26/07/2026

François de Canson répond aux questions de La Gazette du Var.

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 23 septembre 2021 Lecture : 4 min
François de Canson répond aux questions de La Gazette du Var.
François de Canson répond aux questions de La Gazette du Var.© La Gazette du Var
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Que peuvent attendre les acteurs du territoire en termes de solidarité interdépartementale ?

François de Canson répond aux questions de La Gazette du Var.

Après la catastrophe survenue dans le Var qui a détruit plus de 7 000 hectares de notre territoire, la guerre du feu est plus que jamais l'une des priorités de la Région. À ce jour, ce sont 4 millions d'€ du budget régional qui y sont consacrés chaque année. La Région a déployé de nombreux dispositifs afin de préserver nos forêts et lutter contre les incendies dont le Fonds RESPIR qui réunit propriétaires forestiers et financeurs privés.

Ce combat vous tient particulièrement à cœur ?

Mon engagement dans le combat des risques naturels n’est pas le fruit du hasard ! Je suis un enfant de ces Maures, bercé dans cette région magnifique, rare et précieuse, que tout le monde nous envie, que tout le monde visite, mais qui est si fragile. Sur les 20 dernières années, 80 % des communes de la région ont fait l’objet d’un arrêté de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. Toutes les communes de la région sont exposées à au moins l’un des cinq risques naturels majeurs. De Montgenèvre à Menton, nulle exception. C’est le sens de mon engagement, c’est le sens de l’engagement de Renaud Muselier, de dépasser les inerties, quelle qu’en soit l’origine, les dogmes, les contre-sens, y mettre la sueur, l’énergie, la hargne nécessaires, mais passer la barre pour un nouveau paradigme dans la gestion des risques. Et le faire ensemble.

Dans ce combat, que vous apporte le Groupe CMA-CGM ?

Le Groupe CMA-CGM, leader mondial du transport maritime et de la logistique, a annoncé un don d’1 million d’€, affecté, via le fonds « RESPIR », à la restauration des espaces naturels des zones sinistrées de la plaine des Maures. Ce don va financer un plan global de restauration de l’environnement et de la biodiversité en la régénération des végétaux existants avant l’incendie, des « ilots d’avenir » seront créés avec la replantation d’essences adaptées aux changements climatiques. Avec la réalisation de travaux d’urgence dès l’automne 2021, car nous avons tous la menace des épisodes cévenols à l’esprit, consistant à sécuriser les abords des voies de communications, sentiers de randonnée et prévenir les phénomènes érosifs, liés aux possibles pluies méditerranéennes d’automne, grâce à l’installation de fascines de bois, confectionnées à partir des arbres brûlés. Pour les études et travaux de première urgence, il a été décidé de déroger aux règles usuelles, et ce sont 100 % des dépenses engagées qui seront prises en charge sans aucun reste à charge pour les communes, syndicats mixtes ou propriétaire forestier.

La Région va donc apporter un soutien aux communes ?

En effet. Dans le cadre de sa politique de solidarité avec les communes victimes de catastrophes naturelles, la Région apporte un soutien aux communes qui ont engagé

Selon vous, il faut une vraie concertation ?

Je le disais en introduction, sur la gestion des risques, d’autant plus en zone méditerranéenne, une réflexion pragmatique, concertée et inclusive doit être menée. On a tendance à négliger la concertation. Aujourd’hui, elle doit être mise en place rapidement. L’avenir ne peut s’écrire sur des pages de rancunes comme je le lis trop souvent ces derniers jours, on doit sortir de l’ornière, écouter et se souvenir. À nous tous de rester lucides et constructifs, loin des querelles qui appellent par facilité à faire se lever les uns contre les autres. Nos forêts sont le théâtre de multiples usages, promeneurs, habitants, visiteurs, touristes, chasseurs, professionnels du liège ou des châtaignes, c’est un fait. Nous ne pouvons tolérer des situations bloquantes au risque d’exposer notre territoire. Il faut faire appliquer les obligations de débroussaillement, trouver des pistes de protection des espaces via des coupes feux ou des solutions d’irrigation et oser poser clairement la question de la prévalence systématique de la à grands coups de bull pour ouvrir des voies sur ces mêmes sites sensibles.

À votre avis, quelles sont les mesures urgentes à prendre ?

Il convient dès à présent de développer l’éco-pastoralisme, les cultures coupe-feu, les réserves d’eau collinaires, l’implantation du Canal de Provence, la culture DFCI, la levée d’embâcles. Comme j’ai eu l’occasion de le dire au président de la République, au ministre de l’Intérieur et au Commissaire européen en charge de l’Environnement, nous devons être suivis par l’administration centrale, aidés, épaulés. Emmanuel Macron m’a confirmé sa volonté de nous assister dans la lutte contre les sylviculteurs, agriculteurs, risques naturels en permettant des facilités administratives. Comme je l’ai toujours fait, je resterai en première ligne sur ce dossier, car on ne peut plus se contenter de beaux mantras répétés en boucle, nous passerons cette traction nécessaire.

Photo Région Sud.