une référence incontournable pour notre PLU. Il est en phase d’enquête publique. Un programme d’entretien des cours d’eau est en vigueur depuis 4 ans tandis que des actions communication, gestion de crises, évaluation qualitatif des cours d’eau, mesures sont effectuées régulièrement. Un dossier PAPI, Programme d’Action de Prévention des Inondations a reçu un avis favorable le 21 novembre dernier par le comité d’agrément du bassin Rhône Méditerranée et je défendrai le dossier, le 6 février prochain à Paris, en commission ministérielle inondation. La suite logique est de pouvoir engager les travaux d’aménagement et de restauration assez rapidement, à condition que les études complémentaires et environnementales se déroulent en un temps raisonnable. Mais ceci est une autre question ! Je profite de l’occasion pour remercier et féliciter l’ensemble des acteurs de ce syndicat : Les agents et tous les membres du syndicat et de la CLE, sans oublier tous nos partenaires de l’État (DDTM, DREAL, Agence de l’eau, Chambre d’agriculture, etc.).
Des inondations à la sécurité, le lien est facile ?
La problématique de la sécurisation de la vie de nos concitoyens est permanente. La mise en place d’un périmètre de sécurité à chaque manifestation est très contraignante et demande une importante mobilisation des services et de la police municipale. Cette sécurisation, nous la retrouvons dans le quotidien de la gendarmerie et des sapeurspompiers avec qui nous entretenons une étroite collaboration. Je pense par exemple à l’action menée en commun avec la gendarmerie depuis plusieurs mois afin de faire respecter les horaires de passage des PL en centre-ville. Action qui a porté ses fruits et qui a initié la mise en place de panneaux complémentaires et plus visibles pour le respect de réglementation existante. Un autre exemple est notre action commune et complémentaire menée lors de la mise en place du PCS lors des inondations du 23 novembre dernier. Le Plan Communal de Sauvegarde a été déclenché entre 9h et 18h avec des mises au point toutes les 2 à 3h. Toute la journée, nos services ont œuvré en parfaite coordination : Gendarmerie, Sapeurspompiers, Département, Préfecture. Plus de 170 appels ont été traités par notre centre téléphonique.
Photo Alain BLANCHOT