26/07/2026

Il y a 25 ans, la tuerie de Cuers

Après avoir tué son demi-frère et son beau-père, Eric Borel, un adolescent de 16 ans abat sa mère alors qu’elle revient de la messe le samedi 23 septembre 1995.

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 14 octobre 2020 Lecture : 2 min
Il y a 25 ans, la tuerie de Cuers
Il y a 25 ans, la tuerie de Cuers© La Gazette du Var
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Depuis 1995 et au cours des années qui ont suivi, la Ville a toujours fait un devoir de mémoire solennel mais discret qui se déroulait chaque année, le 24 septembre, en présence du maire, avec une messe en l'église Saint-Pierre à la mémoire des victimes. Cependant, jusqu'en 2009, en accord avec les familles des victimes aucune stèle commémorative ne fut édifiée. Aujourd'hui, une stèle commémore ce drame depuis 2009 dans l'espace Peysseneau de la ville.

La mémoire collective est maintenant prête à se souvenir à l'aide de cette stèle commémorative.

Le 24 septembre, à 7 heures 30, il sonne à la porte de son camarade de classe Alan, sort sa carabine de son sac et lui tire une balle dans le dos. À partir de cet instant, Eric marche et tire sur tous les passants qu'il croise au hasard des rues de Cuers. En une trentaine de minutes, il va blesser ou tuer seize personnes sans que personne ne puisse l'arrêter dans sa folie meurtrière.

Alors que les gendarmes s'apprêtent à le neutraliser, Eric met fin à ses jours en se tirant une balle dans la tête. Fin du carnage.

Neuf morts confirmées par les gendarmes dont un retraité venu en vacances à Cuers et abattu sur la terrasse où il buvait son café. Alan Guillemette, donné comme mort la veille, n'y figure plus. Ce jeune garçon de 17 ans est en fait dans un état désespéré.

Il fréquentait comme Eric le lycée d'enseignement professionnel Georges Cisson à Toulon, où il préparait comme lui un BEP d'électromécanique. Il était son meilleur ami. Le seul apparemment à qui Eric, dépeint par tout le monde comme réservé, se livrait volontiers.

C'est devant chez lui, au mas des Rayols à Cuers, qu'Eric aurait passé la nuit de samedi à dimanche. On a retrouvé sous un arbre un sac de plastique contenant des affaires lui appartenant. Il serait venu se terrer là après la première tuerie qui avait coûté la vie à sa mère, Marie-Jeanne Parenti, à son concubin, Yves Bichet, et à Jean-Yves, leur garçon de 11 ans, dans leur maison des Aiguiers à Solliès-Pont.

Parmi la cinquantaine de témoins entendus, plusieurs confirment «la piste sentimentale», donnant du crédit à l'hypothèse qui circulait à Cuers : Eric était entré en conflit avec son beau-père et avec son ami Alan à propos d'une copine. Une jeune fille était donc au cœur de l'expédition sanglante de Cuers.

Il y a 25 ans, la tuerie de Cuers

« Visiblement, c'est un jeune homme qui était mal dans sa peau et qui a souffert en silence », indiquait Roger Decombis, le proviseur. Mais il ne s'explique pas comment Eric a pu basculer dans la folie meurtrière. Presque froidement, si l'on en croit la plupart des témoignages qui le décrivent mettant soigneusement en joue chacune de ses victimes.

« Visiblement, c’est un jeune homme qui était mal dans sa peau et qui a souffert en silence », Photo Alain BLANCHOT