26/07/2026

Thierry Albertini : « La loi SRU n’est ni applicable, ni équitable » !

La Valette du Var compte 13% de logements sociaux sur l’ensemble de son parc immobilier. Bien que la commune ne soit pas en carence, selon les critères…

LCPar Lætitia CECCALDI Photos PRESSE AGENCEJournaliste 9 décembre 2020 Lecture : 2 min
Thierry Albertini : « La loi SRU n’est ni applicable, ni équitable » !
Thierry Albertini : « La loi SRU n’est ni applicable, ni équitable » !© La Gazette du Var
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Maire de La Valette-du-Var depuis 2018, président de Var Habitat depuis octobre 2020, Thierry Albertini plaide en faveur d’une loi formulée en termes de flux plutôt qu’en termes de stock. Un flux qu’il a déjà mis en place à La Valette, en imposant un pourcentage de 40% de logements sociaux à chaque nouvelle construction. Avec cette stratégie qui s’appuie sur le bon sens, l’élu démontre l’incohérence de la loi SRU sur le terrain. Le coût en est élevé. Sans compter que cela implique d’augmenter le taux de béton dans la ville, ce qui est totalement incohérent. D’un côté, « désimperméabiliser » les sols et de lutter contre les inondations, de l’autre, il demande de construire des logements de façon aberrante et inatteignable. Aujourd’hui, La Valette a 24 000 habitants. Avec 25 % de logements sociaux en 2025, nous aurions 12 283 nouveaux habitants ! Il nous faudrait construire 130 logements par l’État demande peine. Les bailleurs perdent leurs fonds propres nécessaires à la construction. Bref, les moyens nous sont retirés pour atteindre l’objectif.

Quelle serait la solution ?

Thierry Albertini : « La loi SRU n’est ni applicable, ni équitable » !

En réalité, la loi n’est ni applicable ni équitable et les pénalités ne sont guère encourageantes. Nous ne sommes pas entendus et on nous en demande toujours plus. Je veux une loi logique de et des propositions constructives car nous sommes dans l’illogisme et le paradoxe. La logique vient du terrain. Je demande qu’on nous laisse librement administrer nos villes ! Nous connaissons les besoins de nos concitoyens. La décentralisation, c’est la libre administration de la Ville et nous en sommes loin !

Justement, que proposeriez-vous en faveur des logements sociaux ?

La problématique est que la loi parle de stocks. Et, nous les élus, nous parlons en termes de flux. La première chose serait donc de transformer le stock (le construit) en flux, avec un pourcentage obligatoire à chaque nouvelle construction. L’aménagement du parc ancien est une autre solution, c’est-à-dire aider à rénover le centre-ville ancien pour créer des logements sociaux à la place des logements vacants, à condition qu’ils soient conventionnés. Pour appuyer ce genre de rénovations, il faudrait assouplir les normes au regard de la loi. Je fais une autre proposition par le biais du Bail Réel Solidaire (BRS). Ainsi, une 4e catégorie de logement social innovante permettrait aux locataires de devenir propriétaires en achetant le logement sans le terrain. Cette « acquisition sociale à la propriété » permettrait à la Ville de garder son quota de logement social, tout en responsabilisant le résident. Nous pourrions aussi faciliter la construction des logements sociaux en venant en aide aux bailleurs. Et, au final, permettre aux bailleurs sociaux comme Var Habitat d’acquérir des logements.

Propos recueillis par Lætitia CECCALDI Photos PRESSE AGENCE