26/07/2026

Philippe Leonelli : « L’Etat s’est désengagé très fortement depuis 2014 »

Le budget 2021 de la Ville a été voté le 8 avril par le Conseil municipal.

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 12 mai 2021 Lecture : 6 min
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Le budget 2021 de la Ville a été voté le 8 avril par le Conseil municipal. Chaque année, il est voté au plus tard le 15 avril, précédé d'un débat en Conseil municipal. (DOB).

La commune adapte ainsi ses dépenses et ses recettes pour équilibrer son budget mais aussi pour investir. Puis, le Conseil municipal autorise un plafond de dépenses à ne pas dépasser et prévoit les recettes de la commune pour une année civile. Il doit obligatoirement être équilibré, à savoir que le montant des dépenses doit être égal à celui des recettes.

Philippe LEONNELLI, maire de Cavalaire-sur-Mer, répond aux questions de La Gazette du Var. Comment est orienté votre budget ? Philippe LEONNELLI.

Le budget de Cavalaire est de 25 millions d'€. C'est un budget maîtrisé. En 6 ans, nous avons réussi à maintenir un budget équilibré et réduit le taux d'endettement. Ainsi, l'encours de la dette est passé de 18 millions en 2014 à 15 millions en 2020, soit une baisse de 17%. La dette par habitant a ainsi été ramenée de 2 409€ à 1 834€.

Parallèlement, l'Etat s'est désengagé très fortement depuis 2014. Ainsi, pour Cavalaire, ce sont 6,8 millions d'€ cumulés perdus depuis 7 ans que la commune a dû compenser. Sans parler de la baisse d'autres recettes.

Comme par exemple depuis plusieurs années, la baisse des recettes liées aux produits des jeux du casino. La perte cumulée est de 1,2 million d'€ chaque année.

La crise sanitaire n'a pas arrangé les choses ? PL.

En 2020, face à la crise sanitaire, la commune a accusé une perte de 870 000€ liée à la baisse des recettes ! Par exemple, les taxes liées à la baisse des transactions immobilières (-178 000€), les taxes sur les terrasses et les plages (-130 000 €), les produits des jeux du casino (-337 000€) ! La Ville a dû aussi dépenser 200 000€ afin d'équiper les soignants et ses administrés.

Soit une perte totale de 1,07 million€ ! Et, je ne vous parle pas des dépenses imprévues. Par exemple, la tempête de 2019 a fortement endommagé le littoral et nécessité 1,13 million d'€ de travaux pour assurer la restauration du sentier du littoral.

Quelles sont les orientations pour l'année 2021 ? PL.

Entre le désengagement de l'Etat, la baisse des recettes locales, les dépenses imprévues (tempête de 2019) et la pandémie, la Municipalité s'est retrouvée contrainte de puiser dans son matelas, mettant ainsi à mal sa capacité d'autofinancement. Une situation qui ébranle quelque peu la mise en œuvre de la politique d'investissement et la réalisation de nos projets structurants. Pour résorber cette difficulté, plusieurs pistes ont été définies : la continuité de la maîtrise des dépenses de fonctionnement et une hausse de la taxe foncière bâtie.

Et au-delà ? PL. Nous devons retrouver une capacité d'autofinancement et maîtriser les dépenses de fonctionnement.

Afin d'assurer le réajustement de sa politique budgétaire, la Municipalité va maintenir ses efforts de maîtrise des dépenses de fonctionnement initiés en 2014. En 2020, nos dépenses réelles de fonctionnement ont enregistré une baisse de 2,69% par rapport à celles de 2019. Cette maîtrise s'opère au niveau des charges à caractère général (carburants, fournitures, frais d'actes et contentieux ...)

les charges financières, les charges du personnel et les autres charges de gestion.

Dans quel contexte s'inscrit le budget ? PL.

