Paul Vieil, le doyen des pêcheurs nous a quittés !
Durant cette dramatique période épidémique, les pêcheurs du Lavandou ont perdu l’un des leurs, leur doyen Paul Vieil, décédé dans sa 97ème année.

Figure locale emblématique, personnage hors du commun, Paul Vieil, était fils de pêcheurs, oncle du maire, Gil Bernardi, et issu d’une des plus anciennes familles du Lavandou. Outre la pêche qu’il a pratiquée durant 70 ans, celui que tout le monde appelait « Tonton Paul », savait être un fabuleux conteur de l’histoire de son village. Il était aussi animé de nombreux violons d’Ingres qu’il décrivait en joyeuses anecdotes où ne manquaient pas les galéjades. En possession de son attestation officielle de la Marine nationale, datée du 15 mai 1937, la mer l’avait pris dans ses filets. Évoquant cette période, il racontait : « J’ai commencé la pêche à 13 ans avec mon père Gabriel. On y allait à l’aviron et l’on tirait le bateau sur la plage. Il m’a tout appris de son métier : comment lever les filets sans roue hydraulique, les réparer. Il fallait aussi surveiller leur teinture faite d’écorce de pin et de chêne pour éviter la moisissure et surtout pour qu’ils soient plus résistants. J’ai aussi découvert la pêche à la palangrotte dont j’ai fait profiter beaucoup de monde même des personnes connues que j’emmenais en mer vers Bagaud et Port-Cros ».
Des personnalités embarquées à bord de son pointu « L’espérance », telles que Sacha Distel, Line Renaud, Zizi Jeanmaire, un ministre de l’Économie, un PDG de la grande distribution alimentaire. Mais pas que ! Sur la terre ferme parmi d’autres passions, on retrouvait Paul sur son vélo, grimpant le Mont Faron, avec de grands champions d’alors comme Jean Robic. Ou bien encore dans son jardin, en parfait arboriculteur, développant sa technique de greffes d’arbres fruitiers. Ce qui lui avait valu l’obtention d’un Certificat d’Aptitude Professionnelle Agricole. Bref, une riche vie de presque un siècle ! Aujourd’hui, outre ses amis pêcheurs, nos pensées vont vers son épouse Lina, ses enfants Roseline, Sylvie, Eliane, Luc, ses petits-enfants et à toute la famille Vieil/Bernardi.

à 13 ans avec mon père Gabriel. On y allait à l’aviron et l’on tirait le bateau sur la plage. Il m’a tout appris de son métier : comment lever les filets sans roue hydraulique, les réparer. Il fallait aussi surveiller leur teinture faite d’écorce de pin et de chêne pour éviter la moisissure et surtout pour qu’ils soient plus résistants. J’ai aussi découvert la pêche à la palangrotte dont j’ai fait profiter beaucoup de monde même des personnes connues que j’emmenais en mer vers Bagaud et Port-Cros ». Francine MARIE