26/07/2026

Gil Bernardi, maire : « Dans l’adversité, notre village sait se rassembler, s’entraider, donner le…

Comme le constate Gil Bernardi, le maire du Lavandou : « Qui aurait pu imaginer, qu’un jour, la cérémonie de présentation des vœux se déroulerait par écran…

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 20 janvier 2021 Lecture : 1 min
Gil Bernardi, maire : « Dans l’adversité, notre village sait se rassembler, s’entraider, donner le meilleur de lui-même »
Gil Bernardi, maire : « Dans l’adversité, notre village sait se rassembler, s’entraider, donner le meilleur de lui-même »© La Gazette du Var
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Gil Bernardi, maire : « Dans l’adversité, notre village sait se rassembler, s’entraider, donner le meilleur de lui-même »

Pour le premier magistrat : Cet exercice hors du commun illustre bien l’étrange période que nous traversons. Celle de la distanciation, du rassemblements, du couvre-feu... Bien des nouveautés dont nous nous serions volontiers passés. Dans ce contexte si anxiogène, qui révolutionne tous les codes de nos rapports humains, permettez-moi un brin d’ironie : 2021 ne pourra pas être pire que 2020 ! Et je préférais, de loin, le monde d’avant (...) ! Il ajoute : À chacune et à chacun d’entre vous, je tiens à présenter mes meilleurs vœux et ceux de la Municipalité, pour que 2021 soit l’année de tous nos espoirs, celle de la sérénité revenue, grâce aux valeurs si chères, si particulières, si précieuses, que nous cultivons au Lavandou. Avec le goût des plaisirs simples. Avec ce petit supplément d’âme et d’altruisme qui font toute notre différence. À l’aube de cette nouvelle année, que nous espérons tous comme un temps de bonheur retrouvé – quand bien même nous savons bien, que désormais, rien ne sera plus jamais comme hier, tant une certaine insouciance aura été atteinte – malgré les conséquences parfois dramatiques et les aspects négatifs indéniables qu’engendre la crise sanitaire sur la vie économique et sociale, je souhaiterais que nous nous arrêtions un moment sur les côtés positifs de cette crise planétaire. Car il y en a ! À commencer par les élans du cœur qu’elle a permis d’exprimer au sein de notre petite commune. Et qu’aucun d’entre nous n’oubliera jamais. Souvenez-vous. Il y a tout juste un an, nous pensions avoir connu des années difficiles, dans notre petit coin de paradis. Les effets de la crise économique de 2008 nous avaient épargnés. Les inondations de 2012 et 2014 avaient certes généré des dégâts, mais aucune perte humaine. Les attentats incessants depuis 2015 nous avaient préparés à développer la culture du risque... et surtout amenés à déployer nos capacités de réactivité et de mobilisation. De résilience (...). Le maire rappelle : Il a fallu se rendre à l’évidence ! La pandémie printanière frappait notre pays de plein fouet ! Nos certitudes, nous les avons rempochées. Notre superbe, nous l’avons ravalée. Notre confort, nous l’avons pleinement regretté, dans sa fragilité et sa précarité. Nous, les géants, maîtres du monde, de l’Univers, terrassés par l’infiniment petit, et au niveau planétaire, par un mal inconnu – et aux cheminements tout aussi mystérieux, encore aujourd’hui – qui nous avait déclaré la « guerre » totale, alors que nous nous croyions à l’abri, sur la planète domestiquée à notre main ! Une guerre face à laquelle nous nous retrouvions, tout à coup, dans un niveau d’impréparation affligeant, démunis et désarmés face à un ennemi invisible, à des consignes gouvernementales parfois désordonnées et contradictoires. Colère du ciel, vengeance de nos Dieux, manipulation bactériologique, improbable entre une chauve-souris et un pangolin ? Il fallait bien que notre univers cartésien trouvât un responsable, tout comme Jean de la Fontaine avait désigné le sien, dans la folie expiatoire des « Animaux malades de la peste », avec la même réponse, la seule, de générosité, d’humilité, d’altruisme et de solutions empiriques. De cette période d’une France sous cloche, dans un monde en apnée, de ces 55 jours de confinement où s’évanouissait notre si précieux lien social, de ces temps d’incertitude et d’angoisse, je ne veux conserver que l’admirable : cette capacité collective à puiser en nous