Dominique Lain (SDIS) : « Il n'est pas arrivé le moment de répondre aux critiques » Dominique…
En une semaine, plus de 7 000 hectares ont brûlé dans le massif et l’arrière- pays de Saint-Tropez, où 2 personnes sont mortes et 10 000 ont été évacuées.

Que sait-on du départ de l'incendie ?
Ce que l'on sait, c'est que le feu est parti de l'aire de repos des Sigues, située à Gonfaron. La piste humaine est privilégiée. Les gendarmes ont lancé un appel à témoins pour connaître les circonstances exactes de cet incendie qui a ravagé notre territoire en quelques jours. Quand on voit les conséquences criminelles d'un tel feu, on ne peut qu'inciter la population et les touristes à la plus grande vigilance et à cesser tous ces gestes d'incivisme préjudiciables pour nos massifs forestiers.

Des voix s'élèvent pour critiquer les premières interventions, jugées insuffisantes ?
Compte tenu des conditions météorologiques, l'ensemble des moyens, mis à notre disposition, a été engagé. Le feu a démarré, peu après 17h. Il se trouve que ce lundi 16 août, jour de départ de feu, nous avions pré-positionné des sapeurs-pompiers d'autres départements sur la base ALAT du Cannet-des-Maures. La caméra du SDIS a très rapidement identifié le départ de feu ce qui nous a permis d'envoyer immédiatement les premiers camions. En moins d'1 heure, plus de 500 hommes étaient mobilisés. Dès le début de la nuit, les effectifs ont été portés à 800.


Au plus fort du sinistre, ce sont 1 200 hommes qui ont agi avec courage, constance et ténacité. Dans le même temps, les renforts aéroportés comptaient 11 Canadairs, 2 DASH, 4 Hélicoptères Bombardiers d'Eau (HBE) et 1 gros hélicoptère. Des renforts de plus de 13 départements ont épaulé nos sapeurs-pompiers avec un poste de commandement, mis en place sur le circuit du Var. Il n'est pas arrivé le moment de répondre aux critiques. À l'heure actuelle, je suis toujours dans l'action et non dans la réaction.
Les experts parlent d'un feu hors-normes ?
En quelques heures, le feu a parcouru près de 22 km. Mardi soir (17 août), nous avons eu jusqu'à 100 km de lisière à protéger. Le feu a fait des sauts de près de 800 m ! De surcroît, nous avons eu des circonstances avec un fort vent en rafale de 80 km/h, qui a changé de direction à plusieurs reprises ! Les sapeurs-pompiers, les CCFF, les sapeurs-forestiers du Département ont travaillé dans des conditions dantesques et je tiens à saluer leur travail remarquable.

Pensez-vous revoir vos procédures d'intervention ?

Compte tenu des conditions météorologiques hors normes, de l'importance des moyens engagés (terrestres et aériens) et de la rapidité de propagation de ce feu, la gestion de cet incendie a été exemplaire pour les services d'incendie et de secours, sous la responsabilité du préfet du Var et du colonel Eric Grohin. Il n'est pas arrivé le moment de répondre aux critiques. À l'heure actuelle, je suis toujours dans l'action et non dans la réaction. Comme à chaque sinistre important, il est effectué un retour d'expérience. Il appartiendra à l'issue de ces éléments, d'apporter des axes ou des pistes d'amélioration possibles. •
