Alain DECANIS répond aux questions de La Gazette du Var (première partie).

Selon vous, quels sont les atouts de votre commune ?

L’économie. Nous avons plusieurs zones d’activités. La zone du chemin d’Aix, la plus ancienne, la zone Cap Sainte-Baume, la zone de La Loube qui sont des zones commerciales. Notre problème est qu’il manque une zone à caractère économique afin d’accueillir des entreprises de production, de fabrication, de transformation. Aujourd’hui, nos jeunes sont obligés d’aller chercher du travail en dehors de la commune, ce qui est dommageable ! Saint- Maximin a endossé, peu à peu, un costume de ville-dortoir. Ce n’est pas sans poser problème au niveau du lien social ! C’est la raison pour laquelle, nous souhaitons aménager une zone pour accueillir de nouvelles entreprises, à forte valeur ajoutée et pour faire travailler les salariés locaux. Nous souhaitons la créer sur la partie ouest de l’Agglomération, entre Saint-Maximin et les Bouches-du-Rhône. Nous en avons besoin, en termes de richesses et d’emplois. On pourrait croire que notre ville est prospère. Mais, nous sommes confrontés à un problème de recettes fiscales. Les taxes et redevances vont dans les caisses de l’Agglomération. Certes, elles sont redistribuées aux communes, mais je souhaite que l’on revoit le mécanisme car il est défavorable à Saint-Maximin !
Comment allez-vous développer le cœur de ville ?
Depuis notre élection, nous avons une volonté de revitaliser le centre ancien de Saint-Maximin, notamment dans le cadre de l’opération Petites Villes de demain, dans laquelle nous avons été retenus au niveau de la 6ème circonscription. Je considère qu’une commune ne doit pas être qu’un simple découpage administratif du territoire, mais avant tout un lieu de vie où les habitants ont le sentiment de partager quelque chose, une histoire, un patrimoine. Pour que cela fonctionne, il faut qu’il y ait un centre de gravité, c’est à dire le centre ancien de la ville. C’est d’autant plus vrai que nous avons un riche patrimoine ! Nous y travaillons activement au travers de différents projets. De même, nous allons démarrer les travaux d’aménagement d’une Université du Temps Libre, au quartier des Arcades. C’est un lieu qui accueillera des groupes de travail, des conférences mensuelles. Le but est de créer du lien social pour ceux qui souhaitent se retrouver, échanger. Nous avons inauguré la Maison d’Histoire du Patrimoine qui va collecter notre mémoire collective, que ce soient les archives des particuliers, les photos, les documents anciens, etc. Tout sera numérisé, archivé et présenté.
Vous souhaitez mettre en valeur le patrimoine historique de la ville ?
À plus long terme, nous souhaitons valoriser l’image de Saint-Maximin, troisième tombeau de la Chrétienté, notamment nos vestiges. Au Moyen-âge, nous étions un haut lieu de pèlerinage. Nous avons dénombré au moins 48 souverains qui sont venus ici pour aller ensuite à la Sainte-Baume. Nous souhaitons relancer les pèlerinages et créer un itinéraire balisé pour aller jusqu’à Nans-les-Pins. La Basilique fait l’objet de programmes de travaux réguliers. Nous y mettons beaucoup d’argent.
ALAIN DECANIS, SON PARCOURS
Élu, une première fois en 1989, il occupe le poste d’adjoint aux affaires économiques. En 1993, le Conseil municipal est dissous à la suite d’un accident cérébral du maire, en plein conseil municipal. Puis, Alain Decanis s’est éloigné du jeu politique avant de revenir en tant que tête de liste aux élections municipales en 2008. Suite à une défaite, à 320 voix près, il siège durant 6 ans dans l’opposition. Et gagne les élections en 2020, assez largement, avec une liste qui comprend des personnes de toutes sensibilités. En tant qu’élu, il a contribué à la création de la zone d’activités du chemin d’Aix, à la mise en zone piétonne du parvis de l’Hôtel de Ville et de l’avenue Général de Gaulle. Côté professionnel, il est entré à la Chambre des métiers du Var en 1979 où il occupait le poste de professeur de mathématiques et de sciences physiques au CFA jusqu’à la fin de sa carrière. parc des sports pour lequel nous avons lancé les acquisitions foncières.
Financièrement, comment se porte la commune ?
Nous avons des finances qui ne sont pas en très bon état. Ce qui nous permet de masquer un peu la misère, c’est que la plupart des projets seront réalisés grâce à des taux de subvention importants, mais aussi grâce à des cessions de fonciers. De toute façon, nous devons restaurer les grands équilibres de notre budget pour revenir à une situation plus saine. Que nos recettes se rapprochent de la moyenne des communes de la même strate des 10 000 à 20 000 habitants !
La suite de notre interview sera publiée dans l’édition de La Gazette du Var du 26 avril 2021.
Photo PRESSE AGENCE.