même, au niveau de notre petite commune, la force du sursaut. Fort heureusement, tout le monde au Lavandou s’est retroussé les manches : Le souvenir émouvant d’actions courageuses, de gestes nobles. Oui, je ne veux retenir que ceuxlà ! Cette chaîne de solidarité, cette abnégation des agents publics à maintenir – au risque de leur santé – l’essentiel des services collectifs. Me souvenir avec fierté de la mobilisation pour obtenir nos premiers 20 000 masques chirurgicaux, alors que l’État manquait de toutes les protections pour ses soignants et nous invitait même à ne pas en porter, puis se battait sur les aéroports chinois pour s’en approvisionner. Alors qu’au simple niveau local, nous les distribuions déjà au personnel soignant et aux agents de permanence. Tous volontaires ! Ah le niveau communal, revenu en force dans la première mariage tempête, spontanément rejoint par cette armée de bénévoles, venant s’associer à la démarche entreprise par la Municipalité de confectionner des masques en tissu pour les Lavandourains, pour les soignants, pour les commerçants et les salariés encore en activité. Prêter leurs machines à coudre, mettre à disposition des fournitures pour faciliter l’entreprise des agents municipaux. Rouvrir leurs ateliers, réarmer les bateaux de pêche, réorganiser les réseaux d’approvisionnement... Comme je n’oublierai jamais ces kilomètres d’élastiques arrachés au fournisseur éloigné, par ce commerçant lavandourain. Cette couturière qui chaque jour, apportait sa production de la nuit. Le président du Conseil Départemental venu offrir ses kits de protection à notre maison de retraite. Souvenons-nous encore que le réseau des voisins solidaires s’est constitué naturellement dans notre cité. De Pramousquier à la plaine du Batailler, des dizaines de bénévoles ont convergé vers le Centre Communal d’Action Sociale pour appuyer le déploiement du lien assuré par le portage des repas à domicile, pour aider leurs voisins, en faisant les courses de première nécessité, de médicaments, aux plus vulnérables, aux plus esseulés. En prenant régulièrement des nouvelles des personnes isolées, en apportant les attestations de déplacements dérogatoires, en prenant soin des animaux de compagnie. Pour rompre l’isolement dans une cité assoupie. Le maire se souvient encore de cet élan magnifique, qui a rassemblé tous les agents communaux, sans distinction de fonction ou de grade, pour se mettre au service de toute la population : À votre service, et assurer la confection de 10 000 masques de protection qu’ils ont ensuite acheminés à domicile avant la sortie du confinement du 11 mai, puis encore en septembre et en novembre. Qu’en dépit des consignes ou de l’absence de consignes, depuis le mois de mars, des équipes effectuent sans relâche la désinfection préventive des rues et des lieux fréquentés, sept jours sur sept ; assurent la sécurisation sanitaire aussi bien au niveau de la cuisine centrale, au CCAS, à la Police municipale, aux Services techniques, aux écoles, pleinement mobilisés depuis la première heure pour mener à bien ces nouvelles missions. Ils n’ont rien lâché. Ne lâchent toujours rien ! Surtout n’oublions rien de tous ces gestes précieux. Ils sont beaux. Ils font du bien. Et si je qualifie toutes ces actions d’admirables – et j’en oublie certainement, vous me le pardonnerez – c’est parce qu’elles le sont, de dévouement, de désintéressement et de solidarité. Ces élans du cœur, cette rage de se battre contre la solitude, contre cette adversité insaisissable, ce sont autant de beaux gestes, dans une période qui exigeait que chacun d’entre nous apporte le meilleur pour affronter un destin commun ! Ces gestes-là sont d’autant plus magnifiques, qu’ils s’inscrivent aussi dans une période où la tentation de repli sur soi est forte, et que le climat social de notre pays n’est pas au beau fixe. Malgré ce contexte pesant, malgré les menaces du défi terroriste malgré l’angoisse et les incertitudes face à l’épidémie, la solidarité a pris le dessus. Uni, embarqué dans la même galère, le Lavandou a fait front commun. Comme à chaque fois que la situation l’exige, dans l’adversité la plus dure, notre village sait se rassembler, s’entraider, donner le meilleur de lui-même. Sans limite (...). •