26/07/2026

Hervé Stassinos et Valérie Rialland répondent aux questions de La Gazette du Var.

Les Pradétans n’ont pas besoin de grands logements. Ils demandent plutôt une accession à la propriété, des petits volumes, etc. Ce sont des personnes âgées ou…

LCPar Laetitia CECCALDI Photos PRESSE AGENCEJournaliste 9 décembre 2020 Lecture : 3 min
Hervé Stassinos et Valérie Rialland répondent aux questions de La Gazette du Var.
Hervé Stassinos et Valérie Rialland répondent aux questions de La Gazette du Var.© La Gazette du Var
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Quelle est la situation du Pradet vis à vis de la loi SRU ?

Hervé Stassinos et Valérie Rialland répondent aux questions de La Gazette du Var.

Atteindre 25 % de logements sociaux en 5 ans est une impossibilité ! Cela équivaudrait à la construction de plus de 2 000 logements sociaux et privés ! Depuis la diminution de l’APL, les bailleurs sociaux intègrent le logement social dans des programmes réalisés par des promoteurs privés, il est aussi question de favoriser la mixité sociale. Ainsi, pour compenser le coût du logement social, il nous faudrait construire quelques 1 000 logements privés pour 1 000 logements sociaux. Ce n’est ni possible ni souhaitable. D’autant que le total des logements construits sur lequel est calculé le pourcentage à atteindre fluctue constamment, au fur et à mesure des constructions réalisées, ce qui fait que l’objectif n’est jamais atteint...

Vous dénoncez une loi décidée aveuglément par des Enarques parisiens ?

Depuis 2017, la préfecture a pris la relève, nous sommes dépossédés. Et nous payons une pénalité de 320 000 € par an, qui risque de s’aggraver encore car les objectifs de la loi ne sont pas atteints. C’est un impôt déguisé ! La loi a été durcie en termes d’objectifs et de pénalités au fil des ans. Actuellement, c’est un bras de fer permanent avec les services de l’État. Il n’y a aucune flexibilité sur les modalités. C’est une loi inapplicable et inadaptée. Elle ne fait pas cas des circonstances particulières, ne prenant en compte ni les contraintes territoriales ni la volonté des élus.

Nous avons la Méditerranée d’un côté et le Parc Nature, et des zones protégées et agricoles de l’autre. Il y a donc une tension en termes de logements, couplée à un paradoxe : d’un côté, la préfecture et la DDTM demandent que nous fassions tout pour préserver l’environnement, de l’autre ils exigent de construire et de bétonner la ville à l’extrême. De plus, c’est une région classée tourisme, la raison de vivre du Pradet, située entre la ceinture bleue de la mer et la ceinture verte, avec ses populations. Nous sommes ainsi forcés à faire du logement social mais pas pour les Pradétans ! Les Pradétans n’ont pas besoin de grands logements. Ils demandent plutôt une accession à la propriété, des petits volumes, etc. Ce sont des personnes âgées ou isolées, il n’y a pas beaucoup de grandes familles ici. Et on nous propose des grandes surfaces et des cases dans lesquelles les demandeurs pradétans n’entrent pas pour accéder aux logements. Nous avons été élus par les Pradétans et nous ne pouvons pas les loger parce que les logements.

Elle tient compte d’une certaine demande mais pas de l’économie ni du développement durable, encore moins de l’avenir et du développement du territoire - elle écrase tout. Et 25 %, c’est excessif ! La loi devrait être revue et formulée en termes de flux et non de stock ! En tenant compte du territoire. Avec une réflexion métropolitaine. Par exemple, nous pourrions imposer 30 à 40 % de social sur toutes les constructions collectives. Et nous le ferions en fonction des demandes spécifiques de la population. Nous souhaitons construire des petits ensembles. Notre idée serait aussi de coupler des petits projets, des ilots à la taille du village. Nous l’avions proposé mais ça nous a été refusé par la préfecture. Enfin, laissez faire les maires ! Nous savons créer du logement. Écoutez les communes ! Mettez-nous dans la boucle ! Et cessez donc de nous taper dessus ! Ce n’est pas constructif, c’est le cas de le dire !

Propos recueillis par Laetitia CECCALDI Photos PRESSE AGENCE.