Les orientations budgétaires définies par le Conseil municipal du 8 avril ont pour objectif de rétablir notre capacité d'autofinancement afin de permettre aux familles de profiter de tarifs avantageux. Que ce soit pour une place à la crèche, un repas à la cantine scolaire ou encore, une offre culturelle accessible à tous, c'est une priorité pour la Municipalité. Il est également nécessaire de retrouver une marge de manœuvre à l'investissement, ceci afin d'assurer l'entretien des voiries, la rénovation de nos écoles, l'amélioration de nos éclairages publics, etc.

Comment vont se situer les investissements ? PL.

Les plans pluriannuels d'investissement concernant le patrimoine bâti, les espaces verts et le parc informatique ont été engagés. Toujours en termes d'investissement, la priorité reste la valorisation de notre territoire par le biais de nos projets structurants. En premier lieu, la maison de la Nature, dénommée l'Usine, construction qui sera vertueuse, marquera le début d'une politique environnementale forte en faveur des équipements publics communaux.

Ensuite, le projet Cœur de ville, qui a pour ambition de redynamiser le quartier Jean Moulin - Henry Gros pour devenir un lieu de vie incontournable. Ces investissements contribueront au développement de notre commune pour que cette dernière puisse tendre vers une attractivité à l'année et devenir un acteur majeur du dynamisme du golfe de Saint-Tropez.

Quel est le niveau des recettes dans le budget ? PL.

Pour mémoire, les deux premières sources de recettes de la commune sont les impôts locaux et les financements de l'Etat. D'une part, la taxe d'habitation sera totalement supprimée, à partir de 2023, pour les résidences principales. Et d'autre part, la taxe foncière, payée par les propriétaires des biens immobiliers.

Ces impôts sont calculés en fonction de la valeur estimée du loyer des habitations et d'un taux défini par la commune, encadrés par l'Etat à ces recettes fiscales s'ajoute un financement de l'Etat.

Autrefois, c'était l'Etat qui gérait les crèches ou la construction des écoles primaires et maternelles, par exemple. Depuis la reprise de cette compétence par les communes, l'Etat verse des dotations pour compenser les dépenses effectuées. Il existe aussi d'autres recettes comme, par exemple, les services facturés aux administrés pour les prestations rendues (inscription à la cantine, la garde des enfants ou le stationnement payant), les redevances des délégations de services publics, droits de mutation, de même que les redevances versées par les occupants du domaine public, notamment les droits de terrasses.

Et, en ce qui concerne les dépenses ? PL.

Côté dépenses, il en existe 2 types : les dépenses de fonctionnement et les dépenses d'investissement. En fonctionnement, les dépenses sont dédiées aux charges d'entretien courant (bâtiments, voiries, éclairages, ...) , à la crèche et aux accueils de loisirs, à l'action sociale, aux subventions aux associations.

Les dépenses en investissement concernent celles dédiées à l'amélioration des réseaux, à la modernisation de l'éclairage public et des voiries ou encore à la réalisation de nouveaux équipements.

Afin de pouvoir dégager un autofinancement raisonnable de nos investissements 2021, une évolution du taux de la taxe foncière bâtie de 15%, a été votée lors du Conseil municipal du 8 avril. Il s'agit d'une décision politique difficile mais parfaitement assumée compte tenu du contexte actuel. La taxe foncière est calculée sur la base de la valeur locative cadastrale.

La moyenne de cette valeur est à Cavalaire de 2 216€. Ainsi, l'augmentation moyenne de la taxe foncière correspond à 104€/an soit 9€/mois.

Ce n'est qu'en 2014 qu'une augmentation de la Taxe Foncière Bâtie (TFB) temporaire a été décidée, afin de sortir du réseau d'alerte dans lequel la Municipalité précédente s'était enlisée. Une fois l'équilibre budgétaire rétabli, la Ville a souhaité que le montant de la TFB revienne à son niveau initial. Un souhait exaucé à 0,30 % près.