Claude Galand fait revivre la mémoire des chaufourniers
Animateur de randonnée, en septembre 2019, il découvre dans la colline de la Sabatière plusieurs fours à chaux.
Cette découverte agit comme un déclic ! Dix jours et 800 brouettes plus tard, deux fours sont à l'air libre, d'impressionnants trous béants dans la roche blanche.
Pour continuer son œuvre, il crée l'association « Les Chaufourniers Carqueirannais », souhaitant rendre hommage à la dizaine d'ouvriers qui avaient construits et actionnés les fours pendant plusieurs années jusqu'à leur abandon en 1948. Comment s'effectuaient leur travail ? CG.
À deux ou trois, ils mettaient un mois pour construire un four. Puis, ils coupaient les arbres à proximité, remplissant ainsi le four d'un mètre cinquante de bois. Ils y entassaient ensuite les pierres calcaires de la colline qui brûlaient pendant quatre à cinq jours, se relayant la nuit pour s'assurer que le feu ne s'éteigne pas, jusqu'à ce que la température atteigne les 800 à 1000 degrés, obtenant ainsi de la chaux vive.
Et, après cette opération ? CG. Il fallait attendre plusieurs jours pour que la température redescende. Enfin, les clients arrivaient avec leurs chevaux pour se procurer la chaux et les ouvriers écrasaient la pierre pour en faire de la poudre qu'ils chargeaient dans les carrioles et charrettes.
Pourquoi autant de fours sur la commune ? CG. Lorsque le bois et les pierres calcaires commençaient à manquer à proximité du four, car il fallait les alimenter d'une grande quantité de chaque matériau, les ouvriers commençaient à en construire un autre plus loin et ainsi de suite.
À cette époque, à quoi servait la chaux ? CG. À l'époque où la commune était la capitale française de la tulipe, les horticulteurs répandaient de la chaux afin de baisser le taux élevé d'acidité du sol (dû aux épines de pins) car ils avaient constaté que les tulipes poussaient beaucoup mieux sur un sol neutre en PH.
C'était un traitement naturel, nul besoin de produits chimiques ! La chaux a aussi été un matériau de construction qui fut remplacé petit à petit par le ciment et les enduits.
Pourquoi faites-vous tout ce travail de recherche ? CG. Pour la mémoire. Ces ouvriers se sont tués à la tâche et aujourd'hui leur labeur est en train d'être détruit par la végétation.
Idéalement, j'aimerais organiser un circuit des fours dans les collines de la Sabatière et du Paradis et créer un petit fascicule pour faire connaître leur histoire car j'ai beaucoup de respect pour ces hommes et leur œuvre.